EAU DU MANTEAU TERRESTRE

Médias de l’article

Péridotite

Péridotite
Crédits : James St. John

photographie

Cristal de ringwoodite

Cristal de ringwoodite
Crédits : Joseph R. Smyth, University of Colorado

photographie

Cycle interne de l’eau

Cycle interne de l’eau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin


On qualifie souvent la Terre de « planète bleue » parce que l'eau des océans recouvre plus des deux tiers de sa surface. Les géologues spécialistes de l'intérieur de la Terre pourraient la qualifier plutôt de « planète verte », car le manteau – enveloppe la plus importante de la planète qui s'étend de la base de la croûte jusqu'à la surface du noyau métallique à 2 900 kilomètres de profondeur – est formé majoritairement d'olivine, minéral qui tient son nom de sa couleur vert olive (et des minéraux en lesquels elle se transforme à grande profondeur et sur lesquels nous reviendrons). Mais les deux enveloppes terrestres, hydrosphère et manteau, ne sont pas des réservoirs déconnectés l’un de l’autre, et l'eau est loin d'être absente du manteau. Le fait que la vapeur d'eau soit l'espèce chimique dominante dans les gaz volcaniques en est un indice évident. De plus, l'injection continue de matériaux hydratés, sédiments et croûte océanique altérée, dans le manteau au niveau des zones de subduction, laisse envisager un véritable cycle interne de l'eau au sein du manteau terrestre.

Teneur en eau du manteau terrestre

Il y a donc de l’eau dans le manteau terrestre. Cependant, l'eau libre n'existe sur Terre que dans l'hydrosphère (les océans, les rivières, les nappes phréatiques). Dès que l'on passe en dessous du niveau des sols, l'eau est incorporée dans la structure cristalline des minéraux qui constituent les roches, sous la forme de liaisons OH. La teneur en eau du manteau varie significativement selon la profondeur et la composition minéralogique des matériaux concernés. Une première estimation de la teneur en eau du manteau supérieur repose sur la teneur en eau des basaltes, appelés MORBs (acronyme retenu internationalement pour mid oceanic ridge basalts en anglais, ou « basaltes de rides océaniques » en français), produits au niveau des dorsales océaniques par fusion partielle du manteau chaud, entre 50 et 150 kilomètres de profondeur environ, dans les courants de convection ascendants. Or l' [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages


Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis



Écrit par :

  • : professeur des Universités à l'Institut de physique du globe de Paris, volcanologue

Classification

Voir aussi

Pour citer l’article

Édouard KAMINSKI, « EAU DU MANTEAU TERRESTRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 août 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/eau-du-manteau-terrestre/