MUSIQUE CITÉ DE LA

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La Cité de la musique, installée à la porte de Pantin, à Paris, forme un ensemble consacré à la musique et à la danse. Il s'articule en deux quartiers situés de part et d'autre de la Grande Halle, qui tout à la fois s'opposent et se complètent.

À l'ouest s'élève le Conservatoire national supérieur de musique et de danse (C.N.S.M.D.) de Paris, inauguré en décembre 1995, avec quatre-vingts salles de cours, des plateaux d'orchestre, une médiathèque, trois salles de concerts ouvertes au public, un centre audiovisuel et des studios d'enregistrement, ainsi que des logements pour les étudiants.

À l'est, la Cité abrite une salle de concerts partagée entre le Conservatoire et l'Ensemble InterContemporain de Pierre Boulez avec ses bureaux et ses salles de travail, le musée de la Musique, l'Institut de pédagogie musicale et une résidence d'étudiants.

Dans la conception des espaces intérieurs de la Cité de la musique, due à l'architecte Christian de Portzamparc, deux géométries s'affrontent : la première met en évidence des volumes pleins, opaques, de dimensions diverses, représentant les enveloppes acoustiques des lieux de travail musical, la salle d'orgue, par exemple ; la seconde matérialise les lieux de circulation ou de rencontre qui sont totalement vitrés et transparents, ou bien encore se présentent à ciel ouvert.

Le projet de Cité de la musique est mis à l'étude dès 1981. Maurice Fleuret, alors directeur de la Musique, et Marc Bleuse, directeur du Conservatoire de 1984 à 1986, y jouent un rôle essentiel. Le projet est issu de plusieurs constatations : le besoin impérieux, tout d'abord, de reloger dans des locaux modernes et fonctionnels le Conservatoire, institution créée en 1795 et située depuis 1911 rue de Madrid, dans un ancien collège de jésuites, vétuste et inadapté ; la nécessité, ensuite, de réformer les structures et les méthodes des enseignements musical et chorégraphique ; le désir, également, de décloisonner les genres musicaux, d'ouvrir davantage le Conservatoire sur l'étranger par une politique d'échanges culturels ; le profit, enfin, que des musiciens contemporains pourraient retirer de la proximité de la Cité des sciences et de l'industrie, ainsi que l'intérêt présenté par la création d'un « campus » où les étudiants seraient logés sur place et pourraient commencer à s'insérer dans la vie professionnelle grâce à une politique de promotion et de communication.

Le 16 janvier 1985, le président de la République, à l'issue d'un concours lancé un an plus tôt, désignait Christian de Portzamparc pour la réalisation de la Cité.

La maîtrise de l'ouvrage était confiée à l'Établissement public du parc de La Villette (E.P.P.V.), présidé successivement par Paul Delouvrier, Serge Goldberg et René Loubert. L'urgence absolue était le transfert du Conservatoire, d'où le décalage d'environ deux ans dans la réalisation, entre les parties ouest et est de la Cité de la musique.

À la faveur d'auditions, de cours publics ou de concerts, les trois salles publiques – la salle d'orgue, la salle d'art lyrique et la salle interdisciplinaire –offrent aux élèves les moyens de se mettre dans une situation professionnelle. Elles permettent également le déroulement des concours d'admission et des examens de fin d'année. Disposées autour d'un patio et d'un jardin, elles débouchent sur une entrée séparée, au niveau de la place de la Fontaine-aux-Lions.

La salle d'orgue, de forme conique et pouvant accueillir deux cents personnes, est destinée à l'exercice de l'orgue et de la musique de chambre. Elle abrite un orgue d'inspiration romantique de quarante-huit jeux, confectionné par le facteur autrichien Rieger, permettant d'aborder également le répertoire contemporain.

La salle d'art lyrique, lieu privilégié de l'exercice vocal, est un petit théâtre proche de la formule dite à l'italienne, muni d'une cage de scène ainsi que d'une fosse d'orchestre pouvant accueillir jusqu'à cent musiciens. Sa capacité est de quatre cents places. Sa conception favorise une grande osmose entre musiciens et public : cadre de scène amovible, proscenium perforé, fosse d'orchestre à niveau variable.

L'espace interdisciplinaire, d'une surface de 400 mètres carrés, autorise la représentation de spectacles qui mêlent plusieurs disciplines : la flexibilité scénog [...]

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  • : directeur du Conservatoire national supérieur de musique et de danse à la Cité de la musique, Paris

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Pour citer l’article

Alain LOUVIER, « MUSIQUE CITÉ DE LA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cite-de-la-musique/