JASPE

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Dioxyde de silicium, le jaspe, en tant que minéral, appartient au groupe des quartz microcristallins, comme les calcédoines et les agates. La caractéristique essentielle du jaspe est d'être bariolée ou tachetée de diverses couleurs.

formule : SiO2 ;

système : rhomboédrique ;

dureté : de 6,5 à 7 ;

poids spécifique : de 2,5 à 3 ;

éclat : mat à vitreux ;

transparence : opaque ;

cassure : esquilleuse.

La classification du jaspe (du latin et du grec iaspis) varie selon les spécialistes et selon ses deux modes de formation, volcanique et sédimentaire.

D'origine hydrothermale, il cristallise dans les fissures ou les cavités de laves métaphyres (anciennes laves altérées). Les minéralogistes l'assimilent aux calcédoines et aux agates en raison d'une identité de composition chimique et de structure cristalline. Toutefois, les cristallographes remarquent que le jaspe n'est jamais fluorescent contrairement aux deux autres formes de quartz microcristallin. Le jaspe, qui contient en moyenne de 90 à 95 p. 100 de silice, peut renfermer jusqu'à 20 p. 100 d'autres minéraux. En raison de cette association minérale, le jaspe est considéré comme une roche par les pétrographes. Cette diversité des minéraux associés lui confère une large palette de couleurs (l'hématite donne le rouge, la limonite apporte les nuances de brun et de jaune, la chlorite la couleur verte, etc.) et lui donne cet aspect bariolé, aussi les collectionneurs la distinguent-ils des calcédoines unies et des agates zonées.

Le jaspe se forme aussi en milieu sédimentaire, c'est le jaspe à radiolaires, ou radiolarites, de couleur généralement rouge. Dans ce cas, c'est une véritable roche, une roche sédimentaire siliceuse qui dérive d'une vase à radiolaires (petits protozoaires marins visibles à la loupe) silicifiée dès le début de la diagenèse. La lydienne est une variété grise ou noire colorée par des matières charbonneuses. La phtanite est colorée en vert pâle par de la chlorite ou de l'épidote. Ces jaspes se présentent en strates minces, intercalées avec des argilites, constituant généralement la couverture sédimentaire des séries ophiolitiques. Ces roches ont trouvé une utilisation comme pierre à aiguiser.

Les jaspes « non sédimentaires » sont employés depuis l'Antiquité comme ornements architecturaux ou pour la confection d'objets divers (drageoirs, gobelets, vases, bijoux, etc.). La galerie d'Apollon, au Louvre, présente une collection de jaspes provenant de la Couronne de France ; mais la plus fabuleuse collection, l'ancienne réserve des tsars, se situe au musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg où des colonnes et des vases de plusieurs mètres de hauteur ont été taillés dans un seul bloc. Les principaux gisements de jaspes sont connus dans le sud de l'Oural, en Bohême et dans le Tyrol, dans la vallée du Rhin et en Saxe, ainsi que dans le Deccan en Inde, au Brésil et à Madagascar.

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Écrit par :

  • : docteur en sciences de la Terre, concepteur de la collection La Science au présent à la demande et sous la direction d'Encyclopædia Universalis, rédacteur en chef de 1997 à 2015

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Pour citer l’article

Yves GAUTIER, « JASPE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jaspe/