RICHET CHARLES (1850-1935)

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Physiologiste français, apôtre du pacifisme et l'un des pionniers de l'aviation. Fils d'un chirurgien célèbre, interne en médecine en 1872, Charles Richet travaille dans le laboratoire de Berthelot et dans celui de Marey au Collège de France avant d'entrer dans celui de Vulpian. Agrégé de physiologie (1878) et docteur ès sciences, il obtient, en 1887, la chaire de physiologie à la faculté de médecine de Paris. Il montre que, chez l'animal, la production de la chaleur est proportionnelle à la surface et non au volume du corps (loi de Richet-Rubner). Il découvre la polypnée thermique (1884), la période réfractaire des centres nerveux (avec A. Broca), les propriétés anesthésiques du chloralose (avec Hanriot). Il formule avec Héricourt, en 1888, le principe de la sérothérapie ; le 6 décembre 1890, il applique lui-même, à l'Hôtel-Dieu, cette thérapeutique à un tuberculeux : c'est la première injection de sérum dans un but thérapeutique.

Charles Richet

Photographie : Charles Richet

Le physiologiste français Charles Richet (1850-1935) découvre, avec Paul Portier (1866-1962), l'anaphylaxie, découverte qui lui vaut le prix Nobel de médecine en 1913. 

Crédits : US National Library of Medicine

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Sa découverte la plus importante est l’identification d’un mécanisme physiologique dans lequel le système immunitaire, a priori dévolu à la protection de l’organisme, se retourne contre ce dernier et y provoque une réponse pathologique : l’allergie et son corollaire parfois mortel, le choc anaphylactique. Les maladies allergiques sont connues depuis longtemps, comme en témoigne l'allergie aux fraises du roi Richard III d'Angleterre rapportée par Shakespeare. L'étude de l'allergie devient expérimentale en 1902 lorsque Charles Richet (1850-1935) et Paul Portier injectent à un chien de façon répétitive de faibles doses du venin de l'anémone de mer. Ils s'attendaient à observer un effet protecteur : mais, à la troisième injection, l'animal meurt en quelques minutes de ce qu'on appellera, en 1906, un choc anaphylactique. Il s'agit là de la forme extrême des réactions allergiques, mais la notion de réponse allergique fut étendue très rapidement à d'autres situations physiopathologiques comme la réponse cutanée du sujet contaminé par le bacille tuberculeux sans être cependant malade (hypersensibilité), ou les réponses allergiques respiratoires, et de nombreuses pathologies cutanées. Cette découverte initiale fut très rapidement suivie, en 1908, de l'identification des cellules responsables, les mastocytes, et d'une molécule essentielle dans le choc, l'histamine. Cet ensemble de découvertes vaut à Richet le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1913. Ces travaux connaissent des développements importants. Ainsi, la découverte des antihistaminiques, molécules qui contrecarrent l’effet de l’histamine, vaudra à Daniel Bovet le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1957.

Outre de nombreux ouvrages de physiologie tels que Recherches expérimentales et cliniques sur la sensibilité (1877), Structure des circonvolutions cérébrales (1878), Du suc gastrique chez l'homme et les animaux (1878), Physiologie des muscles et des nerfs (1882), L'Anaphylaxie (1911), il publie des poèmes (Pour les grands et les petits), des pièces de théâtre, des romans et des ouvrages philosophiques (Essai de psychologie générale, Traité de métapsychique, 1923). Il dirige la publication du Dictionnaire de physiologie (à partir de 1895) et de la Revue scientifique. Il préside la Société de biologie ; il est élu à l'Académie de médecine (1898), puis à l'Académie des sciences (1914). Passionné par l'aviation à ses débuts, il construit avec V. Tatin, de 1890 à 1897, des aéroplanes à vapeur sans pilote qui voleront sur des distances de quelques centaines de mètres. Il encourage ses deux pupilles Louis et Jacques Breguet à s'engager dans cette voie tandis que lui-même s’intéresse aux voilures tournantes.

Homme aux intérêts multiples, Charles Richet fut l'un des pionniers du courant qui, en France, tenta de donner un statut scientifique à l'étude des phénomènes dits occultes ou supranormaux. Il désigna son approche sous le nom de métapsychique, poursuivant notamment, par des enquêtes sur l'hypnose provoquée à distance, les recherches entreprises une trentaine d'années auparavant par Pierre Janet sur les phénomènes de suggestion.

Gabriel

GACHELIN

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Jacqueline BROSSOLLET, « RICHET CHARLES - (1850-1935) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-richet/