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ÉCONOMIE MONDIALE 2004 : une reprise turbulente

La reprise était annoncée pour 2004. À la fin de l'année précédente, les économistes s'étaient généralement accordés sur une prévision de croissance allant au-delà du rythme potentiel pour les principales zones industrialisées. L'économie mondiale a certes démarré l'année sur les chapeaux de roue mais, à l'automne, certains facteurs négatifs sont apparus, comme la flambée inattendue du prix du pétrole ou le subit infléchissement de la croissance européenne. Au final, sur l'année, l'économie a manifesté de nombreux signes de redémarrage : selon les projections du F.M.I., la croissance mondiale a accéléré de près d'un point, passant de 3,9 p. 100 en 2003 à 5 p. 100 en 2004. Mais des doutes planaient encore sur la fermeté et la durabilité de la reprise.

Les écarts de croissance entre les grandes zones ont persisté, malgré le début de convergence attendu. Les deux locomotives de l'activité ont été les États-Unis et la Chine : le commerce mondial a été en grande partie stimulé par le comportement très dépensier des consommateurs américains, ainsi que par la vive poussée de la demande chinoise en matière d'investissement. Selon le F.M.I., le commerce mondial aurait vivement accéléré de 5,1 p. 100 en 2003 à 8,8 p. 100 en 2004. Comme en 2003, la zone euro est restée en retrait, avec une croissance certes meilleure mais contrastée : certaines grandes économies continentales comme celles de l'Allemagne ou de l'Italie ont peiné à redémarrer.

Les ménages américains n'épargnent pratiquement plus

La croissance américaine n'a pas maintenu, en 2004, le rythme très rapide qu'elle avait connu l'an passé, mais elle a gardé beaucoup d'allant. À nouveau, les deux moteurs ont été la consommation très soutenue des ménages et le dynamisme des investissements des entreprises, particulièrement en ordinateurs et logiciels, dans un contexte de remontée des taux d'utilisation des capacités des industries. Le taux d'épargne des ménages s'est encore affaissé pour avoisiner un niveau proche de zéro. Ce comportement peut être jugé excessif, au regard notamment de ce que suggèrent les déterminants traditionnels du niveau de l'épargne, comme le revenu disponible brut ou les taux d'intérêt.

La consommation des ménages a malgré tout perdu un peu de son souffle. Elle a d'abord pâti de l'arrêt des stimuli budgétaires, les effets des précédents plans Bush s'étant épuisés. Les ménages ont aussi connu une érosion de leur pouvoir d'achat, à cause d'un regain d'inflation imputable en grande partie à la montée des prix du pétrole (de 35 dollars en janvier, le prix du baril est passé à 45 dollars en toute fin d'année). Par ailleurs, les effets des baisses antérieures des taux d'intérêt se sont estompés et ont amoindri l'effet richesse que les ménages tiraient des marchés hypothécaires pour leur consommation.

Les bons chiffres de croissance, conjugués à un regain d'inflation au printemps, ont décidé la Réserve Fédérale, la Fed, à entamer un nouveau cycle de resserrement monétaire. Dès juin, le taux directeur, dit des « Fed Funds », a été relevé à plusieurs reprises, passant de 1 p. 100 à 2,25 p. 100. Cela étant, ce tour de vis n'a eu qu'un effet modéré sur l'économie américaine : les taux longs, qui, plus que les taux courts, influent sur les comportements d'épargne et d'investissement, ont certes augmenté suite aux décisions de la Fed, mais ont ensuite reflué pour retrouver en fin d'année des niveaux très bas.

Ce début de reprise n'a malheureusement pas réduit le principal déséquilibre américain, à savoir le niveau très élevé du déficit courant. Ce dernier s'est encore creusé pour atteindre un montant équivalent à plus de 5 points de P.I.B.,[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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