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HAMILTON GAVIN (1730-1797)

Peintre écossais dont la carrière presque entière se déroula à Rome. Hamilton ne contribua guère aux destinées de la peinture britannique et fut d'ailleurs mal connu de son vivant en Grande-Bretagne. En revanche, il occupe une place importante dans le mouvement néo-classique international de Rome. Outre ses tableaux, les fouilles qu'il dirigea, son activité dans le commerce d'art — de nombreuses sculptures antiques et des tableaux comme La Vierge aux rochers de Vinci (National Gallery, Londres) passèrent entre ses mains, non sans quelque éclectisme —, ses relations avec des artistes tels qu'Antonio Canova et Robert Adam lui valurent une réputation d'arbitre du goût néo-classique.

Hamilton quitta Glasgow pour aller étudier la peinture à Rome à partir de 1748. En 1752, il se rend en Angleterre où il peint des portraits, mais pour retourner ensuite à Rome où il s'installe définitivement. Il poursuit sa carrière de portraitiste, sans grande originalité, s'appropriant les formules du portrait à motifs classiques mises au point par Pompeo Batoni et par Angelika Kauffmann (William Hamilton of Bangour, Scottish National Portrait Gallery, Édimbourg ; Le Huitième Duc de Hamilton avec le Dr John Moore et l'enseigne Moore à Rome, coll. duc de Hamilton, Holyroodhouse). Il cède surtout de plus en plus à son penchant pour la peinture d'histoire. Dans le style caractéristique du classicisme de Mengs, il peint des sujets héroïques tirés de l'histoire grecque ou romaine, où les personnages sont représentés grandeur nature, comme plus tard chez David, mais à la différence des tableaux de Benjamin West, par exemple, dont les figures sont à l'échelle de peintures de chevalet. De cette production, qui fut largement diffusée par des gravures de Cunego, se détachent deux séries de compositions à sujets homériques, à la villa Borghese (1761-1765 et 1782-1784), ainsi qu'un Serment de Brutus (1763-1764, Royal Theater, Drury Lane, Londres) dont l'influence fut grande sur la peinture néo-classique, notamment sur David. Hamilton peignit aussi, au début de sa carrière, quelques sujets non classiques (Marie Stuart renonçant à la couronne, commandé par James Boswell en 1765 ; l'Allegro et le Penseroso, d'après Milton, env. 1765) et son classicisme fut souvent impur. Il ne suivit pourtant pas les innovations introduites après 1770 par West et par Copley dans le domaine de la peinture d'histoire et, pour l'essentiel, resta fidèle à l'idéal de « grand style » théoriquement défini par les Discours de Reynolds.

Il ne faut pas confondre, comme il arrive parfois, Gavin Hamilton avec son contemporain irlandais Hugh Douglas Hamilton (1734-1806), qui fut surtout un portraitiste, et qui utilisa principalement le pastel (Canova dans son atelier, avant 1789, coll. Hugh Farmer).

— Pierre GEORGEL

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Pour citer cet article

Pierre GEORGEL. HAMILTON GAVIN (1730-1797) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • NÉO-CLASSICISME, arts

    • Écrit par et
    • 8 074 mots
    • 13 médias
    ...s'étaient vainement efforcés de produire Anton Raphael Mengs, qui avait théorisé sur la différence entre copie et imitation créatrice, et surtout l'Écossais Gavin Hamilton qui avait exécuté à Rome, dans les années 1760, de vastes, solennelles et raides peintures à sujets tirés d'Homère. La nouveauté de David...
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