PONGE FRANCIS (1899-1988)

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Un itinéraire exemplaire et original

Né à montpellier dans une famille protestante nîmoise, et ayant vécu son enfance à Avignon, Ponge dit avoir gardé de ses premières années une « double imprégnation », sensible et intellectuelle, au contact de la nature méditerranéenne et des monuments de la culture latine. Il a découvert très tôt dans la bibliothèque de son père le Littré, qui restera pour lui un instrument de travail privilégié. Après une scolarité secondaire classique au lycée Malherbe de Caen, il a entrepris à Paris des études supérieures, interrompues par un double échec à l'oral du concours de l'École normale supérieure et de la licence de philosophie. Il conçoit dès lors une certaine répulsion pour le langage des idées et de la communication, et s'adonne à partir de 1920 à une violente satire sociale et à une écriture virtuose et hermétique, notamment dans ses Douze Petits Écrits (1926). La mort de son père, en 1923, aggrave sa méfiance envers le langage, incapable d'exprimer les sentiments les plus intimes, et ouvre une crise affective et intellectuelle dont il ne sort qu'à partir de 1926 en se consacrant à l'évocation des choses les plus humbles, qui éloignent le vertige métaphysique. Ayant trouvé à la Nouvelle Revue française un lieu d'accueil, et en Paulhan, dès 1923, un véritable mentor, il parvient à leur imposer, non sans quelques difficultés, son style et ses convictions, tout en se montrant parfois critique à l'encontre d'un certain académisme de la revue. Ponge, qui s'est marié, vit de petits métiers, découvre les dures réalités de la société, et s'engage, syndicalement d'abord à la C.G.T., puis politiquement au Parti communiste (de 1937 à 1947). C'est cette prise de conscience politique qui le conduit à se rapprocher un moment des surréalistes « au service de la Révolution » (1929) ; il a toujours cependant gardé ses distances vis-à-vis de leur culte de l'irrationnel et de l'automatisme, exigeant quant à lui de l'écrivain la plus grande vigilance critique.

La parution du Parti pris des choses (1942) le fait connaître, et attire notamment l'attent [...]


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Écrit par :

  • : professeur de littérature française à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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LE PARTI PRIS DES CHOSES, Francis Ponge - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 635 mots

C'est par Le Parti pris des choses , recueil de trente-deux poèmes écrits entre 1924 et 1939 et publié en 1942, que Francis Ponge s'est fait connaître comme poète. Deux ans plus tard, en 1944, Sartre, donnera un article – « L'Homme et les choses », repris plus tard dans Situations I  » – dans lequel il salue la méthode à l'œuvre dans ce recueil, méthode […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-parti-pris-des-choses/#i_22224

POÉSIE

  • Écrit par 
  • Michel COLLOT, 
  • Dominique VIART
  •  • 9 390 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le souci du réel »  : […] Il faut toutefois nuancer ce primat du langage dans la production poétique moderne et contemporaine. Il ne concerne que quelques pays occidentaux, où il a été surtout revendiqué par les avant-gardes, qui ont efficacement contribué à l'invention de formes nouvelles, mais dont les tentatives les plus radicales sont souvent illisibles, de l'aveu même de leurs auteurs ou de leurs amateurs. Ce n'est pa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/poesie/#i_22224

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Pour citer l’article

Michel COLLOT, « PONGE FRANCIS - (1899-1988) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/francis-ponge/