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CANTILÈNE

Littéralement, « complainte lyrique ». Cette forme élémentaire de chant profane monodique, sorte d'hymne en langue romane, à caractère lyrique ou épique, en se développant jusqu'au xe siècle aurait donné naissance à la chanson de geste (théorie de Gaston Paris, rejetée par Joseph Bédier, mais reprise récemment avec modifications par Jacques Chailley). L'improvisation y a tenu sans doute beaucoup de place, associée à un accompagnement succinct (rotta, vielle, chiffonie, lyre à trois, quatre ou cinq cordes). La Cantilène de saint Faron (620), la Cantilène (ou Séquence) de sainte Eulalie (880), le Poème Poème de la Passion, la Chanson de sainte Foy, la Vie de saint Léger (fin xie s.), la Vie de saint Alexis (xie s.) sont des séquences latines adaptées en poésie romane. Écrites en neumes sans lignes, il est difficile de les déchiffrer. Le concile de Tours (813), qui décida de « transposer les homélies en langue romane rustique », est partiellement responsable de ce mouvement de francisation qui affecta la musique et la littérature. Par la suite apparaîtront la chanson et le vers des poètes occitans, le « drame des prophètes » et le « sponsus ». On appela aussi cantilènes plusieurs œuvres de musique vocale profane (ballade, rondel, etc.). Les Cantilènes d'amour d'Abélard, tenu par certains pour le premier trouvère, sont aujourd'hui perdues (à l'exception de six complaintes – planctus) ; elles ont connu une grande célébrité. On a parlé de cantilènes gallicanes ; on parle aussi de cantilène sacrée pour désigner le plain-chant latin. Enfin, il est courant d'appeler cantilène toute mélodie vocale ou instrumentale de caractère lyrique.

— Pierre-Paul LACAS

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Écrit par

  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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