CERGY-PONTOISE

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Cergy-Pontoise, chef-lieu du département du Val-d'Oise, avait une population de 203 000 habitants dans l’agglomération en 2012 (les deux villes centres qui lui donnent son nom en réunissaient 93 000) ; elle n'en comptait que 42 000 en 1968. La ville nouvelle, dont la création fut décidée en 1966, est implantée dans un site remarquable constitué de plateaux bordant la vallée de l'Oise peu avant son confluent avec la Seine : le plateau du Vexin à l'ouest borde un méandre de l'Oise formant ainsi un bel amphithéâtre sur la rive concave de la rivière, le lobe de rive convexe étant occupé par des étangs.

Ile-de-France : carte administrative

Carte : Ile-de-France : carte administrative

Carte administrative de la région Ile-de-France. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le territoire de la ville nouvelle, d'une superficie de 8 000 hectares, l'équivalent de Paris sans les bois de Boulogne et de Vincennes, était essentiellement une région rurale, à l'exception de l'agglomération formée par Pontoise et Saint-Ouen l'Aumône, à l'est. Pontoise est l'une des villes moyennes de la périphérie parisienne dotées d'un passé historique de marché local, petit centre industriel et relais de poste. En témoigne notamment l'église Saint-Maclou (xiie-xvie siècle) devenue cathédrale. Sur la rive gauche de l'Oise, à Saint-Ouen-l'Aumône, se trouvent les vestiges de l'abbaye de Maubuisson (xiiie siècle). En 1968, au démarrage de la ville nouvelle, l'agglomération de Pontoise-Saint-Ouen-l'Aumône regroupait les trois quarts de la population de celle-ci.

Les extensions urbaines antérieures à 1968 sont peu importantes. La décision de construire la ville nouvelle marque par conséquent une rupture par rapport au rythme antérieur d'urbanisation : en trente ans, plus de 130 000 habitants vont venir s'installer sur ce site.

L'édification de la préfecture du Val-d'Oise à Cergy va constituer « l'acte de foi » de la ville nouvelle en devenir : cette construction, en forme de pyramide renversée, ouverte dès 1970, domine alors un environnement encore rural, les champs entourant pratiquement le bâtiment ; d'ailleurs il y eut devant cette préfecture quelques manifestations d'agriculteurs locaux mécontents d'être expropriés. Mais, très vite, le quartier de la Préfecture s'urbanise à la fois sous forme d'éléments de centre urbain et d'ensembles de logements collectifs H.L.M. ; dès 1972, les premiers habitants s'y installent.

Les éléments majeurs du centre urbain de Cergy sont constitués par la préfecture et les services préfectoraux, le conseil général, le centre commercial régional des Trois Fontaines, le Centre culturel et l'E.S.S.E.C., la grande école de commerce, auxquels s'ajoute le parc de la préfecture à l'ouest. Le tout est relié par des circulations piétonnes sur une dalle, la circulation automobile étant totalement interdite dans ce périmètre. C'est encore à cette époque le triomphe de l'urbanisme fonctionnaliste : même le centre commercial n'est pas totalement cerné de parkings, mais au contraire s'ouvre largement sur l'espace piétonnier du centre-ville. Cergy-centre est séparé du vieux Pontoise par l'autoroute A15 ; il existe donc une coupure urbaine entre les deux communes.

L'évolution des conjonctures générale et locale va modifier les projets des urbanistes. Initialement, le quartier de la Préfecture devait représenter une étape avant la réalisation d'un grand centre urbain à la tête de la rive concave, vers Cergy-Saint-Christophe, consacré essentiellement aux bureaux.

La crise économique, à partir de 1974, et la baisse du dynamisme démographique français contraignent à réviser les objectifs initiaux. Ainsi, le centre de Saint-Christophe disparaît et le quartier de la Préfecture devient le centre principal, à l'échelle d'une agglomération deux fois plus petite que prévu : dans cette optique, il accueille l'essentiel des programmes de bureaux de la ville nouvelle et, depuis 1991, l'université de Cergy-Pontoise. L'ouverture en 1979 de la gare centrale sur une branche de la ligne A du R.E.R. en plein cœur du pôle urbain assure sa consécration.

La partie orientale de la ville nouvelle (à Osny, Éragny, Saint-Ouen-l'Aumône) est dédiée aux zones d'activités économiques : on y trouve de l'industrie traditionnelle, mais de plus en plus de bureaux, de logistique, de laboratoires et de tertiaire en général.

Quant à la partie occidentale, elle offre un visage beaucoup plus champêtre, marqué par la prédominance de l'habitat individuel et par les espaces naturels. Sur Vauréal ou Jouy-le-Moutier ont été réalisés des programmes de maisons individuelles au cours des années 1980 et 1990, rééquilibrant ainsi l'offre de logement, jusque-là fortement marquée par l'habitat collectif. À Neuville-sur-Oise, la base de loisirs nautiques et terrestres occupe l'essentiel du lobe convexe du méandre de l'Oise.

Il reste une zone urbaine intermédiaire, à la tête du méandre, dans laquelle des quartiers mixtes se sont développés, mêlant habitat collectif et individuel, et assortis de quelques activités. Deux stations de R.E.R. (Cergy-Saint-Christophe et Cergy-le-Haut) desservent cette zone. L'un des éléments attractifs est constitué par l'Axe majeur, conçu par le sculpteur Dani Karavan : il s'agit d'un aménagement paysager qui descend sur trois kilomètres les rives escarpées de l'Oise jusqu'au carrefour de Ham, situé au-delà des étangs de Neuville. L'Axe majeur comporte douze « stations », qui sont devenues les emblèmes de la ville nouvelle ; parmi elles, la tour penchée du Belvédère qui permet de découvrir l'un des plus beaux panoramas d'Île-de-France, l'esplanade de Paris ou les jardins des Droits de l'Homme-Pierre Mendès-France.

La « ville nouvelle » n'en est maintenant plus une, mais des éléments de dynamisme semblent toujours présents en son sein : l'activité économique de ce secteur du nord-ouest francilien ne s'est jamais démentie depuis l'origine et devrait continuer sur son élan ; le pôle universitaire est devenu l'un des plus importants de la périphérie parisienne (plus de 20 000 étudiants). En revanche, Cergy-Pontoise souffre un peu des handicaps d'une banlieue constituée pour une large part de populations modestes et immigrées logées en collectifs H.L.M., avec son lot de problèmes sociaux. Reste un bilan plutôt positif car Cergy-Pontoise a su se doter d'un grand nombre d'équipements collectifs et d'activités qui contribuent à adoucir l'impression de béton dominant.

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VASCONI CLAUDE (1940-2009)

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Architecte. Né en 1940 à Rosheim (Alsace), Claude Vasconi sort diplômé de l'École nationale supérieure des arts de Strasbourg en 1964. À Stuttgart, il devient l'assistant de Rolf Gutbrod et Frei Otto, spécialiste des structures complexes. Architecte-urbaniste de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, il y réalise de 1969 à 1972 de grands équipements dont le centre commercial des Trois-Fontaines, […] Lire la suite

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Jean STEINBERG, « CERGY-PONTOISE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cergy-pontoise/