MARBURG FIÈVRE ET VIRUS

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Le virus dit de Marburg est responsable d’une fièvre hémorragique à mortalité élevée chez l’homme, la fièvre de Marburg. Le virus et la fièvre tirent leur nom de la ville de Marburg en Allemagne, où ils ont été identifiés pour la première fois en 1967 à la suite d’un accident de laboratoire. Au cours de la manipulation de cellules rénales de singes verts (Cercopithecus aethiops) en vue de la préparation d’un vaccin, trente et un membres du laboratoire Behring de Marburg sont brutalement atteints de violents maux de tête et d’une faiblesse extrême. Des signes hémorragiques apparaissent le sixième jour. Sept personnes de ce groupe meurent de cette nouvelle fièvre hémorragique. Des cas semblables se déclarent au même moment dans des laboratoires de Francfort et de Belgrade en Yougoslavie. Tous avaient en commun d’utiliser des cellules de singes verts en provenance d’Ouganda, dont une partie était porteuse du virus et en latence d’apparition de la maladie.

Virus de la fièvre de Marburg

Virus de la fièvre de Marburg

photographie

Le virus responsable de la fièvre de Marburg est un filovirus, le premier découvert. Par rapport aux virus de la même famille, comme le virus Ebola, il présente en microscopie électronique une forme en crochet caractéristique. 

Crédits : Centers for Disease Control ; Digital version : Science Faction/ Corbis

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Le virus de Marburg est un filovirus, voisin de celui de la fièvre Ebola. Les deux virus sont d’ailleurs très semblables et les fièvres qu’ils provoquent ont des signes cliniques voisins. Leur matériel génétique est de l’ARN. En microscopie électronique, le virus de Marburg montre une structure filamenteuse avec une extrémité recourbée en crochet caractéristique. Le virus est endémique en Afrique équatoriale, où il est responsable de poussées épidémiques jusqu’à présent localisées, mais avec une mortalité variant de 25 à 80 p. 100 dans les populations frappées. La dernière poussée épidémique significative a eu lieu en 2005. Le réservoir naturel du virus est une chauve-souris, qui contamine les singes, qui eux-mêmes contaminent l’homme quand ils sont chassés et consommés comme viande de brousse. Le virus se transmet par les fluides corporels et par contact direct avec le malade vivant ou décédé, comme dans le cas du virus Ebola.

Il n’existe ni traitement autre que symptomatique, ni vaccin.

—  Gabriel GACHELIN

Écrit par :

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris-VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

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Dans le chapitre « Émergence d'agents infectieux »  : […] L'efficacité de la réponse apportée dépend de la précocité de l'identification d'un foyer d'infection potentiellement épidémique. Au-delà de la surveillance des maladies connues, cela explique l'intérêt que l'on porte aux maladies nouvelles. Une pandémie s'enracine en effet toujours dans une maladie infectieuse restreinte à son début à un petit gro […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/epidemies/#i_80582

Pour citer l’article

Gabriel GACHELIN, « MARBURG FIÈVRE ET VIRUS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/fievre-et-virus-marburg/