BAPTISME

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L'ecclésiologie baptiste

Les divisions, parmi les baptistes, ont été innombrables au cours des âges. Il serait cependant erroné de leur prêter la même signification qu'aux divisions entre les grandes Églises. Dans une théologie congrégationaliste et dans le domaine de l'ecclésiologie, les baptistes sont hypercongrégationalistes : l'Assemblée locale (la paroisse si l'on veut, mais l'équivalence apparente est ambiguë) est la réalité première. En elle et par elle se manifeste l'Église en sa visibilité. Elle doit être sainte – dans la vie de ses membres – et apostolique – dans ses pratiques et ses croyances. Souveraine dans tous ces domaines, elle entretient des rapports avec les autres Assemblées de conviction semblable. Même dans le cas, fréquent depuis le xviiie siècle, où elle appartient à une association nationale ou internationale de ces Églises, elle demeure indépendante de toute autre juridiction que la sienne propre dans le conseil de ses membres. Aucune instance ne peut lui imposer de lois ; elle seule légifère pour elle-même, soit qu'elle imagine ses propres règles, soit qu'elle reçoive et approuve des initiatives proposées de l'extérieur (celles, par exemple, d'une association d'Églises).

Dans l'atmosphère de perfectionnisme volontariste qui est celle du baptisme, la réglementation de la vie chrétienne ou l'affirmation et la réaffirmation de la croyance ou de la pratique s'insèrent dans des circonstances locales parfois très étroites et étroitement liées à des réactions au conflit et au changement. Aussi bien l'indépendance de la cellule locale a-t-elle pour corollaire une propension à canoniser sa situation et l'attitude de ses membres devant les bouleversements dont les données dépassent le niveau local.

De là naissent facilement des schismes, qui ne sont en réalité que des redistributions d'affiliation locale, les Assemblées de même conviction se regroupant dans les associations qui les représentent mieux. Le phénomène peut diviser un groupe local, dont une partie en fondera un autre, plutôt que de rester en communion visible avec des baptistes dont elle n [...]

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Écrit par :

  • : docteur ès lettres et sciences humaines, maître de recherche au C.N.R.S., chargé de conférences à l'École des hautes études en sciences sociales

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Pour citer l’article

Jean SÉGUY, « BAPTISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/baptisme/