SAARINEN EERO (1910-1961)

Fils de l'architecte finlandais Eliel Saarinen (1873-1950), Eero Saarinen a influencé l'œuvre de son père et a contribué à faire de son architecture un travail novateur. Cela mérite d'être souligné. Le père (dont la gare centrale d'Helsinki est très proche des bâtiments d'Hoffmann et d'Olbrich) remporte un prix en 1922 pour la Chicago Tribune Tower, ce qui le décide à émigrer avec sa famille aux États-Unis en 1923. Le fils aura une formation américaine (diplômé de Yale en 1934) mais il voudra, pendant quelques années, faire un tour d'Europe (où Gropius et Mies van der Rohe vivent encore). De retour aux États-Unis, il s'associe avec son père en 1937 et, sous l'influence des divers mouvements européens — « purisme », « rationalisme » ; « fonctionnalisme », « expressionnisme » — qu'il a découverts et analysés, lui déconseille de recourir abusivement à l'« ornement ».

La gare centrale d'Helsinki

La gare centrale d'Helsinki

photographie

La gare centrale d'Helsinki (1904-1914), une réalisation de l'architecte Eliel Saarinen (1873-1950). 

Crédits : Hulton Getty

Afficher

Eero Saarinen travaille avec son père à Cranbrook pour un groupe scolaire, et à Minneapolis pour la Christ Lutheran Church (1949). Mais son premier grand travail est le General Motors Technical Center (1955) à Warren (Michigan) dont la commande avait été faite à son père et dont il se charge après la mort de celui-ci. Cet ensemble de vingt-cinq bâtiments entourant un lac artificiel rectangulaire ressemble plus à une usine qu'à un campus universitaire. L'influence de Mies van der Rohe (notamment de l'Illinois Institute of Technology de Detroit) est évidente, mais Saarinen a voulu diversifier l'organisation globale des bâtiments pour lutter contre la monotonie écrasante et le gigantisme de l'Institut de Mies : la disposition des édifices est asymétrique et clairsemée, la taille et le format des bâtiments varient, leurs façades offrent en alternance des murs-rideaux (verre teinté et aluminium noirci) et des murs de brique violemment colorés (rouge, bleu, jaune) ; une tour d'acier qui se reflète dans l'eau et une sculpture d'Antoine Pevsner viennent parachever ces ruptures d'échelles.

Par la suite, Saarinen renoncera à la rigidi [...]


pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Écrit par :

Classification


Autres références

«  SAARINEN EERO (1910-1961)  » est également traité dans :

ARCHITECTURE (Matériaux et techniques) - Acier

  • Écrit par 
  • Philippe BOUDON
  •  • 3 248 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Décor structural »  : […] indéniable avec de saisissants jeux de proportions. Certaines œuvres en acier d'Eero Saarinen, comme le Centre technique de la General Motors dans le Michigan (1955), se distinguent par une utilisation plus spécifique des qualités plastiques propres au matériau, notamment la brillance qu'il a su exalter par l'emploi de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/architecture-materiaux-et-techniques-acier/#i_257

ARCHITECTURE CONTEMPORAINE - Une architecture plurielle

  • Écrit par 
  • Joseph ABRAM, 
  • Kenneth FRAMPTON, 
  • Jacques SAUTEREAU
  •  • 11 646 mots
  •  • 19 médias

Dans le chapitre « Le néo-productivisme »  : […] Summers, Arthur Takeuchi, Dirk Lohan, Myron Goldsmith, David Haid et James Ingo Freed. L'autre, se prolongeant avec l'œuvre indépendante et postérieure des premiers associés d'Eero Saarinen, devait privilégier la surface du rideau mural aux dépens du squelette, comme le montrent les œuvres récentes de Gunnar Birkerts, Anthony Lumsden, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/architecture-contemporaine-une-architecture-plurielle/#i_257

ARCHITECTURE & MUSIQUE

  • Écrit par 
  • Daniel CHARLES
  •  • 7 421 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Nouvelle position du problème : la critique de la conscience esthétique »  : […] appliquée – contribue à son tour à approprier l'architecture à elle-même. L'architecte Eero Saarinen, après voir terminé en 1955 l'édification du Kresge Hall dans le campus du Massachusetts Institute of Technology à Cambridge, modifia entièrement le plafond incurvé à l'aide de panneaux en plâtre suspendus sous la voûte, ce […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/architecture-et-musique/#i_257

DESIGN - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Stéphane LAURENT
  •  • 647 mots

1948 Chaise tulipe d'Eero Saarinen qui s'inscrit dans le courant du design organique. Diffusée par Knoll, elle atteste du succès des grands éditeurs de mobilier contemporain auprès d'une clientèle convaincue que le xxe siècle doit avoir son « style […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/design-reperes-chronologiques/#i_257

EAMES CHARLES (1907-1978) & RAY (1912-1988)

  • Écrit par 
  • Roger-Henri GUERRAND
  •  • 651 mots

de Cranbrook. Très vite, Charles Eames conduira le département du design industriel où sont inscrits Harry Bertoia, Florence Knoll et Eero Saarinen, le fils du directeur, bientôt son associé. Il y fait la connaissance de Ray Kaiser ; mariés en 1940, ils domineront ensemble le design mondial des sièges dans les années 1950 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eames-charles-et-ray/#i_257

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - L'architecture

  • Écrit par 
  • Claude MASSU
  •  • 12 010 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Les contestations du style international »  : […] ondulantes qu'il donne au plan, il affirme une autre tradition, détachée du rationalisme fonctionnaliste. Après avoir construit le centre technique de la General Motors à Warren, Michigan (1951-1956), dans la stricte lignée du campus de l'I.I.T. de Mies van der Rohe, Eero Saarinen (1901-1961) crée des formes sculpturales et symboliques à l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/etats-unis-d-amerique-arts-et-culture-l-architecture/#i_257

Pour citer l’article

Yve-Alain BOIS, « SAARINEN EERO - (1910-1961) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 octobre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/eero-saarinen/