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BURUNDI

Nom officiel

République du Burundi (BI)

    Chef de l'État

    Evariste Ndayishimiye (depuis le 18 juin 2020)

      Chef du gouvernement

      Gervais Ndirakobuca (depuis le 7 septembre 2022)

        Capitale

        Gitega

          Langues officielles

          Français, kirundi

            Unité monétaire

            Franc du Burundi (BIF)

              Population (estim.) 13 439 000 (2024)
                Superficie 27 834 km²
                  • Article mis en ligne le
                  • Modifié le
                  • Écrit par et

                  Le Burundi indépendant

                  Une décolonisation conflictuelle et une cristallisation ethnique

                  Cependant, l'indépendance octroyée le 1er juillet 1962 ne permet pas la réalisation du projet nationaliste de modernisation conservatrice. Certes, le pays n'est guère prêt, en raison du faible nombre des élites universitaires et de la situation originale de Bujumbura, une ville plus cosmopolite que burundaise, un centre extra-coutumier dont le développement s'est distingué du reste du royaume du Burundi. Mais surtout, de 1962 à 1965, la politique va peu à peu s'ethniciser. En sont responsables une déstabilisation chronique de la classe politique (après les assassinats, notamment, de Louis Rwagasore en 1961 puis du Premier ministre hutu Pierre Ngendandumwe en 1965), l'action et les divisions de la Cour, une inadaptation de la Constitution aux réalités culturelles (accaparement autoritaire du pouvoir par le roi et la Cour). Enfin, le contexte international, les événements au Rwanda et la guerre froide agissent d'une façon décisive sur la vie politique. La révolution sociale rwandaise opère comme un modèle sur les leaders hutu et incite les élites tutsi à un repliement sécuritaire, poussant tous les acteurs politiques à mener un double jeu, sous couvert d'idéologies cultivant un non-dit ethnique, tandis que la guerre froide brouille les attitudes politiques et multiplie les manipulations. Durant l'année 1965, les différentes impasses du temps présent semblent se nouer : les élections législatives, qui accordaient une majorité aux parlementaires hutu, ne furent pas prises en considération par le roi, qui imposa son propre gouvernement. Ce premier coup d'État constitutionnel fut suivi d'un premier coup d'État hutu en octobre ; celui-ci fut l'occasion de massacres de civils tutsi puis hutu. La destitution du roi, en juillet 1966, par le prince héritier, Charles Ndizeye, qui prit le pouvoir sous le nom de Ntare V, ne sauva ni la monarchie ni le système parlementaire multipartiste, marqués par cinq ans d'instabilité et d'incapacité à transcender les clivages ethniques naissants. Or les deux Républiques qui suivirent amplifièrent et structurèrent ces divisions, même si, à leur naissance, elles désiraient les dépasser.

                  La Ire et la IIe République : de la négation à l'entretien des problèmes ethniques

                  La République instituée par le capitaine Michel Micombero en novembre 1966 voulait moraliser la vie publique et dépasser les clivages ethniques sous couvert d'une idéologie progressiste ; l'Uprona devenu parti unique devait être le levier d'un tel programme. Mais, au contraire, toute la dynamique du régime se situa dans une optique sécuritaire, avec la volonté de monopoliser les organes de l'État et le parti unique et de les transformer en appareil de domination tutsi, de constituer une armée comme un pôle stable et homogène capable de protéger et de maintenir un pouvoir en forme de monocratie militaire. Cette stratégie se réalisa par l'élimination physique des élites politiques hutu dès 1969 et par des procès d'intimidation envers les élites libérales tutsi en 1971 ; d'où les conflits internes propres aux Tutsi entre les clans « inférieurs » du Sud, les Bahima, dont étaient issus le président et la majorité du gouvernement, et les clans « honorables », les notables proches de la cour et suspects de monarchisme, les Banyaruguru.

                  En avril 1972, une insurrection hutu appuyée par des Zaïrois dans le sud du pays donna l'occasion au pouvoir d'appliquer sa politique de façon systématique. L'armée et les jeunesses du parti unique ripostèrent avec l'aide de l'armée zaïroise par une répression qui fit entre 100 000 et 300 000 victimes et élimina toutes les élites hutu en poste ou en formation ; ce génocide « sélectif » permit[...]

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                  Pour citer cet article

                  Encyclopædia Universalis et Christian THIBON. BURUNDI [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

                  Article mis en ligne le et modifié le 17/03/2023

                  Médias

                  Burundi : carte physique - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Burundi : carte physique

                  Burundi : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Burundi : drapeau

                  Récolte du thé au Burundi - crédits : Bruno De Hogues/ The Image Bank/ Getty Images

                  Récolte du thé au Burundi

                  Autres références

                  • BURUNDI, chronologie contemporaine

                    • Écrit par Universalis
                  • BANTOU

                    • Écrit par
                    • 8 112 mots
                    • 4 médias
                    ...d'importance différente se sont développés au cours des cinq derniers siècles. Le Rwanda, qui avait deux millions d'habitants au début du xxe siècle, ou le Burundi contrastent par leur taille avec les petits royaumes de Bunyoro (quelque cent mille habitants) ou d'Ankole en Ouganda. Au Rwanda, le contrôle...
                  • BUJUMBURA

                    • Écrit par et
                    • 567 mots
                    • 1 média

                    Capitale du Burundi de l’indépendance à 2018, Bujumbura, l'ancienne Usumbura, située à l'extrémité nord-est du lac Tanganyika (775 m d'altitude), se trouve en situation excentrée sur le territoire burundais. Les Pères blancs, suivis par les militaires allemands, s'y installent en 1897, près du grand...

                  • ESPACE RURAL

                    • Écrit par
                    • 7 337 mots
                    • 8 médias
                    ...largement spécialisés dans la production de denrées alimentaires autoconsommées (agriculture vivrière) et portant de fortes densités de population rurale. Au Burundi, en synergie avec une forte croissance démographique, des rotations de cultures de plus en plus complexes ont été mises en place par les agriculteurs,...
                  • GITEGA

                    • Écrit par
                    • 505 mots
                    • 1 média

                    Gitega est redevenue la capitale politique du Burundi en 2018, remplaçant ainsi Bujumbura. Située à 1 504 mètres d’altitude dans les collines du Kirimiro, en position de carrefour au centre du pays, elle comptait 131 960 habitants en 2020. Elle est la deuxième ville du pays, après Bujumbura, qui reste...

                  • Afficher les 9 références