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DABTARAS

Membres de l'Église éthiopienne qui forment une classe intermédiaire entre le clergé et les fidèles. Fort nombreux (une église de village moyen en compte six, une église de ville des centaines), les dabtaras jouent un rôle liturgique et social considérable. Bien qu'ils ne soient pas ordonnés, ils règlent le déroulement de la liturgie ; ils y assurent la psalmodie (office divin), les lectures et les chants, qu'ils rythment du bâton de prière, du sistre et du tambour. La partie dansée leur revient exclusivement. Poètes, ils sont encore chargés d'improviser la prière en fonction du sens de la fête célébrée : à ces invocations qu'on appelle les quenie, le peuple s'associe par des refrains.

On ne saurait donc nullement identifier une telle institution à celle de la chorale dans la liturgie byzantine. Les dabtaras constituent, à vrai dire, une classe de scribes plus instruits que les prêtres ; ils veillent à l'entretien des livres liturgiques, à l'observance des rubriques ainsi qu'à la transmission de l'héritage musical. Ils enseignent la langue liturgique, le guèze, et jouent le rôle d'instituteurs là où il n'y a pas d'écoles modernes. Parfois détenteurs de quelque érudition, ils ont été et demeurent les mainteneurs de la tradition religieuse. Leur charge est généralement héréditaire et ils sont entretenus aux frais de l'Église.

— Hervé LEGRAND

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Écrit par

  • : professeur honoraire à l'Institut catholique de Paris

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • ÉTHIOPIE

    • Écrit par Jean CHAVAILLON, Jean DORESSE, Universalis, Éloi FICQUET, Alain GASCON, Jean LECLANT, Hervé LEGRAND, Jacqueline PIRENNE, R. SCHNEIDER
    • 24 492 mots
    • 26 médias
    ...une liturgie qui lui est propre : jeûne très développé (deux cent cinquante jours par an) et danses sacrées, par exemple. Ses ministères incluent des dabtaras (lecteurs-psalmistes, scribes et danseurs), et son canon des Écritures admet des apocryphes, tels le Livre d'Énoch, le Pasteur d'Hermas...

Voir aussi