CHARLEROI

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Située dans la vallée de la Sambre, sur l'étroit synclinal houiller qui traverse la Wallonie d'ouest en est, Charleroi compte 202 180 hab. en 2015 ; c'est la ville la plus peuplée de Wallonie, les fusions de communes de 1977 y ayant été plus larges qu'à Liège. C’est également la principale agglomération de la province de Hainaut, mais non le chef-lieu. Le bassin d'emploi s'étend largement vers le sud sur l'Entre-Sambre-et-Meuse, peu densément peuplée, mais est rapidement limité vers le nord par la zone d'influence de Bruxelles, vers l'est par celle de Namur et vers l'ouest par celle de La Louvière.

Belgique : carte administrative

Carte : Belgique : carte administrative

Carte administrative de la Belgique. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Charleroi n'est, à l'indépendance de la Belgique, qu'une localité d'à peine plus de 5 000 habitants, formée d'une forteresse au plan rayonnant édifiée face à la France par les Espagnols en 1666, sous le règne de Charles II, surmontant une ville basse sur la Sambre. Prise par les Français dès 1667, renforcée par Vauban, elle fut restituée aux Espagnols en 1678, puis plusieurs fois prise et reprise entre 1693 et 1748. Les fortifications ont été alors démantelées, mais la ville a été fortifiée à nouveau après 1815, jusque 1867-1871.

Charleroi et ses environs doivent leur essor à la révolution industrielle. La houille était exploitée depuis le xiiie siècle. Conjuguée à l'existence dans les environs d'une tradition métallurgique (clouterie) et verrière, sa présence a entraîné le développement d'une sidérurgie et d'une puissante industrie des constructions métalliques et, par la suite, électriques. La ville a bénéficié de l'ouverture, en 1832, du canal charbonnier en direction de Bruxelles, dont la mise au gabarit de 1 350 tonnes a été achevée en 1968 et sur lequel s'embranche aussi le canal du Centre, qui permet la navigation vers l'Escaut. Toutefois, comme ailleurs dans le sillon wallon, cette industrialisation fut peu diversifiée et contrôlée par le grand capital national, qui se désengagea d'abord de la production charbonnière à partir des années 1950 (le dernier puits wallon a fermé dans le bassin de Charleroi en 1984), puis abandonna des pans entiers de la métallurgie lourde et la chimie de la soude (fermeture des usines Solvay de Couillet en 1993), laissant la région dans une crise structurelle dont les effets n'ont pu être compensés par quelques gros investissements étrangers (Caterpillar, plus grande implantation du groupe hors des États-Unis, en 1965). Certaines de ces industries lourdes fonctionnent toujours – sidérurgie (hauts fourneaux et aciéries), constructions électriques, machines-outils, industrie céramique, verrerie –, mais cela ne suffit pas à compenser un déficit en services marchands de haut niveau.

Charleroi est située en bordure de l'autoroute de Wallonie, qui la relie à Lille et Paris vers l'ouest, à Liège et à l'Allemagne vers l'est. Elle insiste aujourd'hui, pour sa reconversion, sur des développements technologiques. Un grand centre de l'industrie aéronautique s'est développé à Gosselies, au nord de la ville (S.A.B.C.A., Sonaca), de même qu'un technopôle de biotechnologie, appuyé sur un centre de recherches de l'Université libre de Bruxelles. L'aéroport, implanté lui aussi à Gosselies, est dénommé Charleroi-Brussels South ; spécialisé dans le trafic low cost, il est devenu en peu d'années le second aéroport belge par le volume de passagers (près de 6,9 millions en 2015, pour 23,4 à Bruxelles-National). Charleroi tente ainsi de se positionner à l'extrémité méridionale d'un axe ABC (Anvers-Bruxelles-Charleroi). Mais la ville peine encore à bénéficier d'une véritable dynamique métropolitaine post-industrielle et à modifier son image, malgré de grands efforts : mise en valeur de son importance dans l'édition, en particulier de bandes dessinées (Spirou et l'école de Marcinelle) ; promotion des arts (Charleroi/Danses, centre chorégraphique de la Communauté française Wallonie-Bruxelles, musée de la Photographie) ; lieu de mémoire du charbonnage du bois du Cazier, endeuillé par une terrible catastrophe en 1956 ; reboisement des terrils, etc.

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Écrit par :

  • : docteur en sciences géographiques, professeur émérite à l'Université libre de Bruxelles, membre de la classe des lettres de l'Académie royale de Belgique, président de la Société royale belge de géographie

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Autres références

«  CHARLEROI  » est également traité dans :

HAINAUT

  • Écrit par 
  • Christian VANDERMOTTEN
  •  • 795 mots
  •  • 1 média

Le Hainaut était, sous l'Ancien Régime, une des principautés des Pays-Bas méridionaux, réunie aux possessions bourguignonnes en 1433. La partie méridionale du comté a été acquise par la France en 1659 et en 1678. Restée possession des Habsbourg, la partie septentrionale va former, en 1795, la base du territoire du département de Jemappes, qui incorporera aussi le Tournaisis et des terres brabançon […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Christian VANDERMOTTEN, « CHARLEROI », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 31 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/charleroi/