DIALYSE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Hémodialyse

L'hémodialyse utilise un matériel dit rein artificiel. Les échanges se font entre un circuit sanguin extracorporel et un soluté de composition connue dit « bain de dialyse » par l'intermédiaire d'une membrane semi-perméable biocompatible ; la plus utilisée actuellement étant en cuprophane. Un rein artificiel comprend donc : 1. Le circuit sanguin avec sa pompe et ses systèmes de contrôle, branché sur deux abords vasculaires chez le malade (habituellement par un système de shunt ou de fistule artério-veineuse) ; 2. Le circuit de bain de dialyse, avec ses propres contrôles et son système de réchauffage ; 3. Le cœur du rein artificiel est le module de dialyse, qui comprend la membrane où se trouvent intégrés ensemble les circuits sanguins et de bain. Les manœuvres de branchement du rein artificiel sont ainsi d'une grande simplicité.

L'hémodialyse a été étudiée dès 1912 chez l'animal par Abel, Rowntree et Turner aux États-Unis, et essayée chez l'homme dès 1928 par Haas en Allemagne. Les progrès de la technologie des membranes semi-perméables et des anticoagulants ont permis à W. J. Kolff (à Kampen, aux Pays-Bas), après plusieurs tentatives infructueuses, un premier succès en 1945, dans le traitement d'un malade en urémie aiguë. Les années suivantes, l'utilisation de divers types de rein artificiel se développa dans l'insuffisance rénale aiguë. C'est en 1960, à Seattle, que furent traités par hémodialyse périodique les premiers patients atteints d'insuffisance rénale chronique définitive. Dans les années 1960 se développèrent dans tous les pays évolués des programmes d'hémodialyse périodique pour les insuffisants rénaux chroniques, d'abord restrictifs et conçus comme une période transitoire avant la transplantation rénale, puis élargis et devenant une méthode thérapeutique autonome.

Sur le plan technologique, l'utilisation de nouvelles membranes de dialyse, les modifications apportées aux appareils (visant à une plus grande sécurité), une miniaturisation et une simplicité accrues ont permis notamment un raccourcissement considérable de la durée des séances d'hémodialyse, qui est passée de huit à douze heures dans les années soixante, à quatre à six heures actuellement.

Sur le plan médical, une meilleure compréhension de la pathologie nouvelle créée par la dialyse se développe, notamment dans le cas des problèmes osseux et vasculaires qui restent responsables d'une morbidité importante.

Tous les pays développés ont, au prix d'un effort financier considérable, mis en œuvre des programmes de dialyse périodique pour les insuffisants rénaux chroniques. Cela a entraîné des problèmes socioprofessionnels nouveaux. La dialyse en centre spécialisé est en effet d'un coût élevé et, par un certain nombre de contraintes notamment horaires et géographiques, gêne souvent de manière importante la réinsertion socioprofessionnelle des patients et entraîne de plus une dépendance psychologique notable puisque le traitement a lieu tous les deux jours et dure quatre heures. D'abord en Angleterre et ensuite dans d'autres pays, la dialyse à domicile a été rendue possible. Celle-ci ne peut être étendue à tous les malades, mais elle apporte un progrès considérable sur le plan de la réduction des coûts, de la réinsertion professionnelle et de la prise en charge par le malade lui-même de son affection. C'est actuellement le mode le plus sûr et le moins coûteux de traitement au long cours de l'insuffisance rénale chronique. La dialyse périodique des insuffisants rénaux reste un traitement palliatif réservé aux seuls pays riches. Le problème de fond sera résolu, d'une part, par la prévention éventuelle des maladies rénales conduisant à l'insuffisance rénale chronique et, d'autre part, par des progrès importants dans le domaine de la transplantation d'organes qui permettrait de faire bénéficier avec succès un plus grand nombre de malades de la transplantation rénale.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Écrit par :

  • : docteur en médecine
  • : médecin-colonel, anesthésiste-réanimateur, chargé de l'enseignement de la médecine d'urgence et de la médecine de catastrophe au service de santé des armées

Classification

Autres références

«  DIALYSE  » est également traité dans :

MEMBRANES, transferts

  • Écrit par 
  • Michel RUMEAU
  •  • 5 892 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Dialyse ionique »  : […] Sous l'action d'un gradient de concentration, il y a transfert d'ions, dans chaque sens et en quantités égales, de part et d'autre de la membrane. Le gradient de concentration élevé d'un ion peut servir au transfert d'un autre ion, même contre le propre gradient de ce dernier, si sa concentration totale est plus faible. En effet, à l'équilibre, le rapport des concentrations des ions M et N dans l […] Lire la suite

UROLOGIE

  • Écrit par 
  • Pierre ABOULKER
  •  • 3 119 mots

Dans le chapitre « Progrès de la thérapeutique »  : […] Les infections non spécifiques de l'appareil génito-urinaire, si fréquentes, méritent la plus grande attention, car elles peuvent à la longue retentir sur la fonction rénale. Les progrès de l'antibiothérapie fongique et de la chimiothérapie ont permis de combattre et de guérir souvent les infections urinaires. Mais un progrès décisif dans le traitement des infections rénales, surtout chez l'enfa […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

François BOURNÉRIAS, René NOTO, « DIALYSE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dialyse/