ROUAULT GEORGES (1871-1958)

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La thématique de Rouault

Bien qu'elle paraisse très homogène et que la plupart des sujets y soient récurrents, la thématique de Rouault s'est constituée et enrichie par paliers au gré de l'évolution intérieure de l'artiste. Si l'inspiration religieuse y prédomine, on évitera toutefois d'appliquer à une telle forme d'art l'épithète de « sacré », en gardant à l'esprit que Rouault ne travailla pour l'Église que tardivement et de manière limitée (en 1945, à la demande du chanoine Devémy et du R.P. Couturier, il exécuta cinq cartons de vitraux pour l'église du plateau d'Assy, et, à partir de 1949, fournit des maquettes d'émaux à l'abbaye de Ligugé), et que la notion même d'« art sacré » lui semblait recouvrir un faux problème (à propos des imagiers anonymes du Moyen Âge, ne déclarait-il pas : « Non nobis Domine sed Nomine Tuo da gloriam [...]. On ne parlait pas d'art sacré, on en faisait », dans Sur l'art sacré. Réponse à une enquête, 1952).

Comme peintre, Rouault acquiert une première indépendance vers 1900-1902, à l'époque précisément où il redécouvre le Christ : les quelque quinze années suivantes peuvent être définies comme une période de révolte, durant laquelle, à travers des thèmes tels que les Filles, les Fugitifs, les Clowns, les Bourgeois et autres Têtes à massacre, il exprime son indignation douloureuse face à la déchéance humaine, et la colère que lui inspirent l'hypocrisie, l'injustice et la bassesse d'existences que n'éclaire aucune vie spirituelle. Ce répertoire « réaliste » doit naturellement beaucoup aux artistes de la seconde moitié du xixe siècle – Daumier, Degas et Lautrec, en particulier –, mais l'esprit dans lequel Rouault l'aborde est tout différent : l'omniprésence du sentiment du péché renvoie plutôt à la pensée de Léon Bloy, encore que ce dernier, après s'être vanté d'avoir « annexé » le jeune artiste, n'ait finalement vu dans les œuvres de Rouault – notamment Mr et Mme Poulot (1905), une composition inspirée de son roman La Femme pauvre (« deux bourgeois, mâle et femelle, complets ») – qu'« atroces et vengeresses caricatures », « des esquisses [...]


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Robert FOHR, « ROUAULT GEORGES - (1871-1958) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-rouault/