CHIRURGIE ESTHÉTIQUE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La tâche du spécialiste

La consultation : une clef de voûte

On peut se dire que si les patients consultent un chirurgien, c'est parce qu'ils ne se plaisent pas, qu'ils en souffrent et qu'ils veulent se faire opérer pour se sentir mieux dans leur peau. Mais ce n'est pas aussi simple. Certains présentent des défauts objectivement minimes voire pas de défaut du tout. D'autre veulent se faire opérer pour des raisons qui ne semblent pas les concerner directement, enfin certains pensent qu'une intervention changera la totalité de leur existence.

En d'autres termes, tous ne sont pas d'évidents candidats à la chirurgie esthétique et une certaine dose de prudence est nécessaire avant de s'engager dans une intervention de transformation quelle qu'elle soit. Et là, bien entendu, beaucoup dépend de celui qui reçoit la « confession », en l'occurrence le chirurgien. Il doit savoir « faire parler » le patient pour révéler les non-dits. La plupart des patients expriment cependant des demandes cohérentes et entreprennent de réaliser ce désir de transformation souvent quand l'image qu'il donne d'eux-mêmes ne correspond pas à ce qu'ils ressentent profondément.

Quatre questions essentielles se posent au praticien pour déterminer si une intervention aboutira à la satisfaction du patient : Le défaut existe-t-il ? Le retentissement de ce défaut sur la psychologie du patient est-il compréhensible ? Existe-t-il un moyen chirurgical sûr et efficace pour le corriger ? Une fois ce défaut corrigé correctement, est-ce que le patient en tirera tout le bénéfice psychologique ? Les réponses à ces questions sont déterminantes pour la réussite du projet. Dans tous les cas, l'information sera délivrée en totalité pour que le patient comprenne parfaitement la stratégie, les risques et le résultat. Il pourra ainsi accepter l'intervention ou renoncer.

Les grandes interventions

Les paupières

La peau des paupières adhère à un muscle très fin qui entoure l'œil. L'excès de peau est responsable d'un repli au niveau de la paupière supérieure créant une double paupière qui revient vers les cils et de plis horizontaux au niveau de la paupière inférieure. Son importance varie d'un individu à l'autre en fonction de l'âge et de la forme de la cavité osseuse de l'œil. La graisse qui entoure normalement l'œil peut s'échapper de la cavité orbitaire pour faire saillie sous les paupières, créant pour le bas ce qu'on nomme communément les poches sous les yeux et donnant en haut des paupières gonflées et lourdes, avec une saillie plus nette dans l'angle interne. Ce sont des hernies graisseuses. Une légère pression sur le globe oculaire les accentue. Chaque individu combine ces deux déformations à des degrés divers. L'examen quantifie l'excès de peau et de graisse pour définir la stratégie chirurgicale la mieux adaptée. Il n'y a pas d'obligation d'opérer systématiquement les quatre paupières.

Les liftings

Au niveau du visage et du cou, l'excès de peau est responsable, de haut en bas, d'une distension du front avec une chute du sourcil, surtout en dehors, d'un abaissement des pommettes, d'un affaissement des joues qui marque de plus en plus le sillon nasogénien (de l'aile du nez au coin de la lèvre) puis crée la bajoue avec perte du dessin net de la mandibule, plisse le cou d'abord au milieu puis latéralement. L'excédent cutané varie d'un individu à l'autre en fonction de l'âge, de la structure du visage et de la mimique. On sépare ainsi les différentes actions en liftings :

– Frontal : action sur le front, les sourcils, les tempes et les paupières supérieures.

– Temporal : action sur la tempe, les rides de la patte d'oie (coin externe de l'œil), le sourcil, les paupières supérieures et inférieures, la pommette et la joue légèrement.

– Facial : action légère sur la paupière inférieure et la pommette, forte action sur la joue et la partie haute du cou.

– cervical : action sur la partie basse de la joue et la totalité du cou.

