FROTTIS GYNÉCOLOGIQUES

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Le principe de l'examen en laboratoire de frottis gynécologiques réside dans le fait que les lésions tumorales des voies génitales basses de la femme desquament et que leurs cellules anormales peuvent être recueillies lors d'un prélèvement et découvertes après étalement et fixation sur des lames, par examen microscopique.

Le frottis est réalisé très facilement, en dehors des règles (en l'absence de toilette vaginale dans les 48 heures qui précèdent), par prélèvement à la spatule en bois d'Ayre dans le cul-de-sac postérieur du vagin, en arrière du col utérin, cela réalisant le frottis vaginal ; par grattage avec l'autre extrémité de la spatule au pourtour de l'orifice externe du col utérin, on obtient un frottis exocervical ; par prélèvement à l'intérieur du canal endocervical au moyen d'un écouvillon, et, parfois, en présence de certains signes pathologiques (métrorragies) ou dans certaines conditions de suspicion, par prélèvement à l'intérieur du corps utérin, parfois après dilatation de l'orifice interne du col utérin, au moyen d'un petit dispositif en matière plastique stérile, ce qui se constitue une sorte de biopsie de l'endomètre.

Les prélèvements seront fixés immédiatement, soit par immersion dans un mélange à parties égales d'alcool à 900 et d'éther (liqueur d'Hoffmann), soit par fixation à l'aide d'une laque en spray, et seront envoyés au spécialiste de cytologie pour étude microscopique après colorations spéciales.

Les résultats sont, depuis Papanicolaou, exprimés en « classes » :

toutes les cellules sont normales ;

présence de cellules inflammatoires ;

présence de cellules dystrophiques : en général, examen à refaire après désinfection ;

présence de cellules cancéreuses ;

il n'y a que des cellules cancéreuses.

De réalisation facile, cette exploration peut être effectuée sur une grande échelle, à condition toutefois que les laboratoires soient en nombre suffisant. La fiabilité de la méthode est excellente pour le dépistage des cancers du col, mais hélas, beaucoup moins sûre (20 à 25 p. 100 d'échecs) pour les cancers du corps utérin.

Mais ce n'est qu'une méthode de dépistage ne pouvant en aucun cas décider à elle seule d'une thérapeutique qui ne pourra être définie qu'après colposcopie ou hystérographie (selon l'« étage » suspect) et examen histologique (biopsies).

—  Paul-François LEROLLE

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Pour citer l’article

Paul-François LEROLLE, « FROTTIS GYNÉCOLOGIQUES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/frottis-gynecologiques/