APULÉE (125-env. 180)

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Les « Métamorphoses »

Il s'agit encore de magie dans son œuvre romanesque. Lucius, le héros des Métamorphoses – roman qu'Apulée dénomme « causerie milésienne » – se trouve changé en âne grâce aux artifices magiques que son amie Photis a empruntés à la magicienne Pamphilé dont elle est la servante. Certes le « charme » comportait un antidote ; il suffisait de manger des roses pour redevenir homme. Mais Lucius est malencontreusement enlevé par des brigands qui tiennent l'âne à l'écart des roses ; il est ainsi mêlé, en acteur ou en auditeur, à mille et une aventures dont Apulée lui fait raconter les péripéties avec une verve pittoresque et variée. À la fin des onze livres du récit, une initiation aux mystères de la déesse Isis permet à Lucius de reprendre sa forme humaine.

Les sources de ce roman – original, même s'il relève comme le roman grec contemporain ou postérieur autant de l'épopée que de la comédie – font l'objet d'une controverse. Il nous reste une page de Photius sur un certain Lucius de Patrae dont l'Âne aurait été transcrit par Lucien. Cet Âne de Lucius de Patrae étant probablement un abrégé, la critique est amenée à supposer l'existence d'un modèle grec commun à celui-ci et à Apulée. Que notre auteur ajoute ou non à sa source, qu'il évite ou non les contradictions, son récit est mené avec entrain. Tandis que Lucius s'adapte péniblement à sa vie d'animal, et passe des mains des brigands dans celles d'un jardinier, d'un soldat, d'un pâtissier, etc., les histoires les plus diverses s'organisent en un ensemble véhément et bigarré.

Après le récit de la transformation et de l'enlèvement du héros, le roman comporte, au fil d'un long voyage, des histoires de brigands (vol chez Chryseros à Thèbes, chez Démocharès à Platée), des contes galants comme l'épisode de la femme du meunier, et des cas de crimes monstrueux comme celui de la belle-mère empoisonneuse. Tout cela est mis en valeur par un art de conteur disert et habile, par la fantaisie bien adaptée du ton, et par une langue pittoresque et poétique dans laquelle les arc [...]

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Pour citer l’article

Simone VIARRE, « APULÉE (125-env. 180) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/apulee/