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MACKE AUGUST (1887-1914)

Le peintre allemand August Macke fit partie du groupe Der blaue Reiter (le Cavalier bleu) fondé en 1911 par Kandinsky et par Franz Marc. Ce groupe avait comme but la synthèse des arts, et son attitude éclectique fut précisée dans le livre-almanach qui porte son nom. Tout en s'opposant à l'académisme, les artistes du Blaue Reiter étaient hostiles aux démarches purement formelles, car ils considéraient le travail sur l'espace et sur la couleur comme « une expression extérieure du processus intérieur », donc comme un simple signifiant d'un contenu idéologico-émotionnel. Du mouvement naîtront toutefois des recherches franchement abstraites. Au sein de cette tendance, Macke fit figure de chercheur isolé, car il sut trouver une voie tout à fait originale.

Né le 3 janvier 1887 à Meschede (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), August Macke, après avoir étudié à l'École des beaux-arts de Düsseldorf, rencontra en 1910 Franz Marc qui l'introduisit dans les cercles du Cavalier bleu. Macke participa d'ailleurs activement à la création de ce mouvement. En 1912, il rencontra Robert Delaunay, et son travail pictural est alors marqué par l'orphisme. Le peintre se rend avec P. Klee et L. Moilliet en Tunisie où il exécute une série d'aquarelles de facture cubiste, riches en modulations chromatiques. Il meurt au combat le 26 septembre 1914 à Perthes-lès-Hurlus (Marne), laissant une œuvre en pleine évolution.

Macke disparaît trop tôt pour que l'on puisse saisir la portée réelle de sa peinture. En l'espace de six ans, il avait assimilé les acquis du cubisme, du futurisme et des tendances artistiques les plus avancées. Si les œuvres de 1907-1908 trahissent encore les influences de l'impressionnisme français, celles de 1909-1911, par leur structure spatiale, révèlent celles de Cézanne. Après une brève période fauve (Autoportrait, 1911), le peintre élabore une grammaire plastique fondée sur la valeur émotive de la couleur et sur l'analyse de l'objet figuratif accomplie par les cubistes (Femme devant une vitrine, 1914, Folkwang Museum, Essen). Dans les derniers mois de sa vie, il essaye d'atteindre un équilibre de construction qui s'incarne en une série de facettes géométriques rendues avec des tons vifs, selon la technique expressionniste. Ses œuvres tendent alors également vers une bidimensionnalité de l'espace : trame colorée et morcelée étendue sur tout le champ visuel (Paysage avec des vaches et un chameau, 1914, Kunsthaus, Zurich). Les toutes dernières aquarelles de Macke laissent pressentir une évolution abstraite originale fondée sur la simplification des formes et sur la couleur pure.

<it>Promeneurs</it>, A. Macke

Promeneurs, A. Macke

Nature morte aux tournesols, A. Macke

Nature morte aux tournesols, A. Macke

— Charles SALA

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Écrit par

  • : professeur d'histoire de l'art à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

<it>Promeneurs</it>, A. Macke

Promeneurs, A. Macke

Nature morte aux tournesols, A. Macke

Nature morte aux tournesols, A. Macke

Autres références

  • FRANZ MARC / AUGUST MACKE. L'AVENTURE DU CAVALIER BLEU (exposition)

    • Écrit par Éric DARRAGON
    • 1 194 mots
    • 1 média

    Figures majeures de l'expressionnisme allemand, protagonistes du mouvement du Blaue Reiter (« Le Cavalier bleu »), unis par un même attrait pour l'art français, Franz Marc et August Macke nouèrent une amitié qui fut brutalement interrompue par la guerre. L’exposition Franz...

  • BLAUE REITER DER

    • Écrit par Étiennette GASSER
    • 2 898 mots
    • 5 médias
    Élèvede Corinth, en 1908, à Berlin, deux séjours à Paris (1907-1908) lui font connaître l'impressionnisme comme en témoignent alors ses œuvres. Il se lie d'amitié avec Marc et en 1911 séjourne chez Kandinsky à Murnau. 1912 est une date capitale, celle de ses contacts personnels avec Delaunay à Paris...
  • CAMPENDONK HEINRICH (1889-1957)

    • Écrit par Lionel RICHARD
    • 966 mots

    De famille bourgeoise, Heinrich Campendonk se lance d'abord dans des études d'ingénieur à l'École du textile de Krefeld, ville où il est né en 1889. Il y apprend l'art du tissage. Mais, peu intéressé par une carrière dans l'industrie, il s'inscrit ensuite, dans cette même ville, à l'École d'arts appliqués,...

Voir aussi