CALCÉDOINE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Dioxydes de silicium, les calcédoines appartiennent au groupe des quartz microcristallins, au même titre que les jaspes et les agates ; elles se distinguent donc du groupe des quartz macrocristallins, tels que l'améthyste ou le cristal de roche, et du groupe des opales, toujours amorphes. Elles cristallisent en masse concrétionnée cryptocristalline et se caractérisent par un éclat cireux à mat.

formule : SiO2 ;

système : rhomboédrique ;

dureté : de 6,5 à 7 ;

poids spécifique : 2,58-2,64 ;

éclat : de cireux à terne ;

transparence : de translucide à opaque ;

cassure : irrégulière à conchoïdale.

La calcédoine tire son nom du grec kalkêdôn, une ville d'Asie Mineure située sur le Bosphore. Elle était très recherchée durant l'Antiquité dans cette région, mais aussi en Grèce et en Égypte où les artisans d'alors nous ont laissé de belles pièces taillées et polies de plusieurs centimètres. Elle était utilisée pour fabriquer des sceaux, des pendentifs ou des amulettes. En Égypte, ces dernières représentent le scarabée Ateuchus sacer (espèce commune du pourtour méditerranéen) sur le ventre duquel étaient gravés des hiéroglyphes : mis à la place du cœur des momies, cet objet symbolisait le devenir et la renaissance.

Aujourd'hui, les calcédoines sont taillées et polies en objets d'art, cabochons ou bijoux. Elles sont souvent colorées artificiellement par immersion dans une solution appropriée à la couleur souhaitée et portée à une température de 50 à 60 0C. Ce procédé, mis au point par des lapidaires italiens, donne de bonnes imitations des variétés colorées naturellement qui sont plus recherchées. Les calcédoines peuvent prendre, en effet, au cours de leur cristallisation, différentes colorations qui sont dues à la présence de divers oxydes. La calcédoine commune varie du blanc laiteux au bleu ciel ; elle est très répandue, particulièrement dans tout l'hémisphère Sud. La cornaline doit son nom à sa couleur rouge – liée à la présence d'un oxyde de fer – qui rappelle celle du fruit du cornouiller ; les plus beaux spécimens viennent de l'Inde, mais on trouve le plus souvent sur le marché des « cornalines » en provenance du Brésil qui sont en fait des calcédoines communes teintées par une solution de nitrate de fer. Jadis, on lui prêtait la vertu d'apaiser la colère et de chasser les angoisses. La sardoine est une variété de couleur brun-rouge à brun foncé de la cornaline.

Cornaline

Photographie : Cornaline

La cornaline est une variété microcristalline de quartz (calcédoine) contenant un peu de fer. Cet échantillon montre une section de nodule de cornaline provenant d'Iran. On remarquera la zonation et l'aspect fibreux (au niveau de la cassure) de cette calcédoine rouge. 

Crédits : Photo 1/ De Agostini/ Getty Images

Afficher

Le chrysoprase, appelé « poireau d'or » par les Grecs (khrusos, or, et prason, poireau), doit sa couleur vert pomme à la présence de nickel. C'est la variété la plus précieuse des calcédoines, généralement taillée « à la Frédéric » (une seule rangée de facettes) par les lapidaires. Elle servit aussi à rehausser la décoration intérieure de certains monuments, comme la chapelle Saint-Venceslas de Prague. Le gisement le plus important, aujourd'hui épuisé, est la mine de Frankeinstein en haute Silésie (Pologne) ; actuellement, on l'exploite principalement dans le Queensland (Australie), mais aussi en Afrique du Sud, à Madagascar, en Inde, dans l'Oural, en Californie et en Arizona.

Chrysoprase

Photographie : Chrysoprase

La chrysoprase appartient au groupe des quartz microcristallins, comme l'opale ou l'agate. Elle doit sa couleur vert clair, vert pomme ou vert vif à la présence de nickel dans sa structure. La chrysoprase se trouve en masses ou en remplissages de fentes dans les gisements de minerai de nickel... 

Crédits : R. Appiani/ De Agostini/ Getty Images

Afficher

L'héliotrope, du grec helios et trepein, « tourner vers le soleil », est une variété de calcédoine vert foncé présentant de petites taches rouges dues à un oxyde de fer. Il est souvent appelé à tort jaspe sanguin ou jaspe vert. Au Moyen Âge, on le nommait « pierre de sang » ou « pierre des martyrs », les taches rouges étant censées être les gouttes de sang du Christ. Il provient principalement de l'Inde, d'Australie, du Brésil, de Chine et des États-Unis.

