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ÉCONOMIE MONDIALE 2017 : expansion, inégalités, fragilités

Économie mondiale (2017) : croissance du PIB

Économie mondiale (2017) : croissance du PIB

La croissance mondiale s’est nettement accélérée en 2017, passant de 3,2 à 3,6 p. 100 par rapport à 2016, poussée par des taux d’intérêt faibles, un progrès des profits et des investissements, ainsi que par une hausse des prix des matières premières. Une grande partie des pays est concernée. Les pays avancés connaissent, certes, une croissance inférieure à la croissance mondiale, mais tout de même en nette progression, passant de 1,7 à 2,2 p. 100. Globalement, le groupe qui réunit les « pays émergents » et les « pays en voie de développement » accroît ses performances, passant de 4,3 à 4,6 p. 100, mais avec de grandes disparités. Pour quarante-trois de ces pays, le taux de croissance devrait être plus faible que celui des pays avancés. La croissance de la Chine et de l’Inde tourne autour de 7 p. 100 alors que l’Afrique subsaharienne progresse mais reste très en deçà (de 1,4 à 2,6 p. 100).

Cette croissance se nourrit de l’expansion du commerce mondial. La comparaison des progressions de la production et du commerce mondiaux est instructive. En 2016, le commerce mondial progressait moins vite que la production mondiale : 2,4 p. 100, contre 3,6 p. 100, ce qui reflétait le faible dynamisme de la demande extérieure et un certain progrès du protectionnisme. En 2017, au contraire, le dynamisme du commerce mondial est remarquable (+ 4,2 p. 100), dépassant le taux de croissance de plus d’un demi-point : le taux d’ouverture, qui mesure la place relative des échanges mondiaux dans les économies nationales, progresse donc.

Économie mondiale (2017) : part de la production mondiale et de la population mondiale par groupes de pays

Économie mondiale (2017) : part de la production mondiale et de la population mondiale par groupes de pays

Économie mondiale (2017) : balance des paiements

Économie mondiale (2017) : balance des paiements

Ainsi, 2017 invalide partiellement les signes de repli sur soi de 2016 : le Brexit ne tourne pas à l’avantage du Royaume-Uni et, plutôt que de favoriser les forces centrifuges, il contribue à resserrer les rangs des pays européens. Les menaces de protectionnisme de Donald Trump n’ont pas, jusqu’ici, débouché sur des changements spectaculaires ; le protectionnisme américain ne fait pas tache d’huile. Les négociations sur l’ALENA (accord de libre-échange unissant les États-Unis, le Canada et le Mexique) qui ont débuté en octobre pourraient déboucher sur une sortie des États-Unis. Mais le CETA, accord commercial entre l’Union européenne et le Canada, est entré en vigueur le 21 septembre, même s’il doit encore être ratifié par les différents Parlements nationaux européens. Alors qu’en janvier le président Trump avait annoncé la sortie des États-Unis de l’Accord de partenariat transpacifique (TPP, entre pays riverains du Pacifique) – signé en 2015 sous l’administration Obama –, en novembre, onze pays de la zone Asie-Pacifique (dont le Japon, le Canada, la Nouvelle-Zélande et le Vietnam) se sont mis d’accord sur les éléments essentiels d’un accord de libre-échange sans les États-Unis. Enfin, au sein de l’Union européenne, la Commission élabore de multiples projets d’accords commerciaux, par exemple avec le Japon et le Mercosur (communauté économique comprenant l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela). Toutefois, ces projets ne sont pas sans susciter des réticences, en particulier de la part de la France.

Économie mondiale (2017) : évolution des prix à la consommation

Économie mondiale (2017) : évolution des prix à la consommation

La croissance et le recul du chômage dans les pays avancés s’accompagnent d’une progression modérée des salaires et d’une inflation jugée trop faible par de nombreux économistes et institutions. Cette évolution est surprenante dans la mesure où croissance, d’une part, et inflation des salaires et des prix, d’autre part, vont en général de pair. La politique monétaire en est d’autant plus complexe : le bon niveau de l’activité économique autorise une politique monétaire moins accommodante, c’est-à-dire une hausse des taux et un resserrement du crédit, mais celle-ci, non justifiée par une inflation excessive, comporte des risques de déstabilisation financière et de récession.

L’année 2017 est aussi celle des[...]

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Économie mondiale (2017) : croissance du PIB

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Économie mondiale (2017) : part de la production mondiale et de la population mondiale par groupes de pays

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