Le but est de supprimer l'excès de peau avec un retour à la tension normale. L'incision du lifting peut être totalement cachée. Dans le cuir chevelu pour le lifting frontal et temporal, elle passe pour le lifting facial à l'intérieur de l'oreille (derrière la saillie cartilagineuse antérieure ou tragus), sous le lobule de l'oreille, puis dans le sillon rétro-auriculaire en remontant le plus haut possible, pour tourner au niveau de la zone la plus cachée par le pavillon de l'oreille (partie haute et large de l'oreille), et repartir dans le cuir chevelu occipital, pour le lifting cervical.

Située ainsi, cette ligne d'incision, qui permet le traitement de la totalité du visage et du cou, est quasi invisible. Elle est fractionnée en cas d'action plus limitée.

Le nez

Le nez est une construction précise où toutes les pièces s'emboîtent parfaitement. Il est constitué en gros de trois arches, une arche supérieure osseuse, deux arches moyenne et inférieure cartilagineuses. L'arche inférieure, ou alaire, définit la pointe du nez. Ces trois arches sont à cheval sur une cloison cartilagineuse rigide et médiane, qui sépare les deux fosses nasales (conduits aériens). Le nez est délimité en haut et en bas par deux angles, l'un avec le front et l'autre avec la lèvre supérieure. Ces structures ostéocartilagineuses sont recouvertes par la peau au-dessus et la muqueuse en dedans.

Plus une structure est complexe et plus les corrections chirurgicales doivent être précises. La chirurgie du nez, correctement réalisée, est une chirurgie « miraculeuse » car elle est définitive et se fait sans cicatrice. Moins bien effectuée, elle aboutit aux classiques « nez refaits » aisément repérables.

Les oreilles

L'oreille, structure cartilagineuse de forme complexe, peut présenter plusieurs déformations : absence de pli de la partie haute, hypertrophie de la partie collée au crâne, repli irrégulier du bord libre, taille excessive du lobe etc.

Les corrections réalisées par une incision postérieure invisible doivent procurer un résultat harmonieux, indécelable et définitif. Il est acquis comme une véritable sculpture et non comme une cassure qui interrompt le mouvement naturel ou une contrainte sous tension maintenue par des points.

Les seins

Le sein est une structure conique remplie par la glande mammaire et la graisse, recouverte par la peau et chapeautée par la plaque aréolo-mamelonnaire, pigmentée, élastique et contractile.

Si la glande et la graisse déterminent le volume du sein, la forme proprement dite est tributaire du positionnement de ce volume et de ses rapports avec la peau.

Dans le cas de seins trop volumineux qui tombent (hypertrophie, ptôse), le cône mammaire est surdimensionné et capote au-dessus du sillon sous mammaire, la plaque aréolo-mamelonnaire est descendue et regarde vers le bas.

Il faut, pour obtenir de jolis seins, diminuer et repositionner le volume puis adapter la peau en faisant l [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages

Écrit par :

  • : chirurgien spécialiste de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, A.I.H.P.-A.C.C.A. des universités de Paris

Classification

Autres références

«  CHIRURGIE ESTHÉTIQUE  » est également traité dans :

CORPS - Cultes du corps

  • Écrit par 
  • Bernard ANDRIEU
  •  • 5 042 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La tentation de la mutation »  : […] Mutant ses représentations et créant ses normes, ce corps n'est plus seulement une manière de travailler son apparence corporelle d'un corps pour soi mais une action par corps afin de dessiner ses modes incarnés de subjectivation. La subjectivation hybridée est le résultat de la personnalisation par le tatouage, le piercing, les implants, les prothèses, les compléments alimentaires, les médicamen […] Lire la suite

MODE - Histoire et composantes

  • Écrit par 
  • Catherine ORMEN
  • , Universalis
  •  • 12 469 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « La mode élargie au bien-être »  : […] Le krach boursier de 1987, la guerre du Golfe, le spectre de la crise, le chômage, le malaise des banlieues, le sida font oublier l'exubérance de la mode au cours des années 1980. L'émergence du mouvement grunge, au début des années 1990, conduit sur les podiums des mannequins hâves, anorexiques, piercées et tatouées. Subitement, les vêtements se dépouillent, deviennent minimalistes ou se déconst […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Pierre NAHON, « CHIRURGIE ESTHÉTIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chirurgie-esthetique/