On rattache aussi au groupe des calcédoines les bois fossiles silicifiés, qui présentent la même texture cryptocristalline siliceuse, dont les plus beaux spécimens se sont formés en Arizona – la fameuse forêt pétrifiée de Holbrook – et en Australie, mais aussi en Patagonie et en Égypte.

Les calcédoines sont associées au volcanisme peu acide ; elles se rencontrent dans les filons hydrothermaux ou dans des géodes de basalte. Ainsi, les immenses étendues des trapps du Deccan en Inde ou les falaises d'orgues basaltiques d'Islande et des îles Féroé (archipel danois) sont riches de beaux spécimens. Le chrysoprase se trouve en masses ou en remplissage de fentes dans les gisements de minerai de nickel.

Orgues basaltiques

Photographie : Orgues basaltiques

À la base de cette formation basaltique, on peut observer des orgues basaltiques. Cette prismation verticale est due à des fissures de retrait lors du refroidissement de la lave. Une seconde coulée basaltique est venue recouvrir ces orgues. 

Crédits : Hubert Bril / L.A.S.E.H.

Afficher

Les calcédoines ne sont pas attaquées par les acides. Seule la calcédoine commune présente une fluorescence blanc bleuté.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Médias

Cornaline

Cornaline
Crédits : Photo 1/ De Agostini/ Getty Images

photographie

Chrysoprase

Chrysoprase
Crédits : R. Appiani/ De Agostini/ Getty Images

photographie

Orgues basaltiques

Orgues basaltiques
Crédits : Hubert Bril / L.A.S.E.H.

photographie

Afficher les 3 médias de l'article

Écrit par :

  • : docteur en sciences de la Terre, concepteur de la collection La Science au présent à la demande et sous la direction d'Encyclopædia Universalis, rédacteur en chef de 1997 à 2015

Classification

Autres références

«  CALCÉDOINE  » est également traité dans :

GEMMES

  • Écrit par 
  • Jean-Paul POIROT, 
  • Henri-Jean SCHUBNEL
  •  • 6 268 mots
  •  • 26 médias

Dans le chapitre « Quartz »  : […] Cette espèce minérale (silice) offre un grand nombre de gemmes très anciennement connues : le cristal de roche , incolore ; l' améthyste , violette ; la citrine , dont la couleur va du jaune à l'orange ; le girasol , laiteux ; le quartz enfumé ou morion , de couleur brune ; l' hématoïde , opaque rouge ; l' aventurine , comportant de fines inclusions ; le prase , de couleur verte ; l' œil-de-tigre […] Lire la suite

JASPE

  • Écrit par 
  • Yves GAUTIER
  •  • 522 mots

Dioxyde de silicium, le jaspe, en tant que minéral, appartient au groupe des quartz microcristallins, comme les calcédoines et les agates. La caractéristique essentielle du jaspe est d'être bariolée ou tachetée de diverses couleurs. formule : SiO 2  ; système : rhomboédrique ; dureté : de 6,5 à 7 ; poids spécifique : de 2,5 à 3 ; éclat : mat à vitreux ; transparence : opaque ; cassure : esquilleus […] Lire la suite

SILICE

  • Écrit par 
  • Maurice LELUBRE, 
  • Jean WYART
  •  • 5 734 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Variétés »  : […] Les quartz naturels bien cristallisés (cf.  minéralogie ) sont répartis dans des variétés qui sont : le cristal de roche , transparent, incolore, qui, en dehors des applications optiques et électriques, a servi de tout temps à la fabrication d'objets d'ornement ; le quartz enfumé , qui doit sa couleur plus ou moins brun foncé à l'action du rayonnement de substances radioactives, et qui redevient i […] Lire la suite

SILICEUSES ROCHES

  • Écrit par 
  • Charles POMEROL
  •  • 3 164 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Dépôts hydrothermaux »  : […] Enfin, au pôle purement chimique des roches siliceuses, on rencontre les dépôts de sources ou tufs siliceux, dont les geysérites sont l'exemple le plus connu ; la silice étant beaucoup plus soluble à chaud qu'à froid, l'arrivée à l'air libre d'eaux siliceuses chaudes s'accompagne immédiatement de la précipitation de silice. Certains de ces dépôts hydrothermaux sont des pierres semi-précieuses conn […] Lire la suite

Pour citer l’article

Yves GAUTIER, « CALCÉDOINE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/calcedoine/