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FABRY CHARLES (1867-1945)

Physicien français né à Marseille et mort à Paris, Charles Fabry entra à l'École polytechnique à dix-huit ans. Il s'orienta ensuite vers l'enseignement secondaire, puis, son doctorat obtenu, fut nommé à la faculté des sciences de Marseille en 1894. En 1921, il occupa une chaire de physique à la Sorbonne et en 1926 à l'École polytechnique. Il entra à l'Académie des sciences en 1924.

Dans l'œuvre scientifique de Fabry, qui comprend plus de trois cents titres, les travaux relatifs à l'optique l'emportent de loin en nombre et en importance. Il n'est guère de grandeur physique concernant le rayonnement visible et ultraviolet dont la mesure ne doive quelque perfectionnement à une méthode, à un dispositif ou à un appareil auquel est attaché le nom de Fabry.

La photométrie stellaire lui doit une détermination de la magnitude stellaire en lux (1903). Ses mesures de la luminance du ciel nocturne (1910) ont posé le problème de son origine. Les méthodes photométriques lui doivent un microphotomètre (1913), un photomètre sans écran diffusant (1920), une solution pratique de la photométrie hétérochrome (1913). De son étude de l'intensité de l'ultraviolet solaire (1913) se dégagea une preuve que l'ozone atmosphérique est responsable de l'absorption de ces radiations (1920).

La partie la plus importante de l'œuvre de Charles Fabry concerne les interférences lumineuses. Après avoir étudié dans sa thèse les conditions générales de visibilité des franges d'interférences (1892), il réalisa avec Alfred Perot le plus simple des appareils à ondes multiples : une lame d'air comprise entre deux plans de verre parallèles et semi-argentés (1899). On constitue ainsi soit un interféromètre à distance variable entre les plans, soit un étalon interférentiel dans lequel cette distance est maintenue fixe. Ces appareils ont permis à Fabry et à ses collaborateurs (Alfred Perot, René Benoît, H. Buisson) de reprendre et d'améliorer la majorité des mesures interférentielles. Dans le domaine de la métrologie, on lui doit la détermination de la masse du décimètre cube d'eau (1899), la comparaison du mètre à la longueur d'onde de la radiation rouge du cadmium (1907), l'étude des tensions élastiques (1930). Dans le domaine de la spectrométrie, il écrivit des mémoires sur les mesures de longueurs d'onde en valeur absolue (1908), sur l'étude du spectre du soleil (1910) et des nébuleuses (1914), sur la largeur des raies spectrales (1912). Des extraits de tous ces mémoires se trouvent dans les Œuvres choisies (1938).

Nommé directeur de l'Institut d'optique théorique et appliquée en 1921, Fabry prit une part essentielle au développement de cet organisme qui groupa, en 1927, des laboratoires de recherches, une école supérieure et une école professionnelle. Charles Fabry consacra une part notable de son activité à l'enseignement. La trace en subsiste dans son Introduction à la photométrie (1927) et dans son Cours de physique de l'École polytechnique (1933), d'où il détacha plusieurs petits ouvrages.

— Jean-Paul MATHIEU

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Écrit par

  • : ancien élève de l'École polytechnique, secrétaire général de la société Ernault Toyota-Automation

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • ATOMIQUE PHYSIQUE

    • Écrit par Philippe BOUYER, Georges LÉVI
    • 6 651 mots
    • 1 média
    ...assimile les noyaux à des charges ponctuelles de masse infinie. Ces effets, observés pour la première fois par Albert Abraham Michelson en 1891 et par Charles Fabry et Alfred Pérot en 1897, sont appelés effets hyperfins car ils produisent des déplacements des niveaux électroniques très petits par rapport...

Voir aussi