APULÉE (125-env. 180)

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Le personnage

Sur sa vie, nous sommes assez bien documentés. Augustin, dans la Cité de Dieu, l'appelle le « philosophe platonicien de Madaure ». Mais c'est Apulée lui-même qui nous renseigne de la façon la plus substantielle dans ses discours et notamment dans une Apologia où il se défend contre une accusation de magie (il aurait ensorcelé une riche veuve pour parvenir à l'épouser). Lors du procès, en 158, Apulée a un peu plus de trente ans. Né à Madaure, il se dit « demi-Numide et demi-Gétule » ; il appartient donc à cette Afrique qu'illustreront quelques dizaines d'années plus tard des écrivains chrétiens comme Tertullien ou Minucius Felix.

Son père lui a laissé une fortune dont il s'est servi pour voyager, s'instruire, aider ses amis, si bien qu'on l'accuse d'être pauvre. Vivant à Carthage, visitant Athènes, Samos, Rome, etc., il a une curiosité insatiable de pays et de connaissances. Qu'il ait étudié l'éloquence, Les Florides et l'Apologia en portent brillamment témoignage ; qu'il soit devenu « philosophe platonicien », il le répète mille fois dans l'Apologia, avec une conviction passionnée, sans compter que deux au moins de ses traités (De Platone et eius dogmate ; De deo Socratis) le confirment catégoriquement. Ajoutons qu'il a écrit des vers, qu'il a étudié les sciences naturelles, qu'il s'est fait initier à un grand nombre de cultes à mystères (Liber, Esculape, Isis...). Enfin, lors d'un voyage, malade, il s'arrête à Oea (Tripoli), où l'un de ses anciens condisciples lui fait rencontrer sa mère Pudentilla ; il épouse celle-ci ; d'où le procès. Qu'advint-il ensuite ? Sans doute vécut-il à Carthage, où il se sent chez lui. En tout cas, le personnage a de l'envergure et de l'originalité.

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Pour citer l’article

Simone VIARRE, « APULÉE (125-env. 180) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/apulee/