BALÁZS BÉLA (1884-1949)

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Herbert Bauer, qui sera plus tard Béla Balázs, est né à Szeged, en Hongrie. Après des études universitaires, il part avec le musicien Zoltán Kodály en voyage d'étude pour Berlin et Paris. Balázs est parmi les premiers à découvrir le génie du plus grand poète hongrois, Endre Ady. Il se lie avec Béla Bartók et György Lukács. Cette dernière amitié durera toute leur vie. Lukács défend Balázs dès le début de sa carrière littéraire marquée par une œuvre théâtrale, Dr Szélpál Margit (1909).

Le rôle de la conscience dans l'art est le sujet de l'essai intitulé Halálesztétika (L'Esthétique de la mort, 1908). La création poétique intéresse Balázs autant que sa théorie. En témoignent son premier recueil de poèmes, A vándor énekel (Le vagabond chante, 1911), ainsi que les livrets d'opéra A kékszakállú herceg vára (Le Château de Barbe-Bleue, 1911) et de pantomime A fából faragott királyfi (Le Prince en bois, 1916) écrits à la demande de Bartók.

Pendant la république des Conseils de 1919, Balázs s'occupe des théâtres en tant que membre du Directoire des écrivains. Après la défaite, il doit émigrer à Vienne où la vie culturelle se réorganise autour des différents pôles représentés par Lukács ou par Lajos Kassák, avec des organes comme Bécsi Magyar Újság (« Journal hongrois de Vienne »). Balázs y collabore notamment avec un texte critique sur Robert Musil, jugé par ce dernier d'une grande pertinence. La même année, il inaugure une nouvelle rubrique dans le journal autrichien Der Tag : celle des critiques cinématographiques. Il est le premier à proclamer la naissance du septième art dans sa théorie du cinéma, Der sichtbare Mensch (L'Homme visible, 1924). Le succès de ce livre, dont l'originalité réside dans l'approche poétique des images, surtout celles des « premiers plans », lui vaut une invitation à Berlin où il vit de 1926 à 1931. Là, il participe, aux côtés d'Erwin Piscator et de Max Reinhardt, au théâtre d'agit-prop, et écrit de nombreux scénarios, pour [...]

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Pour citer l’article

Véronique KLAUBER, « BALÁZS BÉLA - (1884-1949) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bela-balazs/