GILLIGAN CAROL (1936- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un autre regard sur l’éthique

Carol Gilligan, après des études en littérature et en psychologie, s’est orientée vers la psychologie sociale pour sa thèse à l’université Harvard, puis dans les recherches qu’elle a menées auprès de Lawrence Kohlberg, psychologue du développement qui l’a influencée... et qui a également fourni le point de départ de ses critiques. À la suite d’une enquête menée auprès de filles et de femmes, elle élabore une critique de l’éthique traditionnelle qu’elle présente dans son ouvrage de 1982, In a Different Voice (Une voix différente : pour une éthique du care). Dans le monde universitaire états-unien, l’ouvrage marque un moment clé de ce qu’on appelle « la seconde vague du féminisme ». Il a ouvert un débat politique inédit entre une moralité centrée sur l’équité, l’impartialité et l’autonomie et une moralité reconnue le plus souvent dans l’expérience des femmes, et fondée non sur des principes mais sur une question : comment faire, dans telle ou telle situation, pour préserver et entretenir les relations humaines qui y sont en jeu, sans renforcer les inégalités de genre, de classe et de « race » ?

L’essai de Gilligan concerne à première vue le champ de la psychologie : elle met en cause la généralisation de la théorie du développement moral de Kohlberg, qui était dominante dans les années 1980, et qui analysait les étapes du développement moral en excluant les femmes des stades supérieurs de l’éthique. L’éthique du care a joué un rôle crucial dans le développement du féminisme en éthique. Les analyses en termes de care assument en effet l’existence « des femmes » non en un sens qui impliquerait une essence ou une spécificité morale, mais en un sens négatif : en faisant apparaître la perte qu’entraîne, pour les théories morales et politiques, l’ignorance du point de vue des femmes. La pensée de Carol Gilligan s’est trouvée a [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : professeur des Universités, université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

Classification


Autres références

«  GILLIGAN CAROL (1936- )  » est également traité dans :

BIOÉTHIQUE ou ÉTHIQUE BIOMÉDICALE

  • Écrit par 
  • Gilbert HOTTOIS
  •  • 7 814 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les sources philosophiques »  : […] La réflexion bioéthique se réclame aussi de philosophes classiques tels Aristote (la prudence, la voie moyenne), Kant ou Stuart Mill (utilitarisme, libertés individuelles). Au sein de la bioéthique eurocontinentale, Kant est le plus sollicité. Il permet de fonder les notions d’autonomie et de dignité de la personne humaine et de justifier des impératifs éthiques universels et catégoriques, c’est- […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bioethique-ethique-biomedicale/#i_53676

CARE, philosophie

  • Écrit par 
  • Sandra LAUGIER
  •  • 3 849 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre «  Morale, dépendance, sensibilité »  : […] Quelle est la pertinence de la sensibilité individuelle ? Qu'est-ce que le singulier peut revendiquer ? C'est en redonnant sa voix (différente) au particulier, à l'intime, que l'on peut assurer l'entretien – tant au sens d'une conversation que d'une conservation – d'un monde humain. Le sujet du care est un sujet sensible en tant qu'il est affecté, pris dans un contexte de re […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/care-philosophie/#i_53676

Voir aussi

Pour citer l’article

Sandra LAUGIER, « GILLIGAN CAROL (1936- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/carol-gilligan/