SHAW GEORGE BERNARD (1856-1950)

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La personnalité de Shaw, son extraordinaire vitalité, ses écrits politiques, sociaux et philosophiques, surtout son éblouissant théâtre d'idées dominent la scène littéraire anglaise de la fin du xixe et du début du xxe siècle. Tour à tour romancier, critique littéraire, musical, dramatique, vulgarisateur des idées socialistes, brillant causeur, pamphlétaire paradoxal, réformateur impénitent et surtout auteur dramatique de tout premier plan, il s'imposera à la société anglaise de son temps, à la fois divertie par son humour et son génie comique et irritée par ses prises de position politiques, son didactisme de prophète ou ses extravagances. Le masque parfois excentrique ou sarcastique de G. B. S. (ses initiales sont célèbres de bonne heure dans sa carrière) cache un homme généreux, secret, d'une grande intelligence, dont la vie est une lutte pour la vérité et contre les conventions, pour la justice sociale et contre tous les abus. L'auteur dramatique compte parmi les plus illustres du théâtre anglais.

Le réformateur social et le critique

George Bernard Shaw naît à Dublin, d'une bonne famille d'origine anglo-écossaise et protestante. Élevé entre un père éthylique aux moyens financiers réduits et une mère, musicienne remarquable et professeur de chant, il tire peu de profit des différentes écoles qu'il fréquente, mais il acquiert par lui-même, un peu au hasard, une culture littéraire et musicale étendue. Après avoir travaillé quelque temps à Dublin, puis à Londres, où il est allé retrouver sa mère désormais séparée de son mari, il végète pendant plusieurs années au cours desquelles il complète sa formation par d'innombrables lectures.

Pendant cette période, il écrit cinq romans qui ne sont pas dénués d'intérêt, mais que tous les éditeurs refusent : parmi lesquels L'Amour chez les artistes (Love Among the Artists, 1881), La Profession de Cashel Byron (Cashel Byron's Profession, 1882) et Un socialiste peu sociable (An Unsocial Socialist, 1883). Ils contiennent déjà l'ébauche de certains thèmes que Shaw reprendra dans son théâtre. Entre-temps, une conférence de l'économiste H. George en 1882 et la lecture de Marx l'ont converti au socialisme qui lui apparaît comme la seule solution possible aux problèmes sociaux. La satire sociale et la lutte pour l'amélioration de la société occuperont une grande partie de sa vie. Pendant une quinzaine d'années (1883-1898), il déploie une intense activité dans deux directions : celle du socialisme et celle de la critique d'art.

Devenu membre de la Société fabienne, groupe d'intellectuels (Sidney Webb et H. G. Wells entre autres) qui souhaitaient imposer le socialisme par une lente et prudente pénétration dans tous les organes de direction de la société, il multiplie conférences, débats, articles et essais : Essais fabiens (Fabian Essays, 1889). Son intérêt pour les questions sociales, économiques et politiques ne fléchira pas puisqu'il publiera, en 1928, le Guide de la femme intelligente en présence du socialisme et du capitalisme (The Intelligent Woman's Guide to Capitalism and Socialism) et, en 1944, Le Manuel politique pour tous (Everybody's Political What's What).

Parallèlement, Shaw devient critique d'art au journal The World, critique musical pour The Star et The World et enfin critique dramatique à la Saturday Review. Ses articles seront réunis dans plusieurs recueils. Il écrit à la même époque La Quintessence de l'ibsénisme (The Quintessence of Ibsenism, 1891) sur le grand dramaturge norvégien et Le Parfait Wagnérien (The Perfect Wagnerite, 1898), prenant aussi la défense des artistes qui renouvellent à cette époque le théâtre et la musique.

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  • : maître assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Montpellier

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Pour citer l’article

Jean-Claude AMALRIC, « SHAW GEORGE BERNARD - (1856-1950) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/george-bernard-shaw/