BRUCKNER ANTON (1824-1896)

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« Je ne connais qu'un homme qui approche de Beethoven, c'est Bruckner. » Ce jugement de Richard Wagner concerne le compositeur le plus discuté de l'histoire de la musique. L'originalité même de Bruckner lui vaut, de nos jours encore, l'enthousiasme d'un nombre croissant de musiciens, comme aussi, hélas, l'incompréhension, pouvant aller jusqu'à l'aversion, de la part de quelques autres.

Contemporain de Johannes Brahms qui le combattit sans merci, Bruckner laisse un message d'apôtre animé par une intense vie intérieure et par toute la ferveur de sa foi catholique. Méditative, sa musique est celle d'un organiste instruit de l'art de Jean-Sébastien Bach dont il assimila la science, et qui jusqu'au bout sut garder un cœur d'enfant, afin d'exprimer comme Schubert la fraîcheur et la grâce.

Organiste et compositeur

Fils d'un maître d'école d'Ansfelden, Anton Bruckner naît le 4 septembre 1824 dans ce petit village de la Haute-Autriche. Pieux et modeste dès l'enfance, il ne songe d'abord qu'à suivre les traces paternelles. Chanteur, comme l'avait été Schubert, dans une maîtrise, le futur compositeur sera successivement maître d'école, organiste à l'abbaye Saint-Florian, puis à la cathédrale de Linz, mais il ne complétera son éducation musicale qu'à l'âge de trente-cinq ans, auprès du contrapuntiste Simon Sechter, du chef d'orchestre Otto Kitzler et d'autres théoriciens viennois. Nommé professeur d'orgue, d'harmonie et de contrepoint au conservatoire de Vienne en 1868, Bruckner se fixe définitivement dans la capitale de l'Autriche où se déroulera le reste de sa vie ardente et obscure. Dans ses dernières années, il connaîtra tout de même la gloire, grâce en particulier au soutien de Wagner. Il mourra à Vienne et son corps sera transféré, selon son vœu, à l'abbaye Saint-Florian où il repose au pied des grandes orgues.

Anton Bruckner

Anton Bruckner

Photographie

Le compositeur autrichien Anton Bruckner (1824-1896) laisse une œuvre méditative profondément marquée par la ferveur de sa foi catholique. 

Crédits : Hulton Getty

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À son arrivée à Vienne, Bruckner, qui a trente-quatre ans, est précédé d'une enviable réputation d'organiste. On le compare à Jean-Sébastien Bach pour ses talents d'improvisateur, mais, comme César Franck, il a besoin de mûrir longtemps encore avant de donner toute la mesure de son génie de compositeur. Par quelques côtés, Franck et Bruckner peuvent être comparés. De maturité tardive, l'un et l'autre ont vécu dans l'ombre, en marge d'une brillante société. Tous deux ont consacré leur temps et leurs forces à l'enseignement, ont transmis leur savoir à des disciples bientôt illustres. Et les œuvres symphoniques de ces organistes, que rapproche une certaine parenté d'inspiration mystique, trahissent, l'une et l'autre, la pratique quotidienne du roi des instruments.

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Écrit par :

  • : chef de l'Orchestre symphonique de Tours, professeur au conservatoire régional

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Pour citer l’article

Florian HOLLARD, « BRUCKNER ANTON - (1824-1896) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/anton-bruckner/