ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique)Marxisme

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Karl Marx

Karl Marx
Crédits : Courtesy of the trustees of the British Museum

photographie

Les Temps modernes, C. Chaplin

Les Temps modernes, C. Chaplin
Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

photographie


Le capital

À la différence de la plupart des économistes, Marx ne conçoit pas le capital comme une collection de biens. Il le définit comme suit : A – M – A', avec A' > A, où les tirets désignent des échanges, le M le capital sous forme de marchandise, et les A le capital sous forme d'argent, et où A et A' sont respectivement les montants d'argent qu'un capitaliste lance dans la circulation et en retire (livre I, tome I, chap. iv). Le capital est donc une entité qui passe périodiquement par les formes A et M, qui cherche à croître par ces changements de forme et qui mesure sa croissance par l'augmentation d'un montant d'argent. ΔA = A' — A est le profit et r = ΔA/A, le taux de profit.

Un capital a pour seul but d'accumuler et n'accorde aucun intérêt aux valeurs d'usage des marchandises. Il lance, à son tour, A' dans la circulation pour réaliser A' – M' – A'', avec A'' > A', et ainsi de suite. Un capital « n'a donc pas de limite » (livre I, tome I, chap. iv).

La définition du capital n'entretient pas de lien immédiat avec la valeur, la production et l'exploitation. Marx en établit un en affirmant que le profit ΔA doit correspondre à un surcroît de valeur, et en s'interrogeant sur la source de ce surcroît. Marx constate que, dans le schéma définitionnel : A – M – A', le surcroît ne peut pas venir de l'un des deux moments A – M et M – A', puisque ce sont des échanges, supposés se faire à valeur égale. Il en infère que le surcroît ne peut venir que du terme M. Puis il remarque que ce terme intègre en fait la production et que le schéma définitionnel complet est : A — P...M — A', où les points représentent la production et le P le capital sous forme productive, c'est-à-dire constitué d'éléments productifs.

Marx procède alors à l'analyse de ce schéma définitionnel complet. P recouvre deux sortes d'éléments productifs : des moyens de production (C) et des forces de travail (W), sa valeur est donc : P = C + W. Et, étant donné l'équation de la production, la valeur de M est : M = C + N. Pour qu'il y ait un surcroît de valeur, il faut [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages


Écrit par :

  • : docteur d'État en sciences économiques, professeur des Universités

Classification


Autres références

«  ÉCONOMIE  » est également traité dans :

ÉCONOMIE (Définition et nature) - Objets et méthodes

  • Écrit par 
  • Henri GUITTON
  •  • 6 469 mots

La science économique est difficile à définir. Cela tient, sans doute, à ce qu'elle est beaucoup plus jeune que les autres sciences. Elle fait partie de l'ensemble des sciences sociales qu'on pourrait appeler sociologie, science qui elle-même n'est pas aisée à circonscrire avec précision.La science est savoir, c'est-à-dire connaissance. C'est une […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie/

ÉCONOMIE (Définition et nature) - Une science trop humaine ?

  • Écrit par 
  • Bernard GUERRIEN
  •  • 4 849 mots

La science économique est loin d'être une science exacte, tant les divisions des économistes sont notoires et tant leurs prévisions font l'objet de contestations et de révisions. Par ailleurs, si la science économique évolue, on ne peut guère la créditer de découvertes majeures au cours de ces dernières années […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-definition-et-nature-une-science-trop-humaine/

ÉCONOMIE (Définition et nature) - Enseignement de l'économie

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
  •  • 5 519 mots

L'Université française comptait, en 2011-2012, un peu plus de cent quarante-cinq mille étudiants dans ses filières d'économie et de gestion. Bien que l'économie soit devenue une matière scolaire à part entière dont l'enseignement commence dès le lycée, bien qu'il existe, depuis 1960, un baccalauréat économique (à l'époque le bac B), lequel a été maintenu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-definition-et-nature-enseignement-de-l-economie/

ÉCONOMIE SOCIOLOGIE DE L'

  • Écrit par 
  • Frédéric LEBARON
  •  • 4 580 mots

Les relations entre sociologie et économie ont une longue histoire, faite d'échanges, de dialogues, d'emprunts réciproques et de conflits. Le partage des territoires entre les deux disciplines est loin d'être clairement fixé et les tentatives pour dépasser leur séparation ont été et restent nombreuses. En témoigne la multiplicité des expressions visant à désigner ces tentatives : « sociologie écon […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-de-l-economie/

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Les grands courants

  • Écrit par 
  • Jérôme de BOYER
  •  • 8 716 mots
  •  • 9 médias

L'économie est une discipline jeune. En faisant abstraction des mentions du juste prix, de la monnaie ou de l'usure qu'on rencontre dans la Bible, chez Aristote ou saint Thomas d'Aquin, on peut considérer que les premiers écrits économiques datent du xvie siècle, avec les mercantilistes. Au xviii […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-les-grands-courants/

