BUSH GEORGE HERBERT WALKER (1924-2018)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Quarante et unième président des États-Unis. George Bush représente un croisement complexe du patriciat de l'Est, dont il est un des produits les plus achevés, et du monde des entrepreneurs du Sud-Ouest où il est allé chercher une sorte de seconde légitimité.

George Herbert Walker Bush est né le 12 juin 1924 à Milton (Massachusetts) dans une famille d'athlètes férus de compétition. Son père, Walter Prescott Bush, un banquier d'affaires de Wall Street, fut sénateur républicain du Connecticut de 1952 à 1963. Pourtant le futur président n'est pas simplement le rejeton d'une famille riche ou le produit de l'enseignement élitiste mais exigeant de l'Est (la Phillips Academy d'Andover). Son aura personnelle (sinon intellectuelle) durant ses études, ses prouesses athlétiques, ses exploits de plus jeune aviateur américain pendant la Seconde Guerre mondiale (cinquante-huit missions de combat durant l'une desquelles son appareil est abattu) suggèrent d'indéniables qualités que sa carrière ultérieure tend à confirmer.

En 1945, George Bush épouse Barbara Pierce (1925-2018), la fille d'un éditeur de magazines ; le couple aura six enfants ; l’aîné, George Walker Bush, sera le quarante-troisième président des États-Unis (2001-2009). Après avoir obtenu en 1948 une licence d'économie à Yale, il part pour la « frontière » orientale du Texas où il attrape la fièvre du pétrole. En 1958, il devient président de la Zapata Off-Shore Company, qui s'assurera une forte réputation dans le développement du forage et de la production de pétrole en mer.

Ayant acquis une certaine aisance financière, il décide, en 1964, de se consacrer à la chose publique. Dès 1966, il est élu représentant du Texas et réélu deux ans après. Tiraillé, comme il le sera tout au long de sa carrière, entre ses instincts centristes et les penchants ultra-conservateurs d'une partie de son électorat, il éprouve déjà des difficultés à définir une ligne politique, ce qui lui vaut sans doute d'être battu quand il brigue le Sénat en 1970.

Richard Nixon, qui l'appellera à la tête du parti républicain (début 1973-été 1974) à l'approche de la tourmente du Watergate, lui ouvre alors une nouvelle carrière : la politique étrangère. Bush est successivement représentant des États-Unis auprès de l'ONU (fin 1970-début 1973), chef du bureau de liaison des États-Unis en Chine (septembre 1974-décembre 1975) et directeur de la CIA (janvier 1976-janvier 1977).

En 1980, il s'affirme comme le rival le plus dangereux pour Ronald Reagan dans la course à l’investiture. Avant la convention, son ami (et futur ministre des Affaires étrangères), James Baker, le convainc de se rallier à l'ancien gouverneur de Californie, qui le choisit alors comme vice-président. À ce poste, il sait se montrer loyal, mais aussi discret, et parachève sa connaissance des problèmes de sécurité. Reconduit avec Reagan en 1984, il est élu président quatre ans plus tard, avec 54 p. 100 des suffrages, face au démocrate Michael Dukakis, à la suite d’une campagne dont la férocité lui a souvent été reprochée. Il est à ce prix le premier vice-président en exercice à l'emporter, depuis Martin Van Buren en 1836.

Son bilan à la Maison-Blanche (janvier 1989-janvier 1993) reste mitigé. En janvier 1991, cette ambivalence lui vaut d'être le premier à être nommé par l'hebdomadaire Time « Homme de l'année » à la fois pour l'ampleur de ses échecs (en politique intérieure) et de ses succès (à l'étranger).

Rompu aux arcanes de la scène internationale, élitiste et secret, Bush excelle à nouer des contacts avec les dirigeants étrangers. D'abord hésitant face aux intentions de l'autre camp, il a su très vite gérer la fin de la guerre froide avec habileté, ne jamais permettre aux nationalistes russes d'exploiter les concessions de Mikhaïl Gorbatchev contre ce dernier, conclure avec lui les traités START-I (juillet 1991) et START-II (janvier 1993) mais aussi s'assurer le maintien dans l'OTAN de l'Allemagne réunifiée. Longtemps porté à une compréhension exagérée envers un Saddam Hussein perçu comme le meilleur rempart face à l'islamisme iranien, il réussit à mettre sur pied puis à maintenir une coalition internationale des plus hétérogènes pour [...]

George H. W. Bush, 1990

Photographie : George H. W. Bush, 1990

Le 22 novembre 1990, jour de Thanksgiving, le président des États-Unis George H. W. Bush se rend en Arabie Saoudite pour soutenir les troupes américaines de l'opération Bouclier du désert, mise en place après l'invasion du Koweït par l'Irak trois mois plus tôt. 

