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CANDIDOSES ou MONILIASES

candidose buccale - crédits : RioPatuca/ Shutterstock

candidose buccale

Infections humaines dues à des champignons microscopiques levuriformes du genre Candida, et principalement à l'espèce Candida albicans. Les Candida sont fréquemment retrouvés à l'état commensal chez l'homme (voies digestives, rhinopharynx, muqueuses génitales), mais ils n'y sont qu'en très petit nombre. Le passage du saprophytisme à l'état pathogène est le fait d'une rupture d'équilibre, au détriment des défenses de l'organisme, permettant la multiplication des levures. Parmi les principales causes favorisantes, on retiendra le diabète, certains déséquilibres endocriniens (grossesse), les macérations de l'épiderme au niveau des plis cutanés, et surtout les cures prolongées d'antibiotiques à large spectre, qui entraînent des déséquilibres de la flore bactérienne intestinale en favorisant la pullulation des levures (diarrhées d'antibiotiques). Soulignons de plus la fréquence des candidoses graves chez les sujets soumis aux traitements immunosuppresseurs ou immunodépresseurs modernes.

C'est le plus souvent au niveau même de leur localisation saprophytique que les levures pullulent et développent leur action pathogène, d'où la grande fréquence des atteintes cutanéo-muqueuses. Les disséminations dans l'organisme sont plus rares : méningites ou septicémies à Candida, de pronostic très grave.

Les candidoses buccopharyngées se traduisent par une perlèche (lésion de la commissure des lèvres), une langue « noire », et surtout par le muguet buccal, avec son enduit crémeux plus ou moins étendu à la langue et à la muqueuse de la bouche et du pharynx.

Les lésions cutanées d'allure eczématiforme atteignent surtout les plis (sillons sous-mammaires, aisselles, pli inguinal), ou les espaces interdigitaux, réalisant au niveau des pieds l'aspect de l'athlete's foot. L'emploi abusif de détergents énergiques a considérablement favorisé l'apparition des candidoses des mains, souvent compliquées de périonyxis et d'onyxis.

Les candidoses génitales représentent actuellement l'aspect le plus important de la pathologie des levures (15 p. 100 des urétrites non gonococciques masculines, 20 p. 100 des vulvo-vaginites non gonococciques). L'atteinte vaginale survient de préférence chez la femme diabétique ou enceinte. La vaginite à Candida se manifeste par des pertes et par une irritation locale dont témoignent dysurie, dyspareunie et prurit vulvaire ; l'affection constitue une maladie vénérienne. Chez l'homme, les Candida entraînent une urétrite ou des lésions du gland, elles-mêmes facteur de dissémination. Les candidoses génitales viennent actuellement au premier rang des maladies sexuelles transmissibles, avec la blennorragie.

Le diagnostic des candidoses est facile : la levure (chlamydospores et filaments mycéliens) est retrouvée en grande abondance au niveau des lésions, dès l'examen direct ou par mise en culture sur milieux nutritifs spéciaux. Le traitement est représenté par des antifongiques spécifiques (nystatine, pimaricine, amphotéricine B en solution à 3 p. 100) et par la correction éventuelle du terrain défectueux. La guérison est souvent longue à obtenir. Il est à noter que, pour les candidoses génitales, on observe des formes mixtes de plus en plus fréquentes : Candida albicans + Trichomonas vaginalis, Candida albicans + gonocoques, Candida albicans + divers germes pyogènes.

— Jacques BEJOT

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Écrit par

  • : docteur en médecine, chef de service du laboratoire de microbiologie à l'hôpital de Nanterre

Classification

Pour citer cet article

Jacques BEJOT. CANDIDOSES ou MONILIASES [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Média

candidose buccale - crédits : RioPatuca/ Shutterstock

candidose buccale

Autres références

  • DERMATOLOGIE

    • Écrit par Robert DEGOS
    • 4 585 mots
    • 1 média
    ...kérato-acanthome et lésions verruqueuses à Papillomavirus (verrues vulgaires et condylomes). Les champignons pathogènes, de plus en plus répandus, provoquent les uns des dermites des plis et des lésions des muqueuses surtout génitales (levures du type Candida albicans), les autres des teignes des cheveux...
  • MST (maladies sexuellement transmissibles)

    • Écrit par Michel POITEVIN, André SIBOULET
    • 3 642 mots
    Dans 15 à 20 p. 100 des cas, on met en évidence des champignons, notammentCandida albicans, très pathogènes pour les voies uro-génitales. Parmi les facteurs prédisposants, citons la « pilule ». Le traitement, souvent fort décevant, nécessite des cures répétées dans le temps. Il doit être synchronisé...

Voir aussi