FINANCEMENT PARTICIPATIF ou CROWDFUNDING

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Typologie et domaines d’action

Depuis les premiers usages de crowdfunding sur Internet, le marché s’est segmenté : à chaque modalité de financement participatif correspondent des plates-formes Internet et une réglementation spécifique. Trait commun à tous les types de crowdfunding, la responsabilité du projet revient à l’entité (personne morale ou physique) qui le présente aux contributeurs potentiels. La plate-forme fournit une prestation technique (cadres d’un paiement en ligne sécurisé), un encadrement marketing et quelques conseils pratiques, services pour lesquels elle se rémunère généralement par une commission retenue sur le total du montant collecté. On distingue toutefois différentes catégories de financement participatif.

Don

Le don consiste à donner à un projet, souvent associatif, sans contrepartie. Juridiquement, le don se doit d’être désintéressé et intemporel. Cependant, l’association ou entité bénéficiaire peut faire un geste symbolique en retour, appelé le contre-don. Il s’agit d’une contrepartie n’ayant pas de valeur marchande directe (invitation à une avant-première, accès VIP ou simple mention dans une liste de remerciements, par exemple). Il ne s'agit pas d'un acte d'échange de valeurs comme la vente ou le troc. Ce type de financement participatif est notamment proposé en France par HelloAsso à partir de 2013.

Don avec contrepartie ou don contre don

C’est le mode de fonctionnement le plus pratiqué. Le contributeur participe à un projet en échange d’une contrepartie tangible, souvent délivrée plusieurs mois après la transaction financière. Cet échange est très proche de la pré-vente et s’apparente juridiquement à un acte de vente avec intermédiaire. Contrairement à ce que son nom laisse entendre, il ne peut être assimilé à un don.

En Europe, Ulule et KissKissBankBank sont les plates-formes les plus populaires sur le segment du don contre don, elles-mêmes concurrentes, sur un modèle très inspiré de Kickstarter, le leader mondial apparu en 2009 et devenu rapidement l’acteur le plus important dans le domaine du crowdfunding. Ces deux plates-formes sont particulièrement présentes dans le domaine de la culture (musique, édition, cinéma…) ou des divertissements communautaires (jeux de société, jeux vidéo).

Prêt aux entreprises

Le prêt aux entreprises, ou crowdlending, est une forme de prêt accordé par des particuliers à des sociétés présentant un projet économique avec une perspective de pérennité. Le remboursement est en général programmé sur une durée d’au moins cinq ans. Le risque associé est celui d’un défaut de remboursement par l’entreprise emprunteuse, même si certains prestataires de paiement en ligne participent au remboursement en cas de défaillance. Ce type de service a été créé en France en 2013 par Unilend.

Financement participatif en capital

Le financement participatif en capital, aussi appelé equity crowdfunding, permet une prise de participation en actions dans les entreprises financées et une rétribution financière via les dividendes et la plus-value potentielle réalisée. Les investisseurs deviennent donc actionnaires. À l’instar des réseaux de business angels, les plates-formes d’equity crowdfunding donnent aux investisseurs un accès facilité à des PME non cotées. Elles présentent pour principal avantage la possibilité de lever des fonds très rapidement. Elles peuvent se positionner en complément d’autres canaux de financement. En France, ce marché est notamment occupé par Anaxago, WiSEED, Happy Capital, Raizers ou encore SmartAngels (repositionnée en 2018 sur une activité de conseil).

Production communautaire

La production communautaire est un modèle hybride entre le don contre don et l’equity crowdfunding : les contributeurs sont à la fois co-producteurs et pré-acheteurs. Ils touchent un intéressement sous forme de redevance sur les futures recettes et une contrepartie non financière liée au projet. Mais ils ne sont pas actionnaires de la société ainsi créée.

Ce mode de fonctionnement a été popularisé en France par My Major Company, précurseur sur le marché du crowdfunding en général, avant de se spécialiser en don contre don, commercialement plus lisible et plus stable sur le plan juridique.

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Pour citer l’article

Jean-Charles DUFEU, « FINANCEMENT PARTICIPATIF ou CROWDFUNDING », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/financement-participatif-crowdfunding/