HARRISON GEORGE (1943-2001)

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George Harrison meurt à Los Angeles d'un cancer du cerveau, à cinquante-huit ans, le 29 novembre 2001, vingt et un ans après l'assassinat à New York de John Lennon. Pris isolément, Harrison ne fut jamais une vedette de premier plan, mais sans lui l'histoire et le sound des Beatles auraient été profondément différents. Son tempérament en a fait le moins agité et le moins mégalomaniaque des fab four ; sa gentillesse, sa gaucherie et son sens de la mesure l'ont transformé un peu vite en une gentille et souriante mascotte. La réalité fut cependant bien différente. Puisqu'il est impossible de ne pas le comparer à ses aînés (McCartney a un an de plus que lui et Lennon trois), force est de reconnaître que sa voix est davantage celle d'un choriste que d'un soliste, et que ses talents d'auteur-compositeur restent modestes en dépit de quelques belles réussites. Mais il fut un mélodiste et un guitariste exceptionnel, et on peut le placer auprès d'Eric Clapton, de Bob Dylan ou de Keith Richards dans le peloton de tête de ceux qui ont donné à la pop music sa tonalité propre.

Né le 25 février 1943 à Liverpool, dans un milieu modeste, il n'est pas bon élève et seule la musique l'intéresse : amoureux de musique country et de rockabilly, il fonde à treize ans son premier groupe musical, The Rebels, alors que le rock 'n' roll n'en est encore qu'à ses débuts. La rencontre fortuite de Paul McCartney le conduit au début de 1958 à John Lennon, qui dirige alors The Quarry Men. L'admiration qu'il porte à John ne se démentira jamais, en dépit de conflits parfois violents. L'aventure des Beatles est née. George, opiniâtre et travailleur, devra se préserver des ravages opérés par l'ego et le génie des deux leaders, qui le méprisent quelque peu. C'est assez tard qu'il contribue vraiment à l'identité du groupe, au moment où il manifeste une forte attirance pour l'Inde, la mystique orientale et le sitar, et qu'il signe un morceau comme If I Needed Someone (1965). Ami de Ravi Shankar, avec qui il enregistrera un disque (Shankar Family and Friends) et fera une tournée, il devient le disciple de Maharishi Yogi et entraîne les Beatles pour un court moment vers la sagesse orientale. L'esthétique du groupe en gardera pourtant la trace indélébile, dans les vêtements, les pochettes de disques, les photos. C'est de cette époque que datent les magnifiques mélodies de While My Guitar Gently Weeps (1968), Here Comes The Sun ou Something (1969). Ému par l'effroyable famine au Bangladesh, il organise pour deux soirs au Madison Square Garden de New York, le 31 juillet 1971, un gigantesque concert humanitaire dans lequel chante, entre autres vedettes, Bob Dylan. Le concert est filmé et enregistré, mais de sordides affaires de fisc empêcheront les fonds recueillis de rejoindre les caisses de l'U.N.I.C.E.F. avant 1981. Lorsque l'aventure des Beatles fut terminée, Harrison publia en 1970 un excellent triple album, All Things Must Pass, que produit Phil Spector et dans lequel on trouve My Sweet Lord, un tube des années 1970 où se mélangent, de façon un peu molle, pop et religiosité. Mais cette faculté de voler de ses propres ailes sera mise en doute lorsqu'un groupe vocal, The Chiffons, aura pu faire la preuve que Harrison l'a en fait plagié. L'ex-Beatle multiplie ensuite les disques insignifiants : deux albums expérimentaux, Wonderwall Music et Electronic Sound, une bonne dizaine d'autres sous son label Dark Horse Records témoignent d'un désintérêt progressif pour la musique, au profit d'autres activités, comme la production de films (ceux des Monty Python par exemple) ou des courses automobiles. En 1974, sa femme Patti Boyd, un mannequin en vue, le quitte pour Eric Clapton, qui avait secrètement écrit pour elle Layla. En 1979, la publication de ses Mémoires, I Me Mine, laisse tout le monde indifférent. Le single Got My Mind Set On You est un succès en 1987, et les déclarations qu'il livre à Anthology (l'autobiographie des Beatles) ne sont pas dépourvues d'intérêt. En revanche, la formation d'un groupe de vieilles gloires dans lequel on retrouve Dylan, tout comme la participation à cette entreprise indigne où les trois Beatles [...]

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Pour citer l’article

Michel P. SCHMITT, « HARRISON GEORGE - (1943-2001) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/george-harrison/