BANQUE D'ANGLETERRE, en bref

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Les banques centrales ont d'abord été des banques commerciales ou publiques, dotées d'une Charte et de privilèges d'émission de billets en échange du financement de la dette publique. Il en va ainsi pour la Banque de Suède créée en 1668 et la Banque d'Angleterre créée en 1694. Celle-ci sera la première à acquérir les fonctions d'une véritable banque centrale. Elle centralise, en effet, les réserves métalliques de toutes les autres banques du pays et gère ainsi les paiements interbancaires dès le début du xixe siècle. Elle n'a pourtant pas encore le monopole de l'émission des billets à cette époque. C'est lors des controverses bullionistes, autour de 1810, durant la période d'inconvertibilité des billets en métal, qu'elle se voit confier le rôle de veiller à la stabilité de la valeur de la monnaie. Le Peel Act de 1844 lui impose de suivre des règles strictes et automatiques de politique monétaire au lieu d'une politique discrétionnaire. Il fut suspendu, à plusieurs reprises, lors de périodes de tension sur la liquidité jusqu'à la fin de l'étalon or.

Le rôle de prêteur ultime explicité par Henry Thornton en 1802 et Walter Bagehot en 1870 ne fut véritablement mis en œuvre par la banque d'Angleterre – qui là aussi innove – qu'à la fin du xixe siècle. C'est aujourd'hui la pratique de toutes les grandes banques centrales (notamment de la Federal Reserve Bank américaine sous des modalités diverses lors de faillites bancaires ou de crises financières), à l'exception notable de la... B.C.E.

—  Sylvie DIATKINE

Écrit par :

  • : professeur d'Université en sciences économiques, université de Paris-XII

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Pour citer l’article

Sylvie DIATKINE, « BANQUE D'ANGLETERRE, en bref », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/banque-d-angleterre-en-bref/