FRANÇOIS DE NEUFCHÂTEAU NICOLAS comte FRANÇOIS dit (1750-1828)

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Avocat puis homme de lettres, encouragé par Voltaire en ces termes : « Il faut bien que l'on me succède, et j'aime en vous mon héritier », François de Neufchâteau est, de 1782 à 1787, procureur général près du conseil supérieur de Cap-Français, à Saint-Domingue. De retour en France, il accueille avec enthousiasme la Révolution. En 1791, il est élu à l'Assemblée législative par le département des Vosges et réélu l'année suivante à la Convention, mais il renonce à son mandat pour se consacrer à la littérature. Il fait jouer en août 1793 sur la scène du théâtre de la Nation Paméla ou la Vertu récompensée. Le public crut y voir des allusions hostiles à la Terreur parce que l'héroïne était d'origine noble. L'auteur la transforma en roturière, mais il laissa subsister ce vers : « Ah ! les persécuteurs sont les seuls condamnables », ce qui lui valut d'être arrêté. Libéré lors de la réaction thermidorienne en juillet 1794, François de Neufchâteau devient ministre de l'Intérieur le 16 juillet 1797, puis il est élu quelques mois plus tard au Directoire. Éliminé par tirage au sort, il redevient ministre de l'Intérieur le 17 juin 1797. Son œuvre, pendant cette période, est considérable. Il est l'un des principaux inspirateurs de la politique économique du Directoire. « Le peuple, observe-t-il, ne se rattachera au régime que par la prospérité. » Il juge donc utile de ranimer le commerce et l'industrie. Bien avant le blocus, il s'efforce d'assurer l'hégémonie économique de la France sur le continent en fermant l'Europe aux produits anglais et en concluant des traités de commerce avantageux pour son pays avec les alliés de la République. Il lance un projet de description statistique de la France (circulaire du 27 fructidor an VI) et ouvre à Paris, en septembre 1798, la première exposition nationale des produits français (où se présentent le fabricant de crayons Conté, l'horloger Breguet, entre autres). Ainsi stimulée, l'industrie connaît un réel renouveau. François de Neufchâteau multiplie les écoles centrales et s'intéresse à l'enseignement primaire. Mais il se heurte à la mauvaise volonté des administrations locales, aux défaites militaires à la suite de la formation de la deuxième coalition et à une crise de conjoncture (déflation suivant une longue période d'inflation).

Le coup d'État de Brumaire en 1799 en fait un sénateur. Il le restera pendant tout l'Empire. Retiré sous la Restauration, mais compris dans la réorganisation de l'Académie française en 1816, il mène une vie studieuse jusqu'à sa mort. Cet homme du xviiie siècle, élève des physiocrates, économiste, moralisateur, homme de lettres et éducateur, annonce, par sa carrière et ses idées, qui le rapprochent d'un Pasquier ou d'un Montalivet, les notables de la monarchie de Juillet.

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  • : professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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  • Michel EUDE
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Dans le chapitre « Difficultés économiques et financières »  : […] Du point de vue économique, la France a très peu changé depuis 1789. Elle reste un pays essentiellement rural, dans lequel les travaux des champs n'ont pas été modifiés par les bouleversements politiques et sociaux. La « révolution agricole » amorcée vers le milieu du siècle sous l'influence des physiocrates se poursuit lentement. La jachère recule à peine, les prairies artificielles se heurtent à […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean TULARD, « FRANÇOIS DE NEUFCHÂTEAU NICOLAS comte FRANÇOIS dit (1750-1828) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-de-neufchateau/