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - L'école classique

  • Écrit par 
  • Daniel DIATKINE
  •  • 6 853 mots
  •  • 2 médias

Plusieurs définitions ont été données de l'école classique en économie, et cette pluralité n'est pas sans enjeux théoriques. On doit la première à Karl Marx, l'un des premiers et des plus importants historiens de la pensée économique. Celui-ci oppose clairement l'école classique d'Adam Smith et de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-l-ecole-classique/

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Marginalisme

  • Écrit par 
  • Jean-Sébastien LENFANT
  •  • 2 032 mots
  •  • 1 média

Le marginalisme désigne un moment de rupture – on parle d'ailleurs plus souvent de « révolution marginaliste » – dans l'histoire de la discipline économique, entre 1870 et 1890, où se met en place une pensée alternative à la pensée économique classique. Son point de départ est associé à l'apparition simultanée et indépendante de trois ouvrages : The Theory of Political Economy […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-marginalisme/

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Théorie néo-classique

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
  •  • 2 836 mots
  •  • 2 médias

Après les révolutions de 1848 en Europe, l'économie politique qualifiée de classique par Karl Marx, celle de l'Écossais Adam Smith et de l'Anglais David Ricardo, doit affronter une double contestation. Celle des milieux conservateurs d'abord qui accusent les théories de Ricardo, en ayant associé à chaque facte […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-theorie-neo-classique/

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Keynésianisme

  • Écrit par 
  • Olivier BROSSARD
  •  • 8 210 mots

John Maynard Keynes n'a jamais cessé de souligner que le libre jeu des marchés et de la concurrence ne conduit pas forcément à une situation économique satisfaisante (voir par exemple l'article « The End of Laissez-faire », publié en 1926). Les conceptions keynésiennes de la politique économique sont fondées sur ce principe premier. Elles se distinguent cependant des autres doctrines favorables à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-keynesianisme/

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Monétarisme

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
  •  • 1 551 mots
  •  • 1 média

Mot récent – monetarism apparaît pour la première fois en 1968 dans un article de Karl Brunner sur la politique monétaire publié par la Réserve fédérale américaine de Saint Louis –, le monétarisme désigne une idée pourtant ancienne. Cette idée est que toute augmentation de la quantité de monnaie en circulation se traduit par une augmentation du niveau général des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-monetarisme/

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Économie des conventions

  • Écrit par 
  • Philippe BATIFOULIER
  •  • 1 521 mots

Pour lire ces lignes, le lecteur doit partager une convention avec l'éditeur : on lit de gauche à droite et de haut en bas. Cette convention est arbitraire, dans la mesure où il existe, dans d'autres langues et systèmes d'écriture, d'autres solutions pour se coordonner. La genèse d'une convention est souvent méconnue et, dans le cas contraire, la connaissance de son histoire est sans effet sur son […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-economie-des-conventions/

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - École de la régulation

  • Écrit par 
  • Benjamin CORIAT
  •  • 1 519 mots
  •  • 1 média

L'école de la régulation est l'une des rares écoles de théorie économique contemporaine à posséder une dimension fortement française. À partir des travaux fondateurs de Michel Aglietta et de Robert Boyer, elle apparaît au milieu de la décennie de 1970, dans un moment très particulier qui, aux États-Unis comme en Europe, est celui du passage avéré de la croissance à la crise, signifiant la fin des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-ecole-de-la-regulation/

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Néo-institutionnalisme

  • Écrit par 
  • Claude MÉNARD
  •  • 1 809 mots
  •  • 1 média

Le néo-institutionnalisme se développe essentiellement depuis les années 1980, sur la base des travaux fondateurs plus anciens de Ronald Coase sur la théorie de l'entreprise (The Nature of the Firm, 1937) et le problème des coûts sociaux (The Problem of Social Cost, 1960), de Douglass North sur les conditions institutionnelles de la croissance ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-neo-institutionnalisme/

GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE

  • Écrit par 
  • Isabelle THOMAS
  •  • 6 604 mots
  •  • 2 médias

La géographie économique se situe à l’intersection de deux disciplines (la géographie et l’économie), qui toutes deux ont évolué au gré des courants de pensée, conduisant à nombre de définitions et de sous-disciplines souvent remises en cause. Une discipline se définit par le point de vue selon lequel elle analyse les objets ; les points de vue se complètent donc, et plusieurs disciplines peuvent […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/geographie-economique/#i_46499

TIROLE JEAN (1953- )

  • Écrit par 
  • Emmanuelle AURIOL
  •  • 1 125 mots
  •  • 1 média

Jean Tirole naît en 1953 à Troyes, où il grandit auprès d’un père obstétricien et d’une mère professeur de français. Au lycée, il s’intéresse surtout aux mathématiques, mais également à l'histoire et à la psychologie. C’est assez tardivement, à l'École polytechnique, qu’il découvre l’économie. Il est fasciné par les questions posées, ainsi que par les méthodes utilisées pour y répondre, qui mobil […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-tirole/#i_46499

Voir aussi

Pour citer l’article

Michel ROSIER, « ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Marxisme », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-marxisme/