CNIDOSPORIDIES

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Les Cnidosporidies doivent être divisées en deux grands ensembles : les Microsporidies (qui formeront sans doute ultérieurement une classe indépendante), toujours unicellulaires et possédant une seule cupule polaire, et les Cnidosporidies stricto sensu. Ces dernières se répartissent en deux ordres qui peuvent être définis de façon approximative par leurs capsules polaires qui sont au nombre de deux chez les Myxosporidies et de trois chez les Actinomyxidies.

Les Microsporidies

Les Microsporidies sont des parasites intracellulaires de très petite taille dont la spore qui ne présente qu'une seule capsule polaire est toujours unicellulaire, contrairement à ce qu'on a cru pendant très longtemps. Ce sont donc des Protozoaires incontestables. La microscopie électronique a permis de donner une image précise de l'ultrastructure de cette spore qui comprend : a) l'enveloppe externe ; b) l'appareil d'extrusion, formé lui-même de la capsule polaire et du filament polaire, du polaroplaste lamellaire et vésiculaire et de la vacuole postérieure ; c) le sporoplasme, qui est représenté par les éléments classiques de la cellule, c'est-à-dire le cytoplasme avec ribosomes et réticulum endoplasmique, ainsi que l'appareil nucléaire, formé d'un noyau simple ou double. Il ne semble pas y avoir de zone spécialisée qui correspondrait au « germe » décrit classiquement (Vivier, 1979).

Ultrastructure d'une spore de Microsporidie

Dessin : Ultrastructure d'une spore de Microsporidie

Interprétation de l'ultrastructure d'une spore de Microsporidie selon J. Vavra et E. Vivier, d'après des données électronographiques. L'appareil d'extrusion est figuré en gris. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les Microsporidies parasitent presque tous les embranchements mais plus particulièrement les Arthropodes. Les espèces qui attaquent le ver à soie et l'abeille sont les plus célèbres en raison de leur importance économique. Cependant toutes les espèces de Microsporidies ne sont pas nuisibles et celles qui parasitent les moustiques, la Cochylis de la vigne, etc., jouent un rôle utile dans les équilibres naturels et pourraient être utilisées dans la lutte biologique contre ces insectes.

La pébrine et les travaux de Pasteur

Maladie du ver à soie, dont l'agent est Nosema bombycis, la pébrine provoqua la ruine de la soierie française de 1854 à 1867. La maladie se traduit extérieurement par l'apparition de taches brunes en grain de poivre sous la peau, mais la Microsporidie peut attaquer tous les organes. La spore ingérée par la chenille s'ouvre sous l'action de sucs intestinaux, le filament se dévagine, l'amibe sort ; elle pénètre dans l'épithélium de l'intestin. Elle s'y reproduit par division avant de sporuler. De l'épithélium intestinal, le parasite passe dans le sang et finalement dans tous les tissus y compris les ovaires. Souvent la chenille meurt, mais un grand nombre de vers parasités peuvent tisser leur cocon et donner des papillons qui pondent et transmettent la maladie à la génération suivante. Cette transmission héréditaire du germe fut découverte par Pasteur qui préconisa les mesures prophylactiques fondées sur la sélection des reproducteurs. Cette méthode de lutte est un véritable chef-d'œuvre d'élégance et de simplicité. Elle consiste à isoler les pontes de chaque papillon en conservant le cadavre pour rapidement l'examiner. Toutes les pontes issues d'une femelle atteinte sont éliminées. Cette méthode de grainage permit de sauver rapidement la sériciculture ; elle est encore valable aujourd'hui.

« Nosema apis », agent de la dysenterie des abeilles

Ce parasite vit dans l'épithélium de l'intestin moyen et des tubes de Malpighi des adultes d'Apis mellifera. Les abeilles perdent la capacité de vol puis meurent. La maladie s'accompagne de diarrhées ou de constipation. Les abeilles saines s'infectent en absorbant du miel souillé. Il est vraisemblable que les abeilles sont souvent parasitées sans en souffrir et la maladie ne devient grave que lorsque les conditions climatiques sont défavorables (température, pluviosité). Elle sévit le plus souvent au printemps.

Le bon entretien des ruches et les méthodes prophylactiques constituent les meilleurs moyens de lutte. En cas d'épidémie, le miel de la ruche sera stérilisé, les rayons de cire fondus, la ruche soigneusement désinfectée, ainsi que tous les récipients et abreuvoirs.

Les Mixosporidies

Leurs spores présentent deux capsules polaires. Les Mixosporidies sont typiquement des parasites des poissons chez lesquels elles produisent les maladies les plus diverses.

Myxobolus Pfeif [...]

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Myxobolus pfeifferi, évolution

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Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Ultrastructure d'une spore de Microsporidie

Ultrastructure d'une spore de Microsporidie
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PROTISTES

  • Écrit par 
  • Robert GAUMONT
  •  • 4 266 mots
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Dans le chapitre « Classification »  : […] Les Protistes sont divisés en cinq grandes classes. Les Flagellés comprennent des formes à affinités végétales (Phytoflagellés) et des espèces typiquement animales qui peuvent être libres (Choanoflagellés) ou parasites (Trypanosomes), ou encore symbiotiques (Flagellés des Termites). Les Rhizopodes, dont le type est l'Amibe, semblent à première vue très éloignés des Flagellées et on les a longtemp […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Robert GAUMONT, « CNIDOSPORIDIES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cnidosporidies/