FRANCE (Histoire et institutions)La France d'aujourd'hui

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Nom officielRépublique française (FR)
Chef de l'ÉtatEmmanuel Macron (depuis le 14 mai 2017)
Chef du gouvernementJean Castex (depuis le 3 juillet 2020)
CapitaleParis
Langue officiellefrançais

La Ve République

Un nouveau système politique

La nouvelle Constitution, rédigée durant l'été de 1958 et adoptée par les Français en septembre, se réclame du principe républicain de la souveraineté de la nation constatée par le suffrage universel, des libertés individuelles définies par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et de l'énoncé des droits sociaux contenu dans le préambule de la Constitution de 1946. Mais, à partir de ces données, elle met en place un équilibre des institutions antagoniste de celui qui prévalait sous les IIIe et IVe Républiques. C'est en effet le président de la République, désigné en 1958 par un collège de quatre-vingt mille élus de la métropole et d'outre-mer en la personne du général de Gaulle, mais dont la révision constitutionnelle de 1962 décidera l'élection au suffrage universel, qui devient la clé de voûte des institutions. Pour assumer ces fonctions qui font de lui le chef du pouvoir exécutif, il dispose d'armes efficaces : le droit de dissoudre l'Assemblée nationale, celui de soumettre à référendum une question concernant l'organisation des pouvoirs publics, celui de prendre en cas de nécessité des pouvoirs spéciaux. Il lui appartient de nommer le Premier ministre, qui émane donc de son autorité mais doit bénéficier de la confiance de l'Assemblée nationale. Quant au Parlement, chargé de voter les lois et le budget, son pouvoir de contrôle est strictement limité et encadré. Après 1962, l'existence d'un parti majoritaire, voué à soutenir l'action du chef de l'État, neutralisera pour l'essentiel ce pouvoir de contrôle du Parlement.

Dans la pratique, le système politique nouveau est celui d'une République présidentielle qui fait du chef de l'État pendant la durée de son mandat un véritable monarque républicain désigné par la nation. Successeur du général de Gaulle après la démission de celui-ci en avril 1969, Georges Pompidou maintiendra l'essentiel de ce système politique.

Un État fort au service de la grandeur de la nation

L'État à exécutif fort ainsi créé par le général de Gaulle va, dans un premier temps, s'efforcer de résoudre le difficile problème de la guerre d'Algérie. Il ne faudra pas moins de quatre années, de 1958 à 1962, pour parvenir à ce résultat au prix d'énormes difficultés. Soutenu par une opinion publique lassée d'un conflit interminable, il devra imposer l'autorité de l'État aux activistes de l'Algérie française, affronter un soulèvement des Européens d'Alger en 1960, un putsch militaire outre-Méditerranée en 1961, des attentats des extrémistes de l'Organisation armée secrète (O.A.S.), dont deux visent à l'assassiner, et, finalement, abandonner au F.L.N., par les accords d'Évian de 1962, l'Algérie et le Sahara. Mais l'épreuve algérienne et la conscience des milieux politiques du fait que seul de Gaulle est en mesure de la surmonter vont fournir au président de la République une autorité qui lui permet de modeler à sa guise la pratique institutionnelle. Celle-ci tend à minorer encore le rôle du Parlement et des partis politiques pour instituer des formes de démocratie directe fondées sur le dialogue entre le président et le peuple, par l'intermédiaire de déclarations en province, de conférences de presse, d'allocutions radio-télévisées, de référendums.

Fin de la guerre d'Algérie, 1962

Photographie : Fin de la guerre d'Algérie, 1962

Des jeunes musulmans déploient le drapeau de l'Algérie indépendante, dans la Casbah d'Alger, après l'annonce des accords d'Évian du 18 mars 1962. Le cessez-le-feu intervient le lendemain, 19 mars. La guerre d'Algérie est terminée. 

Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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Mais l'objectif de cet État fort est de rendre à la France son rang de grande puissance mondiale. S'il accepte de transformer, en raison du mouvement mondial de décolonisation, les liens coloniaux entre la France et son empire, d'abord en créant en 1958 la Communauté française qui accorde une large autonomie aux territoires africains et à Madagascar, il va plus loin en 1960 en donnant l'indépendance aux treize États qui appartenaient à cette Communauté, dont la France parraine l'entrée à l'O.N.U. et avec lesquels elle établit des liens étroits de coopération. L'hypothèque coloniale qui affaiblissait la position française sur le plan international étant ainsi levée, de Gaulle peut mettre en œuvre l'action destinée à restaurer le rôle mondial de la France.

Celle-ci passe d'abord par la reconquête de l'indépendance nationale que le général juge compromise par la forme de protectorat exercée par l'allié américain. Elle i [...]

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Charles de Gaulle, 1946

Charles de Gaulle, 1946
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Diên Biên Phu et accords de Genève, 1954

Diên Biên Phu et accords de Genève, 1954
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Fin de la guerre d'Algérie, 1962

Fin de la guerre d'Algérie, 1962
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Affrontement en mai 1968

Affrontement en mai 1968
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  • : professeur émérite des Universités à l'Institut d'études politiques de Paris

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Serge BERSTEIN, « FRANCE (Histoire et institutions) - La France d'aujourd'hui », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/france-histoire-et-institutions-la-france-d-aujourd-hui/