ÈVE OU LA FOLLE TENTATION

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La restauration de La Tentation d’Ève est l’occasion pour le musée Rolin, à Autun (Saône-et-Loire), de revenir sur l’histoire et les sources iconographiques de cette œuvre majeure de l’art bourguignon (25 juin-15 octobre 2017).

C’est le propre des plus grandes œuvres d’art de s’inscrire parfaitement dans leur temps tout en possédant une dimension universelle, qui bouleverse parce qu’elle exprime des sentiments dont la profondeur se situe bien au-delà des conventions de leur époque. La Bourgogne est une terre privilégiée par les créations de la sculpture romane, et Autun y occupe une place majeure. À côté des chapiteaux admirables de Saint-Lazare (cathédrale depuis 1195), tel celui de l’ange visitant les Rois mages endormis, deux figures magistrales se font écho : le Christ puissant, comme vibrant dans la mandorle tenue par les anges, au tympan du Jugement dernier, à la façade principale ; et Ève, couchée dans la végétation, sa nudité partiellement cachée par un cep de vigne, et tenant le fruit – une grenade – par lequel le démon l’a tentée. Ce fragment de linteau provient du portail latéral – un lieu non secondaire, car c’était alors l’entrée normale pour les fidèles. Il n’est pas certain que le nom de Gislebertus, inscrit sur le tympan, soit celui de son sculpteur. Ce pourrait être celui du maître d’œuvre de l’édifice. Mais les chercheurs s’accordent pour attribuer au même artiste la plupart des chapiteaux, le tympan et la figure d’Ève. Aujourd’hui phare des collections du musée Rolin, cette dernière pièce a vécu une résurrection, après la démolition du linteau en 1766, la vente des blocs sculptés comme pierre de construction, puis la redécouverte de l’Ève un siècle plus tard, réutilisée dans une maçonnerie. Réalisation du deuxième quart du xiie siècle, elle est reconnue à juste titre comme un immense chef-d’œuvre de la sculpture romane.

La Tentation d’Ève

La Tentation d’Ève

Photographie

Attribué à Gislebertus, ce fragment de linteau provenant de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun (Saône-et-Loire) appartenait à une scène représentant le péché originel. Il constitue une œuvre majeure de l'art roman bourguignon. Vers 1130. Musée Rolin, Autun. 

Crédits : ville d’Autun/ musée Rolin/ cliché J. Piffaut

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La restauration récente de l’Ève [...]


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Christian HECK, « ÈVE OU LA FOLLE TENTATION », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/eve-ou-la-folle-tentation/