MONROE DOCTRINE DE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Une réplique à l'impérialisme européen (1823-1895)

Devant cette double menace, et surtout celle de la Sainte-Alliance, G. Canning, alors secrétaire au Foreign Office, fit des ouvertures au gouvernement des États-Unis qui, fort embarrassé, consulta les deux anciens présidents encore en vie, Jefferson et Madison. Le besoin d'énoncer clairement les bases de la politique étrangère des États-Unis semblait à tous évident : mais il valait mieux ne pas se lier à l'Angleterre, pour ne pas se laisser entraîner par une puissance européenne, et il convenait en outre de ne pas donner à cette déclaration un caractère trop provocateur. C'est pourquoi ce qu'on appelle la doctrine de Monroe tient en quelques paragraphes à l'intérieur du long message sur l'état de l'Union, de décembre 1823.

Deux principes y sont définis : le premier affirme que le continent américain doit désormais être considéré comme fermé à toute tentative ultérieure de colonisation de la part de puissances européennes, ce qui visait à la fois les puissances de la Sainte-Alliance et la Russie, et le second, qui en découle, que toute intervention d'une puissance européenne sur le continent américain serait considérée comme une manifestation inamicale à l'égard des États-Unis. Ces derniers se posaient en défenseurs de l'intégrité et de l'indépendance du Nouveau Continent, mais ne possédaient aucun moyen de faire respecter leurs principes.

Dans l'immédiat, le message de Monroe n'eut aucun effet pratique. Si les nouvelles républiques d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud l'accueillirent avec sympathie, elles étaient davantage portées à se tourner vers l'Angleterre, comme leur défenseur naturel, que vers les États-Unis, alors dénués de toute puissance militaire ou navale. En Europe, il passa pratiquement inaperçu, les États-Unis étant considérés comme une puissance négligeable dans le monde. En Angleterre, il suscita une certaine amertume chez Canning, mécontent de cette prise de position unilatérale, mais eut la sympathie de l'opposition. En fait, sur le moment, en l'absence de toute menace directe, comme l'ont mont [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Médias de l’article

Thomas Jefferson

Thomas Jefferson
Crédits : Hulton Getty

photographie

James Monroe, président des Etats-Unis

James Monroe, président des Etats-Unis
Crédits : Library of Congress, Washington D.C.

photographie

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris

Classification

Autres références

«  MONROE DOCTRINE DE  » est également traité dans :

ADAMS JOHN QUINCY (1767-1848)

  • Écrit par 
  • Marie-France TOINET
  •  • 1 079 mots

Sixième président des États-Unis, de 1825 à 1829, John Quincy Adams a eu par ailleurs une remarquable carrière de diplomate, puis, à l'expiration de son mandat présidentiel, de député. Né à Braintree (actuellement Quincy) dans le Massachusetts, fils aîné du deuxième président des États-Unis, John Adams, il fut fortement influencé dans son enfance par les prises de position de son père au cours de […] Lire la suite

AMÉRIQUE LATINE - Évolution géopolitique

  • Écrit par 
  • Georges COUFFIGNAL
  •  • 7 479 mots

Dans le chapitre « Ambiguïtés de la doctrine »  : […] Mais ce message contenait un second volet : face à une Europe colonisatrice, les États-Unis, qui avaient conquis leur indépendance près d'un demi-siècle auparavant, saluaient les jeunes nations qui venaient de se constituer et les assuraient de leur protection face à toute tentative d'ingérence européenne. Ce ne fut pas toujours le cas au xix e  siècle, puisqu'il y eut nombre d'interventions europ […] Lire la suite

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Le territoire et les hommes) - Histoire

  • Écrit par 
  • Claude FOHLEN, 
  • Annick FOUCRIER, 
  • Marie-France TOINET
  •  • 33 202 mots
  •  • 58 médias

Dans le chapitre « L'interventionnisme »  : […] En même temps, les États-Unis font leur entrée sur la scène internationale . Pratiquement, depuis Monroe, ils ne s'étaient manifestés qu'épisodiquement, comme en 1854 à l'occasion du traité signé avec le Japon, en 1867 lors de l'achat de l'Alaska aux Russes ou en 1875 au moment du traité de réciprocité avec les îles Hawaii. À la fin du xix e  siècle, les conditions ont changé : la Frontière a disp […] Lire la suite

ISOLATIONNISME

  • Écrit par 
  • Alexandre KISS
  •  • 860 mots
  •  • 1 média

Ligne de conduite suivie dans les relations extérieures par un État qui entend ne pas participer à la vie politique internationale en dehors des affaires par lesquelles il s'estime être directement concerné, l'isolationnisme semble se borner essentiellement aux questions politiques et n'exclut nullement les relations avec d'autres États dans d'autres domaines. En formulant, dès 1796, le principe d […] Lire la suite

MONROE JAMES (1758-1831)

  • Écrit par 
  • Marie-France TOINET
  •  • 642 mots
  •  • 2 médias

Né en Virginie dans une famille de notables, James Monroe interrompit ses études au collège William and Mary pour participer à la guerre d'Indépendance au cours de laquelle il fut blessé et nommé capitaine par George Washington. En 1780, il devient l'ami de Thomas Jefferson, auprès duquel il poursuit ses études de droit. À vingt-quatre ans, il est élu à la Chambre des représentants de Virginie, p […] Lire la suite

O.E.A. (Organisation des États américains)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 365 mots
  •  • 3 médias

Instituée le 30 avril 1948 par les États qui participaient à la IX e  conférence panaméricaine réunie à Bogotá, l'Organisation des États américains (O.E.A.) regroupe l'ensemble des États souverains de l'Amérique . Sa charte constitutive lui donne pour objectifs d'œuvrer au renforcement de la paix et de la sécurité sur le continent, d'assurer le règlement pacifique des différends entre États, de dé […] Lire la suite

PHILIPPINES

  • Écrit par 
  • Philippe DEVILLERS, 
  • Manuelle FRANCK, 
  • William GUÉRAICHE, 
  • Lucila V. HOSILLOS, 
  • Jean-Louis VESLOT
  • , Universalis
  •  • 21 398 mots
  •  • 18 médias

Dans le chapitre « La colonisation américaine (1898-1946) »  : […] Les Américains entrent tardivement dans le club fermé des puissances colonisatrices. En apparence, c'est presque fortuitement que les États-Unis prennent possession de l'archipel philippin. En réalité, l'annexion de 1898 célébrée par les milieux d'affaires consacre aussi un expansionnisme de plusieurs décennies. Pour maintenir à distance des Anglais toujours entreprenants, le président Monroe ava […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

3-24 mars 1981 États-Unis – Amérique latine. Reformulation de la doctrine de Monroe par l'administration Reagan

Le 3, dans une interview télévisée, Ronald Reagan se défend de vouloir entraîner son pays au Salvador dans un engrenage « à la vietnamienne ». Il se déclare même favorable à une « solution politique » et repousse l'éventualité de l'envoi de troupes de combat américaines. Par contre, il renouvelle ses propositions de « travail diplomatique continu […] Lire la suite

Pour citer l’article

Claude FOHLEN, « MONROE DOCTRINE DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/doctrine-de-monroe/