KOUZNETSK BASSIN DE

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Situé au sud de la Sibérie occidentale, le gisement de charbon du Kouznetsk, appelé Kouzbass (Kuzneckij Bassejn), dispose d'abondantes réserves d'un charbon de très bonne qualité. Le bassin du Kouzbass a, sur celui du Donbass, par ailleurs partagé entre la Russie et l'Ukraine, un triple avantage : ses réserves sont très supérieures ; ses charbons offrent une gamme très étendue de variétés, des lignites à l'anthracite, bien que le charbon à coke soit le plus abondant et le plus recherché ; enfin, le prix de revient est ici inférieur à celui du Donbass car les veines carbonifères sont épaisses (35 mètres en moyenne), peu profondes (la profondeur moyenne des chantiers d'abattage est de 160 mètres) et une bonne partie de l'extraction se fait à ciel ouvert.

Le Kouzbass a commencé à livrer du charbon en quantités appréciables dès la mise en service du Transsibérien, auquel il fut immédiatement relié par une bretelle ferroviaire, mais l'équipement de ses charbonnages ne fut entrepris, à une grande échelle, que durant les premiers plans quinquennaux. Dès 1918 pourtant, les pouvoirs publics soviétiques avaient demandé à la société des ingénieurs sibériens de Tomsk de préparer un plan pour la mise en valeur du gisement. Présenté au gouvernement en 1921, le projet prévoyait l'association du charbon à coke du Kouzbass au minerai de fer de l'Oural dans un combinat capable de produire 3 500 000 tonnes d'acier chaque année, dont 1 200 000 tonnes seraient fondues sur le carreau des charbonnages du Kouzbass, le reste étant produit par les hauts fourneaux ouraliens. La période des premiers plans quinquennaux, puis celle de la Seconde Guerre mondiale, vit ainsi s'édifier au Kouzbass une puissante sidérurgie associée, dès l'origine, à des fabrications mécaniques lourdes, afin de créer l'infrastructure économique de l'Asie soviétique.

C'est pourquoi, dès avant la Seconde Guerre mondiale, les constructions mécaniques étaient tout aussi développées au Kouzbass qu'au Donbass. L'installation en Sibérie occidentale, durant la guerre, de nombreuses usines métallurgiques transférées de l'Ouest avant l'arrivée des armées allemandes, puis l'entrée en service en 1963 de la fonderie géante d'Antonovski (près de Novo-Kouznetsk) ont encore accru la part prise par les entreprises du Kouzbass dans la production nationale de fonte, d'acier, de tubes et de profilés, mais aussi dans le secteur des industries chimiques nées de la distillation de la houille, la préparation du charbon à coke ayant donné naissance, dans les années 1940, à une puissante carbochimie et, ensuite, à l'industrie des matières plastiques et des fibres synthétiques. La diversité des fabrications a donné lieu à la naissance d'une véritable région industrielle intégrée.

Bien qu'elles ne forment pas une conurbation unique comme celles de la Ruhr, les villes du Kouzbass, situées à proximité immédiate les unes des autres, diffèrent grandement des autres cités de Sibérie. La plupart des villes du Kouzbass ont grandi très vite, durant la période soviétique de l'histoire du pays, à partir de villages de cultivateurs brusquement promus au rang de villes par l'ouverture d'un puits de mine ou la création d'une aciérie ou d'une usine chimique : le Kouzbass offrait, avec l'Oural, le plus bel ensemble de villes-champignons de l'Union soviétique. En 1926 encore, les quatre cités de Novo-Kouznetsk, Kemerovo, Prokopievsk et Leninsk ne rassemblaient pas 70 000 habitants. Dès 1932, Novo-Kouznetsk, appelée alors Stalinsk, avait 240 000 habitants, les trois autres villes comptant ensemble 400 000 personnes. En 1993, Novo-Kouznetsk abritait 597 500 habitants, Kemerovo 517 100 – leurs populations respectives n'ont pas augmenté depuis lors.

En 2006, le bassin a fourni 30 p. 100 de la production russe de charbon.

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Pierre CARRIÈRE, « KOUZNETSK BASSIN DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bassin-de-kouznetsk/