Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

CYCLADES ART ET ARCHÉOLOGIE DES

Le Cycladique moyen (1950 - 1550 av. J.-C.)

Une période de troubles marque le passage du Bronze ancien au Bronze moyen. On ne sait s'ils s'expliquent par la piraterie ou par un mouvement de populations venues de l'est ou du nord-est. Mais une rupture culturelle nette se traduit par le déplacement et le regroupement de l'habitat. Pendant le Bronze moyen proprement dit, la population s'accroît, les tombes témoignent d'une prospérité relative, le bronze véritable se répand et les relations se développent avec le continent et surtout avec la Crète. La séquence céramique comprend deux phases principales : l'une où prédomine une céramique monochrome, apparentée au Minyen de Grèce continentale, l'autre où la vogue est aux décors en peinture mate.

Un certain nombre de sites occupés précédemment sont désormais abandonnés, probablement en raison des troubles qu'on vient d'évoquer, et un regroupement de la population paraît s'opérer. Les habitats deviennent ainsi de véritables villes, comme Phylakopi à Mélos et Haghia Irini à Kéos, que des ruelles étroites divisent en îlots, et ils sont, en outre, souvent fortifiés. Les maisons, qui peuvent être entièrement en pierre, sont tantôt petites et composées d'une à trois pièces, tantôt complexes et plus vastes.

À l'inverse de ce qui se passe sur le continent, les morts continuent d'être enterrés, hors de la zone habitée, dans de véritables cimetières. Les tombes en fosse sont encore les plus fréquentes, mais les tombes maçonnées et les tombes à ciste sont toujours bien représentées et l'on construit parfois une plate-forme dallée près de la tombe. Les pratiques funéraires paraissent pour l'essentiel inchangées ; mais les sépultures multiples sont rares et certains morts sont désormais enterrés en position allongée.

Le mobilier des tombes reflète une production artisanale et une prospérité accrues. La principale innovation, dans les Cyclades comme ailleurs, est l'apparition au Bronze ancien III du tour de potier, apparemment emprunté d'abord à l'Anatolie et dont l'emploi se généralise au Bronze moyen pour la poterie fine. Des formes de céramiques nouvelles apparaissent, tels les vases à godets multiples, « askoi » (cruches à col décentré), dont certaines reproduisent encore celles du Nord-Est égéen. À côté du cuivre natif et du cuivre à l'arsenic, dont l'emploi se maintient, on commence désormais à produire du bronze véritable, sans que l'on puisse déterminer d'où provient l'étain. Mais la panoplie des objets fabriqués – armes, outils, bijoux, etc. – ne subit que des changements ponctuels et l'artisanat reste local. Plus significative est sans doute la multiplication sur les vases des « marques de potier », dont l'interprétation reste incertaine, mais qui jouent sûrement un rôle dans le contrôle de l'activité économique. Les échanges connaissent aussi un accroissement notable et des îles comme Théra, Mélos et Kéos semblent y prendre une part active. Les relations avec le continent sont attestées par la présence de poterie cycladique en Attique et dans le nord-est du Péloponnèse, par celle de céramique minyenne dans les îles et par l'utilisation des minerais d'argent et de plomb du Laurion. Mais le rôle joué par la Crète ne cesse de croître et les îles semblent servir d'intermédiaires dans la diffusion des produits crétois sur le continent. C'est le moment où la Crète devient en Égée la puissance dominante et où l'art minoen va inspirer à son tour l'art des Cyclades.

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

Classification

Pour citer cet article

Jean-Claude POURSAT et René TREUIL. CYCLADES ART ET ARCHÉOLOGIE DES [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Médias

Idole, art cycladique - crédits :  Bridgeman Images

Idole, art cycladique

Cyclades à l'Âge du bronze - crédits : Encyclopædia Universalis France

Cyclades à l'Âge du bronze

Statuette en marbre, Naxos - crédits :  Bridgeman Images

Statuette en marbre, Naxos

Autres références

  • DÉLOS

    • Écrit par
    • 2 194 mots
    • 4 médias

    Petite île des Cyclades (360 ha), longue de 5 kilomètres du nord au sud et large d'à peine plus d'un kilomètre, Délos est géographiquement une modeste dépendance de Rhénée, dont elle est séparée par un chenal facile à franchir. Masse de gneiss et de granit qui culmine au mont Cynthe (113 m), elle présente...

  • ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES

    • Écrit par
    • 2 040 mots

    Fondée dans le grand élan de philhellénisme qui accompagna la libération de la Grèce du joug ottoman, « l'École française de perfectionnement pour l'étude de la langue, de l'histoire, des antiquités grecques » (ordonnance royale de 1846), le plus ancien établissement scientifique à l'étranger et le...

  • ÉGÉEN MONDE

    • Écrit par
    • 11 199 mots
    • 15 médias
    ...les constructions plus récentes. Les villages ne comportaient que d'humbles maisons, aux murs de brique crue ou de pisé sur un soubassement de pierres. L'originalité de l'architecture cycladique se manifeste mieux dans la construction des tombes. À côté du type le plus répandu, la tombe à ciste, simple...
  • "IDOLES" DES CYCLADES

    • Écrit par
    • 195 mots
    • 1 média

    La civilisation mal connue (« culture de Kéros-Syros ») qui s'épanouit dans les îles du centre de la mer Égée durant le IIIe millénaire est caractérisée par la production d'ustensiles en obsidienne de Mélos (Milo), mais aussi de récipients et surtout de statuettes en marbre communément...

  • Afficher les 7 références