CHARLEVILLE-MÉZIÈRES

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Chef-lieu du département des Ardennes, Charleville-Mézières est issue de la fusion, en 1966, de Charleville, de Mézières et de trois autres communes. Elle comptait, lors du recensement de 2012, 51 561 habitants et 61 417 dans l'agglomération.

Grand Est : carte administrative

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Carte administrative de la région Grand Est. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La ville occupe une position remarquable sur la Meuse, là où le fleuve change de direction : il décrit quatre méandres serrés pour pénétrer en direction du nord dans le massif ancien ardennais. Ce site accidenté et exposé aux inondations a été occupé très tôt, diverses fouilles ayant révélé de nombreuses traces d'habitat préhistorique, celtique, gallo-romain puis mérovingien. Parmi les châteaux forts du haut Moyen Âge, le premier rôle revint à celui qui gardait le passage le plus étroit du premier méandre, édifice en bois détruit à la fin du ixe siècle, puis reconstruit en pierre, d'où le nom de Maceriae, « les vieux murs », devenu Mézières. La petite ville bénéficia d'une charte concédée par les comtes de Rethel en 1233 et développa le commerce du vin le long de l'axe mosan ainsi que le travail de la laine, du cuir et des métaux, entourant de quatre faubourgs son centre tassé autour du château. Mais, au xvie siècle, Mézières s'est trouvée confinée à son rôle militaire après avoir soutenu victorieusement le siège de 1521 contre les armées de Charles-Quint, puis a beaucoup souffert des guerres de Religion, avant de dépérir aux xviie et xviiie siècles face à la concurrence d'une cité rivale, Charleville.

Véritable ville nouvelle construite à partir de 1606 à l'initiative de Charles de Gonzague, duc de Nevers et de Rethel et gouverneur de Champagne et Brie, par l'architecte Clément Métézeau sur un plan quadrillé autour de la vaste place Ducale, Charleville se développa vigoureusement, alliant l'essor de ses industries (manufacture d'armes, clouterie, travail du cuir) à une activité commerciale prospère. Mais, à la Révolution, c'est Mézières qui fut choisie contre Sedan et Charleville comme chef-lieu du département des Ardennes. Ville de fonctionnaires, elle accueillit quelques établissements industriels importants comme la fonderie Clément-Bayard, sans pouvoir rivaliser cependant avec la vigoureuse croissance industrielle de Charleville.

Charleville-Mézières : la place Ducale

Photographie : Charleville-Mézières : la place Ducale

La place Ducale de Charleville-Mézières est l'œuvre de l'architecte Clément II Métezeau et date du XVIIe siècle. Construite sur le modèle de la place des Vosges à Paris, elle est entourée d'un alignement de pavillons de couleur ocre et rouge, qui respecte la règle de quatre: quatre... 

Crédits : Paul Almasy/ Corbis

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Une première fois frappées en 1870-1871, les « Deux Villes » subirent de nouvelles épreuves en 1914-1918 en devenant la capitale provisoire de l'Empire allemand en guerre, puis en 1939-1945 avec la percée victorieuse des blindés allemands en mai 1940 suivie de quatre années d'occupation.

Après la reconstruction, une nouvelle étape décisive a marqué l'histoire de l'agglomération : la réunion, en 1966, des cinq communes de Mézières, Charleville, Mohon, Étion et Montcy-Saint-Pierre. Cette fusion de communes, la plus importante du xxe siècle en France, a produit une ville qui conserve de ses héritages divers une structure socio-spatiale très hétérogène et une économie dualiste, partagée entre l'industrie et le tertiaire. Charleville-Mézières s'est affirmée comme le pôle tertiaire d'un département essentiellement industriel, avec l'administration à Mézières, le commerce à Charleville et sur les zones d'activités périphériques, une modeste fonction universitaire (dépendant de l'université de Reims Champagne-Ardenne) au sud. Le déclin de ses vieilles industries à dominante métallurgique a été partiellement compensé par de nouveaux arrivants, comme Ford puis Visteon et surtout Citroën. La ville a également renforcé son rôle touristique, avec le musée Rimbaud (le poète est né à Charleville en 1854) et le musée de l'Ardenne et, depuis 1961, le Festival international de la marionnette, appuyé depuis 1981 sur un Institut permanent. Le tissu urbain reflète la diversité socio-économique de l'agglomération : double centre ancien, grands ensembles périphériques accueillant la population ouvrière, banlieue et lotissements périurbains investis par des ménages plus aisés. Désormais reliée à Reims et Paris par l'autoroute des Ardennes A34, Charleville-Mézières espère tirer parti de sa position au cœur de l'Europe.

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Grand Est : carte administrative

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Charleville-Mézières : la place Ducale

Charleville-Mézières : la place Ducale
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  • : professeur à l'université de Reims-Champagne-Ardenne

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Pour citer l’article

Marcel BAZIN, « CHARLEVILLE-MÉZIÈRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/charleville-mezieres/