Crédits : David Valdez/ Collection GB-WHPO/ U.S. National Archives and Records Administration ; CC0

Afficher

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Médias de l’article

George H. W. Bush, 1990

George H. W. Bush, 1990
Crédits : David Valdez/ Collection GB-WHPO/ U.S. National Archives and Records Administration ; CC0

photographie

Guerre du Golfe

Guerre du Golfe
Crédits : MPI/ Archive Photos/ Getty Images

photographie

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  BUSH GEORGE HERBERT WALKER (1924-2018)  » est également traité dans :

BUSH GEORGE WALKER (1946- )

  • Écrit par 
  • Annick FOUCRIER
  •  • 1 621 mots

Quarante-troisième président des États-Unis (2001-2009), George Walker Bush est l'aîné des six enfants du président George Herbert Walker Bush et le petit-fils du sénateur du Connecticut et banquier Prescott Bush. Il est né le 6 juillet 1946 à New Haven (Connecticut) alors que son père, après avoir combattu comme pilote pendant la Seconde Guerre mondiale, avait repris ses études à Yale. Il est él […] Lire la suite

EST-OUEST RELATIONS

  • Écrit par 
  • Jacques HUNTZINGER, 
  • Philippe MOREAU DEFARGES
  • , Universalis
  •  • 12 329 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « 1984-1987 : entre le dialogue américano-soviétique et des mutations loin d'être achevées »  : […] Au lendemain de la crise des euromissiles, les rapports Est-Ouest et plus précisément le dialogue américano-soviétique s'imposent à nouveau comme l'élément constant d'un monde dont l'axe de gravité se déplace vers l'Asie-Pacifique. Le moment des confrontations spectaculaires – temporairement – passé, les changements majeurs en cours resurgissent avec netteté. Le cœur du système Est-Ouest est lui-m […] Lire la suite

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Le territoire et les hommes) - Histoire

  • Écrit par 
  • Claude FOHLEN, 
  • Annick FOUCRIER, 
  • Marie-France TOINET
  •  • 33 202 mots
  •  • 58 médias

Dans le chapitre « Les enjeux de la politique intérieure »  : […] Le fonctionnement politique des États-Unis est paralysé par une lutte sans merci entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, entre le gouvernement fédéral et les États fédérés, tandis que les véritables questions – aggravation des inégalités sociales, augmentation de la pauvreté malgré un taux de chômage très faible (le phénomène des « travailleurs pauvres »), absence de couverture sociale […] Lire la suite

IRAK

  • Écrit par 
  • Loulouwa AL RACHID, 
  • Brigitte DUMORTIER, 
  • Philippe RONDOT, 
  • Pierre ROSSI
  •  • 29 317 mots
  •  • 27 médias

Dans le chapitre « Bouclier et Tempête du désert »  : […] En fait, l'objectif de Saddam Hussein est moins Israël que l'instauration de l'hégémonie irakienne : la restauration de la grandeur abbasside est devenue le leitmotiv de ses discours officiels sur le Golfe et dans le monde arabe. Une première cible est désignée : le Koweït. À l'occasion de la célébration, les 17 et 18 juillet 1990, du vingt-deuxième anniversaire de l'arrivée du Baas au pouvoir, i […] Lire la suite

PANAMÁ

  • Écrit par 
  • David GARIBAY, 
  • Lucile MÉDINA-NICOLAS, 
  • Alain VIEILLARD-BARON
  •  • 9 891 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Le Panamá sous l'influence de Manuel Noriega »  : […] Jusqu'en 1989, la vie politique du Panamá est marquée par l'influence des militaires, et tout particulièrement de Manuel Noriega, véritable homme fort du pays, qui n'hésite pas à intervenir directement pour faire ou défaire les gouvernements, en plaçant des hommes à sa solde, remplacés dès qu'ils manifestent une velléité d'autonomie. En août 1982, le président Royo est contraint à la démission, i […] Lire la suite

PORTO RICO

  • Écrit par 
  • Françoise BARTHELEMY, 
  • Bernard CASSEN, 
  • Claude FOHLEN, 
  • T. G. MATHEWS, 
  • José Luis MENDEZ, 
  • KAL WAGENHEIM, 
  • O. J. WAGENHEIM
  • , Universalis
  •  • 6 018 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La fin des querelles internes : un vrai défi »  : […] Le 9 février 1989, peu de jours après être entré à la Maison-Blanche, le président George Bush se déclara personnellement favorable à ce que Porto Rico devînt le cinquante et unième État de l'Union. Il proposa d'organiser un référendum afin que les 3,5 millions d'habitants puissent « déterminer leur propre futur ». Le gouvernement alors en place riposta en réaffirmant les racines culturelles hispa […] Lire la suite

Pour citer l’article

Pierre MELANDRI, « BUSH GEORGE HERBERT WALKER - (1924-2018) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/george-herbert-walker-bush/