CHARTRES

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Chartres, chef-lieu du département de l'Eure-et-Loir, comptait, lors du recensement de 2012, 40 247 habitants, l'agglomération 89 136, et l'aire urbaine 145 735.

Centre-Val de Loire : carte administrative

Carte : Centre-Val de Loire : carte administrative

Carte administrative de la région Centre-Val de Loire. 

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C'est la richesse des terres beauceronnes qui a fait la prospérité de Chartres, au risque néanmoins de l'enfermer dans son rôle de capitale agricole de la Beauce.

Occupé dès le iie siècle avant J.-C. par la capitale des Gaulois Carnutes (Autricum), le site initial correspond à un éperon rocheux qui s'avance vers le nord, en surplomb de l'Eure. Une cité romaine y prospère à partir de la seconde moitié du ier siècle après J.-C., puisant déjà sa fortune dans le « grenier à blé » des plaines environnantes.

Avec la christianisation (ive siècle), Chartres continue à accroître sa puissance grâce à ses fonctions religieuses. À l'emplacement de l'actuelle cathédrale, une cité épiscopale est édifiée. Elle fédère une agglomération polynucléaire qui sera unifiée au xiie siècle grâce à une muraille commune. Au caractère éclaté de la ville médiévale se surimpose une bipolarité entre « ville haute » du plateau, centre du pouvoir religieux et politique (château des comtes chartrains) et du commerce, et « ville basse » de la vallée, lieu de production et de vie des artisans (laine, cuir).

L'« âge d'or » de Chartres s'étend du xe (disparition de la menace normande) à la fin du xiiie siècle, période de prospérité dont la cathédrale reste le meilleur témoin. Ensuite, le destin de la cité ne cesse d'osciller entre phases d'expansion (milieu du xve siècle) et de récession (xviie siècle). La ville est marquée par la préférence de ses élites à investir dans les richesses foncières plus que dans le développement urbain. Ses fonctions religieuses connaissent également un déclin (un diocèse est créé à Blois aux dépens de celui de Chartres en 1697). La Révolution permet enfin à la ville de devenir chef-lieu, de l'Eure-et-Loir, et de s'affranchir de la tutelle d'Orléans, mais elle renforce son statut de capitale agricole, animée désormais par une puissante bourgeoisie terrienne et commerçante. L'arrivée du chemin de fer (ligne Paris-Chartres) dès 1841 n'amène pas l'industrialisation. Ville conservatrice, Chartres ne peut concurrencer l'attraction de Paris : au xixe siècle, l'Eure-et-Loir voit ses campagnes se dépeupler au profit de la capitale nationale. À la fin du xvie siècle, on estimait la population chartraine à 20 000 âmes ; en 1946, la ville n'en totalise que 6 000 de plus.

Cathédrale de Chartres, portails

Photographie : Cathédrale de Chartres, portails

Cathédrale de Chartres (Eure-et-Loir), les trois portails du transept nord, XIIIe siècle. 

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Cathédrale de Chartres

Photographie : Cathédrale de Chartres

Cathédrale de Chartres (Eure-et-Loir), XIIe- XIIIe siècle. 

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Les décennies qui suivent la Seconde Guerre mondiale marquent une rupture : la vocation agricole de Chartres se complète d'activités industrielles. La population double ; celle qui est employée dans l'industrie est multipliée par trois entre 1954 et 1975 (9 000 emplois). Le mouvement de déconcentration industrielle depuis Paris est passé par là : les années fastes voient le succès des nouvelles zones industrielles de Lucé et de Beaulieu, ainsi que d'autres communes de l'agglomération (Mainvilliers). L'économie se diversifie vers l'électronique, la métallurgie, la mécanique et la parachimie. Si la crise des années 1970 met un terme aux nouvelles implantations dues aux délocalisations, des dynamiques endogènes prennent le relais : la « Cosmetic Valley » (important pôle de la filière beauté) y trouve l'une de ses meilleures bases. Cependant, Chartres reste fondamentalement une ville de services et de commerce. S'appuyant sur un riche patrimoine culturel et historique (secteur sauvegardé), à proximité d'une métropole parisienne (accessible par l'autoroute A11) redistributrice d'hommes et de biens, elle cherche à améliorer ses fonctions urbaines (centre universitaire) et à accroître son rôle d'animation de l'Eure-et-Loir. Au xxie siècle, Chartres sait s'adapter aux enjeux de la société urbaine contemporaine.

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Cathédrale de Chartres, portails

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Franck GUÉRIT, « CHARTRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chartres/