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COMMENDATIO

Acte par lequel un homme libre pouvait se « recommander » à un plus puissant que lui, se placer dans sa dépendance pour en obtenir protection et, parfois, nourriture. Ce fut, pendant le haut Moyen Âge (vie-IXe s.), l'origine de la féodalité. À l'époque mérovingienne, cette commendatio affecte des hommes de tout rang qui obtiennent ainsi d'un plus puissant (laïc, ou institution ecclésiastique) soit la confirmation de leur droit de propriété sur une terre, soit la jouissance d'une terre attribuée lors de la commendatio (c'est le beneficium, ou bienfait). Moyennant ces avantages générateurs d'une appréciable protection, le « recommandé » doit à son seigneur un certain nombre de prestations (service militaire, aide économique, conseil et assistance).

Avec la restauration d'un semblant de pouvoir d'État sous les rois carolingiens, le système est généralisé. L'attribution et, surtout, le maintien du « bienfait » dépendent de l'exactitude du recommandé à bien remplir son service. On réserve alors le terme de vassal à ces recommandés de haut rang qui ont prêté serment de « foi (fidélité) et hommage ».

Cependant, le terme de « recommandés » reste employé jusqu'au xiiie siècle pour désigner les paysans qui viennent volontairement se placer dans la dépendance d'un seigneur laïc ou ecclésiastique afin d'obtenir protection pour leur personne et leurs biens. Dans ce cas, le paysan engage sa liberté et celle de tous ses descendants, et le reconnaît en payant un légercens annuel. En échange, il échappe à des contraintes seigneuriales de plus en plus lourdes à cette époque, surtout s'il se « recommande » à une église ou à une abbaye. Dans ce cas, il peut aussi profiter des nombreuses exemptions dont bénéficie cette abbaye, ce qui a pu attirer la « recommandation » même de riches bourgeois.

— Françoise MOYEN

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • SERVAGE

    • Écrit par Georges DUBY
    • 3 154 mots
    ...corps », étaient nombreux au terme d'un mouvement déjà très vif à l'époque carolingienne et qui portait une foule d'êtres en quête d'une protection à se «  recommander », à se donner à un plus puissant. Des motifs religieux avaient poussé nombre d'entre eux, qui s'étaient asservis à un saint, c'est-à-dire...

Voir aussi