CODREANU CORNELIU (1899-1938)

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Agitateur roumain, chef de la Garde de fer. Fils d'un Polonais et d'une Allemande, Corneliu Codreanu est capitaine dans l'armée roumaine lorsqu'il rejoint le mouvement nationaliste du professeur Couza, la Ligue chrétienne, mais s'en sépare bientôt. C'est un exalté, qui assassine en 1923 le préfet de Iassy. Sous la pression de l'opinion, il est bientôt relâché et déchaîne sa propagande contre la minorité juive du pays (800 000 personnes environ). Pour l'opinion, la gravité de la question juive résulte de la pénétration économique par l'élément israélite, qui constitue une bourgeoisie d'affaires dont le rôle est considérable. L'antisémitisme roumain, produit des universités surpeuplées, a repris de plus belle depuis 1928. Si la Ligue chrétienne du vieux Couza y voit une fin en soi, la Garde de fer y découvre un moyen de troubler le pays, afin d'y instaurer une dictature ; pour Codreanu les Juifs quitteront tous le royaume « les uns sur, les autres sous les flots ». Malgré l'alliance avec les partis traditionnels en 1937, Codreanu n'arrivera jamais à s'emparer du pouvoir. En 1938, le roi Charles II, redoutant le pire, y compris pogroms et massacres, se décide à prendre lui-même le pouvoir. Généraux et colonels remplacent les préfets, et un ministre de l'Intérieur énergique, Calinesco, traduit la Garde de fer devant les tribunaux. Codreanu est cette fois condamné à neuf ans de prison, mais le gouvernement s'en débarrasse purement et simplement en le faisant abattre en novembre 1938, au cours d'une « tentative d'évasion ».

La Garde de fer en Roumanie, 1940

La Garde de fer en Roumanie, 1940

photographie

Les "chemises vertes", jeunes fascistes roumains de la Garde de fer, et des hommes en costume traditionnel, à Bucarest, en 1940. 

Crédits : Hulton Getty

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—  Jean BÉRENGER

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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  • Écrit par 
  • Jean BÉRENGER
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Nom pris par le parti fasciste roumain qui s'appuie sur un antisémitisme combatif et, après 1933, sur la propagande national-socialiste. La Garde de fer est fondée par un jeune capitaine, Codreanu, qui se sépare bientôt du mouvement nationaliste et conservateur du vieux professeur Couza, la Ligue chrétienne. Il prétend rendre à la vie politique un idéal qu'on croit évanoui depuis la réalisation d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/garde-de-fer/#i_18590

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Pour citer l’article

Jean BÉRENGER, « CODREANU CORNELIU - (1899-1938) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/corneliu-codreanu/