GARDE DE FER

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La Garde de fer en Roumanie, 1940

La Garde de fer en Roumanie, 1940
Crédits : Hulton Getty

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Ion Antonescu, 1940

Ion Antonescu, 1940
Crédits : Hulton Getty

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Nom pris par le parti fasciste roumain qui s'appuie sur un antisémitisme combatif et, après 1933, sur la propagande national-socialiste. La Garde de fer est fondée par un jeune capitaine, Codreanu, qui se sépare bientôt du mouvement nationaliste et conservateur du vieux professeur Couza, la Ligue chrétienne. Il prétend rendre à la vie politique un idéal qu'on croit évanoui depuis la réalisation de l'unité nationale ; jusqu'en 1933, le gouvernement fait preuve de faiblesse, voire de complaisance, à l'égard de cet agitateur qui se pose en sauveur national. Mais, comme les luttes intérieures sont marquées par une recrudescence de la violence et que la Garde de fer se transforme en une véritable armée, le président du Conseil, le libéral Duca, en ordonne la dissolution ; la réponse est quasi immédiate ; Duca est assassiné par des exaltés en décembre 1933. Même durant l'éclipse de la Garde de fer, la politique de « romanisation » se poursuit à l'égard de la bourgeoisie juive, au point d'ébranler l'armature économique du pays. Devant la propagande frénétique de la Garde de fer et la faiblesse du régime parlementaire, seule la dictature royale apparaît capable de barrer la route à la puissance de Codreanu, qui risque de déchaîner massacres et pogromes. En 1938, une charte constitutionnelle confie le pouvoir au roi et aux ministres. Les chefs de la Garde de fer sont traduits devant les tribunaux ; Codreanu, condamné à neuf ans de prison, est abattu à la fin de 1938, au cours d'une « tentative d'évasion ». En 1939, le président du Conseil, Calinesco, tombe sous les balles de la Garde de fer. Celle-ci prendra sa revanche complète, en 1940, avec l'arrivée au pouvoir du maréchal Ion Antonescu, qui imposera au pays l'abdication du roi Charles II, l'alliance allemande et l'antisémitisme systématique.

La Garde de fer en Roumanie, 1940

La Garde de fer en Roumanie, 1940

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Les "chemises vertes", jeunes fascistes roumains de la Garde de fer, et des hommes en costume traditionnel, à Bucarest, en 1940. 

Crédits : Hulton Getty

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Ion Antonescu, 1940

Ion Antonescu, 1940

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Le général roumain Ion Antonescu (1882-1946) prononce un discours, entouré de la Garde de fer de Horia Sima. Antonescu força le roi Carol II à abdiquer en faveur de son fils Michel, en septembre 1940, et établit un régime dictatorial allié des nazis. 

Crédits : Hulton Getty

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—  Jean BÉRENGER

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Jean BÉRENGER, « GARDE DE FER », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/garde-de-fer/