PINGUSSON GEORGES-HENRI (1894-1978)

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Architecte et urbaniste français. Major en 1920 du concours d'admission de l'école des Beaux-Arts de Paris, il entre dans l'atelier de G. Umbdenstock. Celui-ci, en butte à l'architecture « panbétoniste », influence probablement les débuts régionalistes de son élève : de 1927 à 1928 Pingusson et son associé Paul Furiet réalisent le Golf-Club de Chiberta, le théâtre-cinéma du Colisée à Nîmes, le casino du Grau-du-Roi, puis sur la côte d'Azur les villas Bourboulon à Hyères, Brocherioux et Vincens à Sainte-Maxime, Outhorn à Boulouris. Dès 1929, Pingusson s'essaie aux volumes simples et dépouillés avec les villas Gillet et Gompel à Cannes et celle du docteur Caron à Urrugne. Ils bâtissent, avec François Lafaye, la villa Barret-Decap, dite Bagheera (Anglet, 1930), empreinte d'une géométrie plus rigoureuse. L'enveloppe de la centrale thermique Arrighi à Vitry, commencée avec Paul Furiet et livrée après son décès en 1931, confirme le choix d'une écriture résolument moderne. Sur la scène parisienne, Pingusson construit en 1930 les Menus-Plaisirs, cabaret de chansonniers. Ingénieur de l'École spéciale de mécanique et d'électricité (1913), il y dispose une signalétique aux néons, qui emprunte aux peintres post-cubistes les fragmentations géométriques, à Dada son impertinence amusée (et annonce la Maison de la publicité de O. Nitzschké). Fort de ces succès, il expose une chambre au Salon des artistes décorateurs en 1930, un stand à l'Exposition coloniale de Paris en 1931, et élabore son œuvre majeure : le Latitude 43 à Saint-Tropez. Achevé en 1932, cet hôtel reflète l'humanisme de Pingusson, séduit par l'idéal communautaire fouriériste mais aussi soucieux de préserver les libertés individuelles. Il invente ici une coupe qui décale la coursive par rapport aux logements qu'elle distribue, donnant ainsi des appartements à double orientation. Cette « machine à traiter l'humain » prolonge les réflexions sur le logement social (le Norkomfin de Guinzbourg), cautionne les cinq points de Le Corbusier (pilotis, toit-terrasse, fenêtre en bandeau, plan libre, façade libre), illustre « l'architecture de l'enduit blanc » (R. Banham) et préfigure la Cité radieuse (cheminée sculpturale, façade épaisse, organisation sociale du plan). L'expérience, qui se poursuit avec les immeubles Faure (Vichy) et Ternisien (Boulogne-Billancourt) en 1936, accompagne l'engagement de Pingusson au sein de l'Union des artistes modernes, de 1933 à 1956. Ce mouvement prône notamment la synthèse des arts, réalisée au Latitude 43, où Pingusson dessine tout, des tapis aux affiches publicitaires. Auteur du Manifeste de 1949, il y côtoie l'avant-garde et trouve en Mallet-Stevens un associé. Tous deux concourent pour les musées d'Art moderne (1935), imaginent un singulier stade olympique à Paris (avec H. Gréber et B. Rotival, 1936) et décrochent le 5e prix pour l'aéroport du Bourget. En 1937, dans le cadre de l'Exposition internationale, Mallet-Stevens réalise le pavillon de l'Électricité et de la Lumière, dont Pingusson aménage la scénographie lumineuse et le mât qui signale les entrées. En association avec F.-P. Jourdain et A. Louis, Pingusson signe le pavillon de l'U.A.M., manifeste esthétique du style « paquebot » ou « clinique » : rampes, courbes à grands rayons, volumes à équilibre dissymétrique, terrasses, passerelles, ossatures apparentes associées à des éléments standardisés. Sur ce dernier thème, Pingusson crée en 1944 la société Architecture et Préfabrication, signe avec Lods un prototype de maisons préfabriquées, puis une maison économique en béton armé (Exposition d'urbanisme et d'habitation, 1947). Il étudie également des cellules-logements en 1960 (procédé d'industrialisation Camus) et une école élémentaire (Marne-la-Vallée, 1975). En parallèle, Pingusson entame une réflexion urbaine et hygiéniste sur les règlements de voiries, le métropolitain et les gares parisiennes. Il dessine en 1945 un projet d'immeuble qu'il qualifie d'« architecture éolienne » dessinée en fonction des vents soufflant sur Pointe-Noire (Congo). L'après-guerre (1946-1961) le consacre architecte en chef de la reconstruction en Moselle et en Sarre occupée, pour le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme (dont les archives ont été peu dépouillées). Il compose les plans masses d [...]

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Benoît CHALANDARD, « PINGUSSON GEORGES-HENRI - (1894-1978) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-henri-pingusson/