BARTOLI CECILIA (1966- )

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La technique au service de l'art

Cecilia Bartoli naît à Rome, qui reste sa ville bien-aimée, le 4 juin 1966. Elle effectue ses études musicales à la fameuse Accademia di Santa Cecilia, mais reçoit en même temps un autre enseignement précieux, celui de ses parents. Car sa mère, Silvana Bazzoni, et son père, Angelo Bartoli, ont tous deux fait carrière dans le chant. Longtemps, Silvana l'écoutera attentivement, et demeurera sa plus fidèle conseillère. C'est elle qui a fait découvrir à la toute jeune fille Mozart et Rossini, qui formeront la base de son répertoire. C'est elle aussi qui lui a forgé cette technique ahurissante, qui lui permet de vaincre les vocalises les plus ébouriffantes – celles de Rossini qui, d'après elle, donnent parfois l'impression vertigineuse de ne jamais vouloir s'arrêter – et lui a inculqué cette science des couleurs vocales qui leur donnent un sens. Ajoutons une étonnante pertinence dans l'élaboration de l'ornementation, et voilà le portrait d'une artiste hors normes.

En 1985, une tournée en Allemagne de l'Est et un gala télévisé à Paris en hommage à Maria Callas suffisent à attirer l'attention de tous – y compris celle de chefs d'orchestre prestigieux comme Daniel Barenboim, Claudio Abbado, Simon Rattle, Herbert von Karajan – sur cette jeune cantatrice. À dix-neuf ans, Cecilia Bartoli incarne à la scène, à l'Opéra de Rome, la pétillante Rosina du Barbier de Séville de Rossini. Elle continue son périple rossinien avec La Pietra del paragone, aborde, à Pesaro, La Scala di seta et, à la Scala de Milan, Le Comte Ory, un rôle en français ; suit, en 1992, Angelina de La Cenerentola au Teatro Comunale de Bologne. Fiorilla d'Il Turco in Italia viendra plus tard, ainsi que Desdemona d’Otello. Prudente, elle ne se risquera jamais à interpréter Isabella de L'Italiana in Algeri, dont la tessiture est trop grave. La joie de vivre de Rossini, la jeunesse radieuse de Mozart : deux génies qu'elle sert avec dévotion. Elle met très tôt à son répertoire Cherubino des Noces de Figaro, Dorabella et Despina de Così fan tutte – c'est dans ce dernier rôle qu'elle débute au Metropolitan Opera de New York, en 1996 –, Zerlina de Don Giovanni, qu'elle joue à Salzbourg en 1994, sous la direction de Barenboim et dans une mise en scène de Patrice Chéreau ; dans les années 2000, elle passera à Fiordiligi (Così fan tutte) et à Donna Elvira (Don Giovanni), à Zurich, guidée par Harnoncourt. Il faut ajouter Euridice dans un dramma per musica peu connu de Joseph Haydn, L'Anima del filosofo, ossia Orfeo ed Euridice (Theater an der Wien de Vienne, mise en scène de Jürgen Flimm, sous la direction d'Harnoncourt, repris au Covent Garden de Londres sous la direction de Christopher Hogwood). Mentionnons encore le goût de Cecilia Bartoli pour les héroïnes haendéliennes, telles Almirena de Rinaldo (au Konzerthaus de Vienne, sous la baguette de Christopher Hogwood), Cléopâtre de Giulio Cesare (à l'Opéra de Zurich, sous la direction de Marc Minkowski, puis William Christie), ainsi que les rôles-titres de Semele (à l’Opéra de Zurich, dans une mise en scène de Robert Carsen, sous la baguette de William Christie) et d’Alcina (à l’Opéra de Zurich, sous la direction de Giovanni Antonini).

Cecilia Bartoli dans le rôle-tire de La Cenerentola, de Rossini

Photographie : Cecilia Bartoli dans le rôle-tire de La Cenerentola, de Rossini

Cecilia Bartoli (ici en 1994 à l'Opéra de Zurich dans le rôle-titre de «La Cenerentola» de Rossini) est l'une des rares cantatrices à avoir pu franchir le cercle des mélomanes pour toucher un public plus large. Sans doute parce que cette interprète accorde la primauté au cœur et à... 

Crédits : N. Stauss/ AKG

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Comment décrire la voix de Cecilia Bartoli ? Elle n'est ni très grande, ni très puissante. Mais le timbre, celui d'une mezzo-soprano au registre grave dépourvu de toute lourdeur, à l'aigu fermement assuré, en est soyeux, rond et chaud ; son charme est irrésistible.

L'artiste se produit beaucoup en concert ; on la voit trop rarement, en revanche, dans des productions scéniques. Non qu'elle n'aime pas le théâtre ; elle a fréquemment prouvé, au contraire, que son tempérament et sa vitalité lui permettaient des incarnations captivantes, et des salles prestigieuses – le Met, l'Opéra de Paris, le Covent Garden de Londres – ainsi que des festivals renommés, comme Salzbourg – où elle officie depuis 2012 en tant que directrice artistique du festival de Pentecôte –, l'ont accueillie. Mais il lui faut, pour qu'elle accepte une production, des conditions optimales ; celles qu'elle trouve à l'Opéra de Zurich, par exemple, où elle se sent en famille et en sécurité, et où elle peut aborder un nouveau rôle en toute tranquillité. Et elle a souvent affirmé que l'opéra ne lui suffit pas – elle s'y sent limitée par l'intrigue –, alors que si elle interprète des mélodies sur des textes de Métastase ou de Pétrarque, des lieder et des mélodies françaises, les mots lui ouvrent des horizons infinis.

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Pour citer l’article

Michel PAROUTY, « BARTOLI CECILIA (1966- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cecilia-bartoli/