ÉROS

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Divinité grecque qui porte le nom d'une fonction psychologique : Éros signifie le désir amoureux. Il tient une place importante dans la pensée religieuse, dans la vie sociale comme dans l'art et la littérature des Grecs. Dans les cosmogonies orphiques qui racontent l'émergence du monde, Éros est une puissance primordiale qui n'a ni père ni mère. Dans la cosmogonie d'inspiration orphique qu'Aristophane raconte dans Les Oiseaux, le Désir amoureux surgit d'un œuf « clair », c'est-à-dire non fécondé, antérieur à l'union sexuelle. Éros est l'Un, qui, à l'origine de toutes choses, intègre et unifie les principes opposés, comme le féminin et le masculin, l'un et le multiple. Cette représentation d'Éros s'est développée dans un milieu mystique qui refuse le monde différencié où les êtres et les choses sont séparés et distingués, un milieu qui aspire à l'unité et à la plénitude de l'originel.

L'Envol d'Éros

L'Envol d'Éros

Photographie

L'Envol d'Éros, statuette de terre cuite, 150-100 av. J.-C., période hellénistique, Myrina, ancienne ville grecque d'Élodie, Asie Mineure. Freud Museum, Londres. 

Crédits : Bridgeman Images

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Dans les sociétés doriennes, comme à Sparte et en Crète, le Désir amoureux est une force organisatrice de la vie collective. C'est l'amour pédérastique qui permet l'intégration du jeune garçon dans le groupe des guerriers. En Crète par exemple, l'amant, après avoir reçu l'accord des parents et des amis du jeune homme qu'il aime, l'enlève soudainement, le conduit à la campagne, où tous deux vivent et chassent ensemble pendant deux mois, et le ramène ensuite dans la cité pour lui offrir trois présents rituels : des armes de guerrier, une coupe à boire et un taureau destiné au sacrifice. Le jeune garçon qui ne pouvait trouver un amant pour l'initier était couvert de honte : il n'était pas intégré au corps social.

Au ve siècle, dans le monde athénien, Éros est encore une figure centrale, intimement liée à l'éducation aristocratique, au gymnase et à la palestre. Dans l'entourage de Socrate, on était convaincu que l'armée la plus invincible serait celle qui alignerait sur un même rang l'amant et l'aimé. Un peu plus tard, Thèbes remporte ses plus belles victoires grâce au « bataillon sacré », composé de guerriers homos [...]


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Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section, sciences religieuses)

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Pour citer l’article

Marcel DETIENNE, « ÉROS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/eros/